Ho Chi Minh-Ville (VNA) – Pour la première fois, les exportations vietnamiennes de noix de cajou ont dépassé le seuil de 5 milliards de dollars. Toutefois, ce résultat record ne s’accompagne pas encore d’une efficacité économique proportionnelle pour les entreprises de la filière.
Selon les données des Douanes vietnamiennes, les exportations de noix de cajou en 2025 ont atteint 766.600 tonnes en 2025, générant plus de 5,2 milliards de dollars, en hausse de 5,7 % en volume et de 20,4 % en valeur par rapport à l’année précédente.
Un fait marquant en 2025 est la modification de la structure des marchés d’exportation. Pour la première fois, la Chine a dépassé les États-Unis pour devenir le premier marché d’exportation de noix de cajou du Vietnam, avec un chiffre d’affaires de 1,115 milliard de dollars, devant les États-Unis (975 millions de dollars) et les Pays-Bas (495 millions de dollars).
Selon l’Association vietnamienne de la noix de cajou (Vinacas), les résultats de 2025 ont largement dépassé l’objectif initial fixé à 4,7 milliards de dollars, confirmant la dynamique de la filière dans un contexte commercial international instable.
Pham Van Cong, président de Vinacas, a souligné que cette performance reflète la transformation progressive de la filière, passée d’un secteur à vocation sociale à une industrie d’exportation de plusieurs milliards de dollars, avec des produits exportés vers plus de 100 pays et territoires. Il a indiqué que l’application des sciences et technologies, notamment l’automatisation introduite à partir de 2010-2011, a permis d’améliorer la productivité et de répondre aux normes des marchés exigeants tels que les États-Unis, l’Union européenne, la Chine et le Japon.
Malgré ces succès, la filière est confrontée à un défi majeur lié à l’approvisionnement en matières premières. Chaque année, les usines vietnamiennes ont besoin de plus de 3 millions de tonnes de noix brutes, alors que la production nationale ne couvre qu’environ 10 % des besoins. En 2025, le Vietnam a importé plus de 2,9 millions de tonnes de noix brutes, pour une valeur d’environ 4,5 milliards de dollars.
Vu Thai Son, président du conseil d’administration de la société Long Son et président de l’Association de la noix de cajou de la province de Dong Nai, a relevé un paradoxe : malgré des exportations record, de nombreuses entreprises, en particulier de petite taille, ont enregistré des pertes et ont dû cesser leurs activités.
Selon lui, la dépendance aux importations de matières premières, la hausse des prix à l’origine et la concurrence accrue expliquent cette situation, conduisant certaines entreprises à une rentabilité négative.
Pour assurer un développement durable, Vinacas considère le développement des zones de culture de matières premières à l’intérieur du pays comme une priorité stratégique. L’association a proposé au ministère de l’Agriculture et de l’Environnement un programme de restauration et d’extension des zones de culture, notamment dans les Hauts Plateaux du Centre et le Sud-Est, ainsi que la sélection de nouvelles variétés à haut rendement pour remplacer les vergers vieillissants.
Parallèlement, la filière est encouragée à développer davantage de produits transformés à forte valeur ajoutée afin de renforcer sa position dans la chaîne de valeur mondiale. -VNA