Hanoï (VNA) - Face à une forte chute du cours du poivre en raison de l’excédent de l’offre du poivre vietnamien, le ministère de l’Agriculture et du Développement rural a demandé aux localités de réorganiser la culture du poivrier pour garantir les bénéfices des planteurs.

Dak Lak, un territoire des poivriers sur les hauts plateaux du Centre. Photo : Duong Giang/VNA

Selon le ministère de l’Agriculture et du Développement rural, à l’heure actuelle, la superficie de production de poivre du pays est estimée à 130.000 ha - 140.000 ha, dépassant de plus de 250% l’objectif défini sur le plan de production de poivre jusqu’en 2030. Elle a porté la production de poivre du Vietnam de 30% à plus de 50% de l’offre mondiale. L’augmentation de l’offre a provoqué, en revanche, la baisse des tarifs de vente du poivre du Vietnam sur le marché international.

Concrètement, d'après les statistiques du Département général de la douane, les exportations de poivre au cours des neuf premiers mois de 2017 ont atteint 180.000 tonnes, l’équivalent de 965 millions de dollars, en hausse de 22,2% en volume, mais en baisse de 19,6% en valeur par rapport à la même période de l’année dernière.

D’après Dô Hà Nam, le PDG du groupe Intimex, les cours du poivre du Vietnam destiné aux exportations étaient bien inférieurs à ceux du poivre d’autres pays dont l’Inde, l’Indonésie et la Malaisie ces derniers mois, étant donné que le pays n’a pas anticipé une telle croissance rapide du volume de poivre d’autres marchés internationaux. Cela a réduit la valeur totale des exportations de poivre du Vietnam sur le marché mondial.

Une autre raison pour laquelle la superficie du poivrier du Vietnam dépasse le plan fixé est attribuée aux prévisions insuffisantes des planteurs sur les mutations du marché du poivre, à quoi s’ajoute leur confiance en une hausse irréversible des cours du poivre sur le marché mondial comme les années précédentes.

Mesures à prendre

Face aux risques de pertes de profits dégagés des exportations de poivre, M. Hoàng Phuoc Binh, président de l’Association du poivre du district Chu Sê, province de Gia Lai (hauts plateaux du Centre), a recommandé au ministère de l’Agriculture et du Développement rural de réviser et contrôler des stratégies d’aménagement des plantations poivrières en vue d’éviter une telle situation pour la récolte 2018.

À ce propos, ledit ministère a demandé aux principales provinces productrices de poivre comme Dak Nông, Dak Lak, Gia Lai et Binh Phuoc (Sud) de créer des mécanismes et conditions favorables pour encourager les entreprises à investir en la matière et à organiser une coopération de production à grande échelle conformément au processus de qualité et d’efficacité.

Selon Lê Quôc Doanh, vice-ministre de l’Agriculture et du Développement rural, outre les mesures précitées, les autorités et les entreprises locales sont appelées à établir des espaces de production de poivre concentrés. Une fois que les producteurs et les entreprises de poivre auront achevé la création de zones de matières premières concentrées, les entreprises et les planteurs devront coopérer pour une mise en exercice de la bonne pratique agricole conformément aux critères techniques recommandés par ledit ministère. Si les plantations répondent aux normes, ledit ministère accordera des codes d’origine de ces régions de production de poivre pour leur permettre d’en exporter plus facilement vers les marchés exigeants, tout en gérant étroitement et profondément ces zones afin d’éviter de briser la planification fixée, ce qui avait provoquée une telle production excédentaire. -CVN/VNA