Colloque sur le développement de l’économie forestière et l’élaboration de la Nouvelle ruralité, le 3 novembre à Hô Chi Minh-Ville.

Le Vietnam compte à l’heure actuelle 645 zones agricoles et forestières, sous propriété individuelle ou publique, représentant 90% de la superficie totale du sol en exploitation. Néanmoins, en dépit des potentiels, les retombées économiques demeurent faibles.

L'information a été communiquée lors du colloque intitulé «Développement de l’économie forestière en harmonie avec la restructuration de la sylviculture et l’élaboration de la Nouvelle ruralité», organisé le 3 novembre à Hô Chi Minh-Ville par l’Union de l’agriculture et du développement rural du Vietnam.
 
Situation de la filière agro-sylvicole
 
Selon un rapport de cette union, entre 2004 et 2014, l’État a confié les droits de gestion d’environ 8 millions d’hectares de surfaces agricoles et forestières, dont 2,4 millions d’hectares pour la sylviculture et 639.000 ha pour l’agriculture. En dix ans, l’efficience économique de l’exploitation et de la transformation du bois et des produits à base de bois n’a pas été à la hauteur des potentiels et des espérances, avec seulement 1.809 milliards de dôngs reversés dans les caisses de l’État.    

 

Le Dr Bui Thê Dôi, recteur adjoint de l’Université de la sylviculture.

Bien que la filière bois ait rapporté au pays 6,3 milliards de dollars les deux premiers trimestres 2015, et que 7 milliards de dollars sont prévus sur l’ensemble de l’année, une faiblesse demeure. C’est que le Vietnam est classé quatrième pays exportateur de produits à base de bois, mais il doit importer en moyenne entre 60% et 75% de sa matière première pour répondre à ses besoins.

“L’objectif de 800 millions de dollars d’exportations de produits sylvicoles sera difficile à l’horizon 2020”, a estimé Nguyên Tôn Quyên, vice-président et secrétaire général de l’Union de l’agriculture et du développement rural.
 
Mesures à prendre
 
Les experts ont proposé au gouvernement et aux autorités locales de promulguer bientôt des mécanismes ainsi que des politiques concrètes pour lever les difficultés du secteur, tout en améliorant les compétences de gestion des organismes compétents.

Concrètement, le gouvernement devrait réserver 16,24 millions d’hectares au profit des activités sylvicoles, portant le taux  de terres reboisées à 47% d’ici 2020. En parallèle, la restructuration de la filière bois devrait être menée au mieux pour renforcer davantage l’industrie de transformation du bois et des produits sylvicoles.

Par ailleurs, dans le contexte d’intégration à l’économie mondiale, les experts ont demandé aux organismes compétents de prêter attention à l’application des réglementations des pays importateurs comme la loi LACEY des États-Unis, ou la loi FLEGT de l’Union européenne statuant l’origine légale et le volume d’exportation autorisé.

"Grâce aux avantages fiscaux qu'apporteront les accords de libre-échange, les opportunités d’exportation de produits en  bois seront énormes, notamment vers États-Unis et le Japon, les deux plus importants importateurs de ces produits vietnamiens, suivis de l’Union européenne et de la Chine", a estimé le Dr Bui Thê Dôi, recteur adjoint de l’Université de sylviculture.

Selon l’Association des produits en bois et produits sylvicoles du Vietnam, la filière bois du pays comptait en 2014 près de 4.000 entreprises et 300.000 emplois directs et indirects. -CVN/VNA​​​