Hanoi (VNA) - Le ministère de l’Agriculture et de l’Environnement a approuvé la première phase (2026-2030) du Programme cible national pour l’édification de la Nouvelle ruralité, la réduction durable de la pauvreté et le développement socio-économique des zones peuplées d'ethnies minoritaires et montagneuses.
Ce plan d'envergure, qui s'inscrit dans une vision à l’horizon 2035, bénéficiera d'une enveloppe financière colossale estimée à 1,044 quadrillion de dôngs (environ 41 milliards de dollars). Parmi ces financements, le budget central apportera un soutien direct de 100.000 milliards de dôngs, soit 9,6 % du total. Les budgets locaux contribueront à hauteur d’environ 300.000 milliards de dôngs (28,7 %), tandis que les ressources intégrées provenant d’autres programmes et projets représenteront près de 360.000 milliards de dôngs (34,5 %). Les crédits de politique publique sont estimés à 23 000 milliards de dôngs (2,2 %), et les investissements des entreprises ainsi que les contributions des communautés et des populations locales à environ 261 000 milliards de dôngs, soit 25 %.
L’objectif central du programme est de bâtir des zones rurales modernes tout en préservant l’identité culturelle et la durabilité environnementale. Le gouvernement entend ainsi transformer l’économie rurale en un modèle vert, circulaire et écologique, capable de réduire durablement les disparités de développement entre les régions.
D’ici à 2030, le Vietnam se fixe des indicateurs de performance ambitieux et rigoureux : porter le revenu moyen des habitants des zones rurales à un niveau 2,5 à 3 fois supérieur à celui de 2020 ; élever le revenu des minorités ethniques à au moins la moitié de la moyenne nationale ; maintenir une réduction annuelle de la pauvreté multidimensionnelle comprise entre 1 et 1,5 %, afin d’abaisser le taux global dans ces zones sous le seuil des 10 %. Par ailleurs, environ 65 % des communes devront satisfaire aux normes de la « nouvelle ruralité », dont 10 % au niveau « moderne ».
Une innovation majeure du programme réside dans la numérisation de la gouvernance territoriale. Le critère n°1 relatif à la planification sera désormais géré via un système d’information géographique (SIG/GIS), permettant une mise à jour en temps réel et un partage transparent des données avec les autorités locales, les acteurs économiques et les citoyens.
Sur le plan productif, le programme prône une montée en gamme radicale. L’accent est mis sur une agriculture à « valeurs multiples », intégrant les standards VietGAP et GlobalGAP. Le gouvernement encourage l'adoption de modèles à faibles émissions de carbone et l'agriculture biologique, tout en renforçant la traçabilité des produits.
Le programme prévoit également la consolidation des coopératives intégrées aux chaînes de valeur mondiales, le développement de la marque OCOP (« À chaque commune, son produit ») vers un label « OCOP vert » écoresponsable, ainsi que le soutien à l’entrepreneuriat innovant et à la transformation numérique au sein des villages de métiers traditionnels.
Au-delà des infrastructures matérielles, le plan intègre une forte dimension humaine. Il met en place des mécanismes de microcrédit et des dispositifs d’assurance agricole destinés à renforcer la résilience des populations rurales face aux aléas climatiques et économiques.
Enfin, des mesures spécifiques sont prévues pour soutenir des modèles de moyens de subsistance diversifiés, promouvoir le développement des compétences, stimuler l’innovation, encourager l’économie numérique et verte, et faciliter l’accès à l’emploi, y compris à l’étranger, pour les travailleurs issus des zones les plus défavorisées. Ces actions visent à garantir un développement inclusif, équilibré et durable à long terme. -VNA