Quand les stèles parlent

On connaît l’importance des stèles, et de l’épigraphie en général, dans l’histoire et la culture de la Chine et des pays qu’elle a influences dont le Vietnam.

Hanoï (VNA) - On connaît l’importance des stèles, et de l’épigraphie en général, dans l’histoire et la culture de la Chine et des pays qu’elle a influences dont le Vietnam.

Quand les stèles parlent ảnh 1Vinh Lang, l’une des plus anciennes stèles de la province de Thanh Hoa (Centre). Photo : CTV/CVN

Une publication trilingue français-vietnamien-chinois, de Épigraphie en chinois du Vietnam (1998), a été conjointement réalisée par l’École française d’Extrême-Orient (EFEO) et l’Institut de recherche han-nôm du Vietnam. Cette édition comble les lacunes des études épigraphiques vietnamiennes puisque aucune compilation critique de cette taille n’avait vu le jour jusqu’ici.

Évolution de l’épigraphie vietnamienne

L’idée des initiateurs du projet, des chercheurs vietnamiens, taïwanais et français réunis à Hanoï en 1993, était de rendre accessible au plus grand nombre le corpus d’estampages et de copies d’inscriptions disparues. La préface du Professeur Phan Van Các et l’introduction faite par Claudine Salmon retracent l’évolution de l’épigraphie vietnamienne depuis son origine, ses caractéristiques et ses perspectives.

Le corpus est divisé en sept volumes qui suivent l’ordre chronologique : des débuts à la fin des Lý, époque Trân, début des Lê, époques Mac, des Lê restaurés, des Tây Son et Nguyên.

L’épigraphie vietnamienne est dominée pendant tout notre Moyen-Âge par l’œuvre pionnière de l’érudit Lê Quy Dôn (1726-1784), qui parcourrait la campagne, fouillait temples et pagodes à la recherche de stèles. Dans son œuvre Kiên van tiêu luc (Choses vues et entendues), il consigne les inscriptions relevées sur les cloches et les stèles, décrivant minutieusement ces objets, leur état et les endroits qui les hébergeaient. Bùi Huy Bích, disciple de Lê Quy Dôn, a poursuivi l’œuvre du maître.

Au XIXe siècle et au début du XXe, quelques recueils relèvent de façon manuscrite des inscriptions. Le mérite revient à l’EFEO qui a donné, à partir de 1900, une impulsion nouvelle au rassemblement systématique des estampages et inscriptions sino-vietnamiennes, entreprise animée, entre autres, par Cadière et Gaspardone.

En 1940, Hoàng Xuân Han a relevé les inscriptions de plusieurs stèles dans la province de Thanh Hoa (Centre) et des environs pour préparer son livre sur Lý Thuong Kiêt (1019-1105).

Au Vietnam, l’épigraphie n’a connu de véritable organisation qu’après la reconquête de l’indépendance nationale, plus exactement dans les années 1960, une quinzaine d’années après la fin de la première guerre de résistance contre les Français (création des Instituts de littérature, d’archéologie, d’histoire et han-nôm).

Estampage réalisé sur la stèle

Quand les stèles parlent ảnh 2Estampage réalisé sur la stèle du temple de Hoà Lai dans la province de Ninh Thuân (Centre). Photo : EFEO/CVN

En 2000, l’Institut han-nôm dispose de 30.000 estampages dont 20.979 provenant de l’EFEO (inscriptions sur stèles, sur cloches, sur plaques et autres supports). Le volume I de l’Épigraphie en han-nôm du Vietnam (format 24x32 cm, 380 pages, imprimé en France) comprend 27 estampages appartenant à trois périodes : domination chinoise (3), Xe siècle (6) et dynastie des Ly (18). La plus ancienne pièce remonte à 618 : elle reproduit les inscriptions de la stèle du temple Dao Tràng Bao An de la commanderie de Cuu Chân des Sui, à Dông Son (province de Thanh Hoa).

Ces estampages sont des documents d’une valeur inestimable pour l’histoire officielle. La contribution en matière d’histoire religieuse est la plus riche. Deux textes sont consacrés au taoïsme et trois aux funérailles, la plupart des autres textes se rapportent au bouddhisme. Les estampages donnent aussi des détails intéressants sur les rites : le Chanli (Sam Lê) qui consiste à regretter ses péchés en se prosternant devant les effigies du Bouddha, et le Dhârani (Dà-la-ni) composé de courtes parties de phrases et de syllabes dépourvues de sens, dont la récitation est un exercice de mémoire et de concentration.

Les estampages évoquent aussi les personnalités historiques. La stèle commémorant le creusement du chenal maritime Thiên Uy (870) présente le proconsul chinois Gao Pien (Cao Biên) comme un homme irréprochable et doté de pouvoirs magiques. Les inscriptions de la pagode Bao An du mont Nhoi à Thanh Hoa, datant de 1100, rendent hommage au général Lý Thuong Kiêt qui a fait construire ce temple alors qu’il y était gouverneur.

