Peintres vietnamiens en terre étrangère

Lê Thi Luu et Lê Phô sont des pionniers de la peinture contemporaine vietnamienne. Ils ont conquis une certaine célébrité à l’étranger grâce à de nombreuses œuvres de grande valeur.
Hanoi (VNA) – Lê Thi Luu et Lê Phô sont des pionniers de la peinture contemporaine vietnamienne. Ils ont conquis une certaine célébrité à l’étranger grâce à de nombreuses œuvres de grande valeur, tant sur le plan artistique qu’économique.
Peintres vietnamiens en terre étrangère ảnh 1L’œuvre "Mère et enfants avec des fleurs" du peintre Lê Phô. Photo : CTV/CVN

Une vieille chanson populaire dit : "On sonne la cloche en terre étrangère" (Ðem chuông đi đánh xu nguoi). Ce qui signifie : se faire un nom à l’étranger grâce à son talent afin que son renom rejaillisse sur son "patelin". Le paysan vietnamien, très casanier, quittait rarement son village, là où le son de cloche de la pagode se faisait entendre dans tous les coins.

Je voudrais aujourd’hui parler des peintres vietnamiens "qui ont sonné la cloche à l’étranger". Ils se comptent sur les doigts d’une main, et pour cause. Pendant les 80 ans de domination française, l’administration coloniale bloqua tous les voyages d’indigènes à l’étranger, même en France, sauf pour des cas assez limités.

Puis ce furent les années de révolution et de guerre…

Les peintres vietnamiens ayant conquis une certaine célébrité à l’étranger, surtout en France, ont aujourd’hui plus de 70 ans - beaucoup sont morts. Parmi ces pionniers de notre peinture moderne, je voudrais parler en particulier de Lê Thi Luu et Lê Phô, mes anciens professeurs de dessin il y a deux tiers de siècle, quand j’usais mes fonds de culotte au Lycée du Protectorat, je devais avoir 13 ou 14 ans, eux 22, 23 ans.

La première femme peintre du pays
Peintres vietnamiens en terre étrangère ảnh 2L’œuvre "Fille avec des fleurs" de la femme peintre Lê Thi Luu. Photo : CTV/CVN
 
Lê Thi Luu était une beauté avec son visage ovale, ses yeux si doux, sa peau d’ivoire, son corps svelte moulu dans une áo dài de soie : chaque semaine, nous avions une heure de dessin. Nous, les adolescents, passions notre temps à la contempler plutôt qu’à dessiner.

Je me rappelle encore aujourd’hui un conseil qu’elle nous a donné en classe, je ne sais plus à quelle occasion : "Il ne faut jamais se mettre en colère, surtout les femmes, car ça enlaidit le visage, ça donne des rides". Lê Thi Luu est morte il y a 12 ans, à Antibes (France), à l’âge de 77 ans, presque sans rides, du moins d’après les photos.

Née dans une famille de fonctionnaires très attachée à la tradition confucéenne, elle a dû, jusqu’à son mariage, se teindre les dents en noir et porter le pantalon noir. Comment se fait-il qu’elle ait pu embrasser une profession qui vous oblige à dessiner des corps nus ? Sans doute, il lui a fallu beaucoup de larmes pour arriver à faire céder sa famille. C’est ainsi qu’elle est devenue la première femme peintre du Vietnam.

Elle est sortie major de la troisième promotion de l’École supérieure des beaux-arts de l’Indochine. Après avoir enseigné le dessin pendant sept ans, elle a accompagné en France son mari, affecté à un poste d’agronome. Le couple vécut les dures épreuves de l’occupation allemande et passa trois ans en Guinée où l’époux dirigea une plantation expérimentale. La guerre finie, ils rentrèrent à Paris pour participer à la lutte diplomatique menée par la délégation vietnamienne.
Peintres vietnamiens en terre étrangère ảnh 3Un œuvre du peintre Lê Phô. Photo : CTV/CVN
 
La guerre du Vietnam ayant pris fin après Diên Biên Phu, Lê Thi Luu revint à la peinture, non sans complexe parce qu’elle devait reprendre un métier abandonné depuis une décennie et se distinguer dans un milieu artistique international. Heureusement, ses trois premières œuvres lui valurent l’admission à l’Union des femmes peintres, sculpteurs et graveurs et un premier Prix réservé aux femmes peintres étrangères.

