Quand les Giay chantent

Direction Ta Van Giay, un village Giay de Sa Pa, dans la province septentrionale de Lào Cai. Les villageois habitent sur le flanc de la vallée de Muong Hoa, entre des rizières en terrasse.
 Quand les Giay chantent ảnh 1Photo: VOV

Lao Cai (VNA) - Direction Ta Van Giay, un village Giay de Sa Pa, dans la province septentrionale de Lào Cai. Les villageois habitent sur le flanc de la vallée de Muong Hoa, entre des rizières en terrasse. C’est une communauté soudée qui communique encore grâce au chant de ses ancêtres, le Vuon Giay.

Le Vuon Giay existe sous trois formes principales: chant d’amour, chansons à boire et chants d’adieux. Autrefois, les jeunes filles et les jeunes gens ne chantaient leur amour que lors des nuits printanières, nous révèle Sân Chang, un artiste émérite Giay.

«Le chant d’amour était aussi appelé ‘chant nocturne’. Il était pratiqué lorsque des jeunes d’un village se rendaient à un autre village: c’est ainsi qu’ils étaient accueillis. Mais ce chant, on le chantait seulement lors des premières et deuxièmes visites. Après, les visiteurs étant devenus de ‘vieux amis’, ce n’était plus nécessaire», précise-t-il.

Lorsqu’ils reçoivent des invités, les Giay chantent aussi. La tradition veut que les invités et la famille hôte se donnent des répliques chantées… jusqu’à ce qu’une partie accepte sa «défaite» pour n’avoir pas trouvé la réplique appropriée. Et ça peut prendre plusieurs jours et nuits, nous assurent les villageois…

«Ce n’est que vers septembre, octobre, quand les récoltes ont fini qu’on a le temps de rendre visite aux amis. Les garçons et les filles du village viennent alors dire bonjour et s’ils se plaisent les uns aux autres, ils se donneront rendez-vous la nuit, pour chanter. Ça dure en général quatre jours et quatre nuits», nous dit l’un d’eux.

«On chante par groupe de garçons et groupe de filles. Après qu’une partie a fini de chanter, l’autre répondra et ainsi de suite», nous explique une autre.

Leurs chants évoquent le vent, la lune, les étoiles, les herbes, la nature… et ils ne chantent pas que pour trouver l’âme-sœur. Témoin Nông Thi Y.

«On chante pour le plaisir, pour oublier la fatigue…», nous dit-elle.

Lorsque les vieux Giay chantent, ils prennent soin de donner à leurs enfants et leurs petits-enfants des leçons de morale, de leur transmettre leurs expériences et les valeurs de la communauté. -VOV/VNA


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