Renforcer la résilience des exportations grâce aux forces endogènes

Avec un chiffre d'affaires à l'exportation estimé à 475 milliards de dollars en 2025, le Vietnam confirme sa position de pilier du commerce mondial. Cependant, derrière ces records, le pays fait face à des défis structurels majeurs : une dépendance accrue au secteur des investissements directs étrangers (IDE) et une pression croissante pour le « verdissement » des chaînes de production. Pour la nouvelle ère de développement, l'impératif est clair : bâtir une résilience fondée sur les forces internes.

En 2025, la valeur des exportations a progressé de 17 % sur un an, propulsant le pays parmi les 15 plus grandes nations exportatrices au monde. Photo: hanoimoi.vn
En 2025, la valeur des exportations a progressé de 17 % sur un an, propulsant le pays parmi les 15 plus grandes nations exportatrices au monde. Photo: hanoimoi.vn

Hanoi (VNA) - Selon l’Agence du commerce extérieur du ministère de l'Industrie et du Commerce, la période 2020-2025 a marqué un tournant décisif. Malgré les ondes de choc de la pandémie de COVID-19 et les tensions géopolitiques mondiales, les exportations vietnamiennes ont maintenu une croissance annuelle moyenne de 10 %.

D’un pays historiquement importateur, le Vietnam a réussi la prouesse de maintenir une balance commerciale excédentaire pendant dix années consécutives depuis 2016. En 2025, la valeur des exportations a progressé de 17 % sur un an, propulsant le pays parmi les 15 plus grandes nations exportatrices au monde. Cette performance repose sur une diversification accrue : le Vietnam compte désormais 36 groupes de produits dépassant le milliard de dollars de chiffre d’affaires, dont huit franchissent le seuil des 10 milliards de dollars, dominés par l’électronique, les machines-outils et le textile-habillement.

Malgré ce dynamisme, le ministère de l’Industrie et du Commerce souligne la persistance de faiblesses structurelles. La principale réside dans la forte dépendance au secteur de l’investissement direct étranger (IDE), qui génère encore 70 % à 75 % de la valeur totale des exportations. Les entreprises nationales peinent à s’insérer dans les segments à forte valeur ajoutée, restant souvent cantonnées à l’assemblage final, tandis que le design, la recherche-développement et les réseaux de distribution internationaux demeurent largement dominés par les multinationales.

Par ailleurs, le Vietnam se trouve pris dans un étau stratégique : la Chine reste son principal fournisseur d’intrants, représentant près de 40 % des importations, tandis que les États-Unis absorbent environ un tiers des exportations. Cette configuration expose l’économie nationale aux fluctuations et aux incertitudes des politiques commerciales de ces deux grandes puissances.

À cela s’ajoutent les « barrières vertes » mises en place par l’Union européenne et les États-Unis — exigences de décarbonation, d’économie circulaire et de traçabilité sociale — qui imposent une restructuration rapide et coûteuse, en particulier pour les petites et moyennes entreprises (PME).

Dans le contexte où le Parti et l’État visent une croissance économique à deux chiffres dans les années à venir, les exportations demeurent un levier stratégique majeur. Toutefois, selon Trân Thanh Hai, chef adjoint de l’Agence de l’import-export, ce rôle ne pourra être durable que si le pays fait évoluer son modèle, passant d’une croissance extensive à une croissance plus intensive, fondée sur l’efficacité, l’innovation et la durabilité.

La priorité consiste à accroître la valeur ajoutée, le contenu technologique, le taux de localisation et l’autonomie de l’économie. La diversification des marchés d’exportation constitue également un axe central. Au-delà de la mise en œuvre effective des accords de libre-échange existants, le Vietnam entend intensifier la promotion commerciale et étendre sa présence sur des marchés émergents tels que le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Amérique du Sud, tout en accélérant le développement du commerce électronique transfrontalier afin d’accéder plus directement aux consommateurs mondiaux.

Selon Nguyên Thi Thu Trang, experte en droit et en intégration économique internationale, le respect des normes environnementales, sociales et de gouvernance est désormais une condition incontournable pour accéder durablement aux marchés internationaux.

Dans cette perspective, le gouvernement prévoit, pour la période 2026-2030, de déployer un écosystème de promotion commerciale numérique. Le point d’orgue de cette stratégie est le programme « Go Global », piloté par l’Agence de la promotion du commerce, dont l’objectif est d’identifier et de soutenir des « champions nationaux » — des entreprises capables d’entraîner avec elles tout un réseau de sous-traitants locaux vers les marchés mondiaux.

« Lorsqu’une entreprise vietnamienne s’implante à l’international, elle ne doit plus avancer seule, mais porter avec elle l’ensemble d’une chaîne de valeur nationale », souligne Vu Ba Phu, chef de l’Agence de promotion du commerce.

Ces prochaines années, les exportations vietnamiennes se situeront ainsi à la croisée de nouvelles opportunités et de défis complexes. L’ambition de positionner le Vietnam comme une puissance exportatrice de premier plan se précise progressivement, adossée à une économie plus technologique, intégrée et compétitive. La trajectoire à venir exigera une transformation en profondeur, fondée sur le renforcement des capacités internes, afin que la croissance des exportations soit non seulement rapide, mais aussi durable et pleinement contributive aux objectifs de développement du pays dans la nouvelle ère.-VNA

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