L’œuvre de Lê Thi Luu est marquée par sa féminité et son cachet vietnamien, oriental. Elle pivote autour de la famille avec comme sujet favori la femme et l’enfant. Son art classique se traduit par un doux coloris, ses traits gracieux, des touches de tendresse rendues surtout par la soie. Ce qui n’empêche pas que sa peinture à l’huile abonde en coups de pinceau solides qui font penser à Cézanne. Ses soies se sont éloignées de plus en plus du modèle chinois et de Modigliani pour se créer un style original, postimpressionniste, très vietnamien.

Des poèmes vietnamiens en image

Mon autre professeur de dessin au Lycée du Protectorat fut Lê Phô, né en 1907. L’image que je garde de lui est un jeune monsieur plutôt maigre portant des lunettes de myopie, parlant très peu et toujours tiré à quatre épingles.

Issu de la première promotion (1930) de l’École supérieure des beaux-arts de l’Indochine, il s’est établi en France dès 1937 après avoir obtenu une bourse à Paris. Il était le 10e des 20 enfants de Lê Hoàn, grand mandarin de la Cour de Huê, accusé d’avoir servi avec trop de zèle les conquérants français contre son propre pays, surtout dans la répression du mouvement patriotique dirigé par Ðê Thám. Il paraît que ce procès de l’histoire a été remis en question en partie sur la base des documents nouvellement découverts dans les archives. En tout cas, l’attachement de Lê Phô à sa Patrie s’est exprimé dans ses actes et son art.

En 1946, avec le philosophe Trân Ðuc Thao, le docteur Trân Huu Tuoc et d’autres intellectuels vietnamiens de France, il s’est mis au service de la délégation du gouvernement de la résistance de Pham Van Ðông. Les peintures - huile et soie de facture classique - prennent comme sujets la femme, les fleurs et les oiseaux. Ce sont autant de poèmes vietnamiens en image. Ils se vendent 30.000 à 40.000 USD chacun sur le marché international. Lê Phô en a choisi une vingtaine parmi les plus beaux pour en faire don à son pays. – Huu Ngoc/CVN/VNA

Voir plus

Un concert réunissant des artistes hongrois et vietnamiens célébrera la Fête nationale de la Hongrie. Photo : ambassade de Hongrie

De Budapest à Hanoi en dialogue symphonique

Le pianiste Laszlo Váradi, la soprano Dalma Süle et le ténor hongrois d’origine vietnamienne Ninh Duc Hoàng Long interpréteront des pièces de compositeurs hongrois de renommée mondiale tels que Franz Liszt et Béla Bartók.

Un « Môc ban » de la dynastie des Nguyen. Photo: VNA

Patrimoine documentaire : affluence au nouvel espace d’exposition des archives nationales

Plus de 2 000 visiteurs ont découvert, en une semaine seulement après son ouverture à Hanoï, l’Espace de présentation du patrimoine documentaire mondial du Vietnam. À travers des activités interactives autour des « Châu ban » et « Môc ban » de la dynastie des Nguyen, cette initiative vise à rapprocher les archives du public et à valoriser les patrimoines documentaires nationaux, conformément à la Résolution n°80-NQ/TW sur le développement de la culture vietnamienne.

Fête du village de Trieu Khuc : l'éclat de la danse ancestrale des hommes travestis

Fête du village de Trieu Khuc : l'éclat de la danse ancestrale des hommes travestis

Point d’orgue de la fête traditionnelle du village de Trieu Khuc, à Hanoï, la danse ancestrale « Con di danh bong » offre un spectacle captivant où de jeunes hommes travestis exécutent des mouvements gracieux, faisant ainsi revivre un patrimoine séculaire au cœur de la vie moderne. Cette performance unique, riche en émotions, témoigne de la résilience et de la vitalité des traditions culturelles face aux défis contemporains.