L’inscription sur la cloche de la pagode du Maître (chùa Thây) à Son Tây, en banlieue de Hanoï, datant de 1109, glorifie les pouvoirs surnaturels et les mérites de Tu Dao Hanh (1072-1116). Les grandes familles mentionnées par les estampages sont de deux types, les unes établies aux confins du royaume honoraient les chefs locaux (châu muc) plus ou moins autonomes, les autres étaient étroitement liées à la Cour, notamment celle des Lê.

Le chercheur peut recueillir en outre une multitude de détails relatifs à la vie économique et sociale, aux poids et mesures anciens, aux affaires de village mais aussi aux institutions et à la terminologie administrative. -CVN/VNA

Voir plus

Parti du théâtre Bryan Brown, le cortège traverse l’esplanade de Bankstown Plaza et les abords de la gare ferroviaire avant de regagner son point de départ. Photo: VNA

Australie : un défilé inédit d’Ao dai dans les rues de Sydney

Organisée pour la première fois par l’Organisation d’échanges culturels Vietnam - Australie (VACEO), le défilé d'Ao dai a rapidement suscité la curiosité et l’admiration des passants et des habitants de ce quartier qui abrite l’une des plus importantes communautés vietnamiennes du pays.

Un numéro artisstique lors de la cérémonie d'ouverture du Festival culturel et touristique de Muong Lo 2026. Photo : VNA

Ouverture du Festival culturel et touristique de Muong Lo 2026

Le Festival culturel et touristique de Muong Lo 2026, organisé du 15 au 21 octobre dans la province de Lao Cai, met à l’honneur la danse Xòe des Thaï, inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO, à travers notamment une représentation collective réunissant 2 026 participants.

L’Orchestre de chambre de Vienne sera de retour à Hanoi pour des concerts en novembre. Photo : organisateurs

L’Orchestre de chambre de Vienne réenchante l’automne de Hanoi

Pour cette nouvelle prestation dans la capitale vietnamienne, la célèbre formation propose un programme éclectique mêlant tradition et modernité. Le public pourra ainsi découvrir un répertoire varié alliant œuvres symphoniques, opéras, incontournables valses et polkas viennoises, ainsi que des compositions contemporaines.

Du 27 octobre au 1er novembre 2026, le Centre national du cinéma à Hanoi accueillera la « Semaine du cinéma italien au Vietnam 2026». Photo : Semaine du cinéma italien au Vietnam 2026

Hanoi s’apprête à vibrer au rythme du septième art transalpin

Fruit d’une collaboration étroite entre l’ambassade d’Italie au Vietnam et le Festival du film asiatique de Rome, cet événement culturel majeur mettra à l’honneur six œuvres remarquables issues de la production cinématographique italienne contemporaine.

La chanteuse vietnamienne An Thu An mettra à l’honneur des mélodies folkloriques Quan ho lors du festival de la chanson de l’ABU 2026. Photo de la chanteuse An Thu An

An Thu An fait voltiger le Quan ho au Festival ABU de la chanson 2026

La chanteuse militaire An Thu An a été désignée par la Télévision du Vietnam (VTV) pour représenter le pays au Festival ABU de la chanson 2026. Elle interprétera le titre «Hoa thom buom luon» (Fleurs et papillons), un chant folklorique Quan ho de Bac Ninh revisité dans un style contemporain par le compositeur Lê Anh Thuy.

Pagode Dông, au sommet du mont Yên Tu. Photo: Yên Tu Tung Lâm

Xiangqi : Un duel vietnamo-chinois à l’aveugle au sommet du mont Yên Tu

À Yên Tu, dans le Nord, un événement exceptionnel va réunir deux joueurs de xiangqi en situation de handicap, l’un vietnamien et l’autre chinois. Ils s’affronteront lors d’une partie à l’aveugle hors du commun, un défi extrême où le regard s’efface au profit de la mémoire et de la visualisation mentale.

Des visiteurs découvrent le stand de l'ambassade du Vietnam en Slovaquie lors de la Journée de l’Asie 2026 à Bratislava. Photo diffusée par la VNA

À Bratislava, le charme magnétique du Vietnam envoûte la Journée de l’Asie

Le Vietnam a brillé par son patrimoine culturel lors de la Journée de l'Asie 2026 à Bratislava, en Slovaquie. Entre spectacles traditionnels, défilés d'«ao dài » et expositions d'artisanat d'art, le pays s'est joint aux autres nations asiatiques pour célébrer le partage culturel et tisser des liens durables d'amitié avec les communautés locales.