Da Nang annonce le calendrier et les tarifs du Festival de feux d’artifice 2026

Da Nang annonce le calendrier et les tarifs du Festival de feux d’artifice 2026

Le Festival international de feux d’artifice de Da Nang (DIFF) 2026 réunira plusieurs des meilleures équipes pyrotechniques mondiales pour des spectacles thématiques, offrant une série de soirées artistiques lumineuses s’étendant sur plus d’un mois.se tiendra du 30 mai au 11 juillet 2026 sur les rives de la rivière Han.

Dans l'enceinte du restaurant Suoi Hen Vuon Dao, la floraison immaculée des fleurs de bauhinie offre un cadre romantique et poétique. Photo : Quang Quyet – VNA.

Son La : la saison de floraison des bauhinies enchante collines et villages

De la fin février au début mars, sur les collines et le long des artères de nombreuses communes et quartiers de la province de Son La (Nord), les fleurs de ban (bauhinie) s’épanouissent d’un blanc immaculé, offrant un paysage romantique et poétique qui attire de nombreux habitants et touristes venus admirer la nature et immortaliser ces instants en photos.

La littérature jeunesse vietnamienne à la conquête du marché mondial

La littérature jeunesse vietnamienne à la conquête du marché mondial

Ces dernières années, la littérature jeunesse vietnamienne, et plus particulièrement le segment des albums illustrés, enregistre des signes extrêmement positifs. De nombreuses œuvres, après avoir séduit le public national, s’imposent désormais sur la scène internationale, grâce à une multiplication des contrats de cession de droits et à l’intérêt croissant des maisons d’édition étrangères.

Des mannequins présentent l'ao dài de la styliste Lan Huong lors de la Semaine de la mode de l’ao dài 2026. Photo : VNA

Les belles marches de l’ao dài sur la scène internationale de la mode

Le projet «Semaine de la mode de l’ao dài» vise à introduire la tunique traditionnelle vietnamienne sur la scène de la mode mondiale. Après Londres, le projet devrait se poursuivre à Paris et à Milan, deux capitales mondiales de la mode, afin de promouvoir davantage l’identité culturelle vietnamienne.

Trinh Van Quyêt, secrétaire du Comité central du Parti et chef de sa Commission de la sensibilisation, de l’éducation et de la mobilisation des masses, remet les prix A aux lauréats. Photo: VNA

Les 8es Prix nationaux du livre récompensent plus de 50 ouvrages exceptionnels

Deux prix A, la plus haute distinction de ces prix, ont été décernés à « Lich su Viet Nam bang hinh » (L’Histoire du Vietnam en images), ouvrage de Dong A et plusieurs auteurs, publié conjointement par la Maison d’édition de l’Université nationale d’éducation de Hanoi et la Société par actions culturelle Dong A.

L'architecte Thibault Fèbrer et la chanteuse Thanh Tâm interprètent la chanson l’air traditionnel « Bèo dat mây trôi» lors du programme. Photo: VNA

Le programme "Couleurs du printemps" promeut la culture vietnamienne en France

Le programme comprenait des mélodies traditionnelles telles que le « dan tinh » (un instrument de musique) et les chants traditionnels «then» de l’ethnie Tày, des chants populaires Quan ho de Bac Ninh, ainsi que des musiques folkloriques du Nord et du Sud du Vietnam, des extraits de «cai luong» (théâtre rénové) et des chansons populaires célébrant la Patrie, le printemps et l’amour.

Des visiteurs à l'exposition. Photo : VNA

Exposition de peintures et de livres « L’âme vietnamienne en France »

Le Club des amis des mers et des îles du Vietnam en France, en coordination avec l’association Huong Sac Vietnam – Europe, a organisé une exposition de peintures et de livres, placée sous le thème « L’âme vietnamienne en France », qui s’est tenue dans l’après-midi du 7 mars (heure locale) au centre culturel Marius Sidobre, dans le Val-de-Marne, région Île-de-France.