Mông Bich, « l’arbre séculaire du village des peintures sur soie »

Née en 1933 à Hanoï, Mông Bich a appris la peinture avec des maîtres ayant été formés à la célèbre Ecole des beaux-arts d’Indochine. Pour la première fois, 30 de ses œuvres sont exposées à Hanoï.
Mông Bich, « l’arbre séculaire du village des peintures sur soie » ảnh 1Thierry Vergon, directeur de l’Espace et Mông Bich. Photo : VOV

Hanoï (VNA)  - Née en 1933 à Hanoï, Mông Bich a appris la peinture avec des maîtres ayant été formés à la célèbre Ecole des beaux-arts d’Indochine. Pour la première fois, 30 de ses œuvres sont exposées à l’Espace-Centre culturel français de Hanoï. « Entre deux siècles » présente des peintures sur soie, des aquarelles et des croquis qui retracent 60 années de travail.

L’exposition n’aurait pas eu lieu sans un hasard survenu il y a plus de deux ans. Des officiels de l’ambassade de France à Hanoï visitaient l’atelier de céramique Hiên Vân, qui est tenu par des descendants de Mông Bich, lorsqu’ils ont découvert des peintures de l’artiste. Emus par ces œuvres, ils ont proposé à Mông Bich de lui organiser une exposition monographique. Elle a hésité longtemps avant de finalement accepter, à la grande satisfaction de Thierry Vergon, directeur de l’Espace.

« Pour nous, c’est sans doute l’évènement le plus important de l’année. C’est la première exposition personnelle d’une artiste qui a eu une longue carrière derrière elle avec beaucoup de travaux réalisés pendant des périodes différentes. Elle a lieu à un moment où l’artiste a senti le besoin de présenter au public l’ensemble de ses travaux », dit-il.

L’artiste, qui mène une vie de recluse depuis plusieurs décennies, n’avait en effet jamais eu d’exposition personnelle, d’une part faute de moyens, et d’autre part parce que ses œuvres n’ont jamais suivi les grandes tendances de son époque. 

Peu connue des médias et du grand public, Mông Bich s’impose pourtant dans le milieu des initiés. « Ses traits sont aussi durs que des gravures sur soie, des gravures empreintes d’émotion… Ses œuvres sont autant de dialogues avec la vie, chaque trait étant une phrase prononcée lentement et distinctement… Elle ne peint pas beaucoup, mais le peu qu’elle nous laisse montre qu’elle est l’un des derniers parmi les rares artistes à connaître profondément la soie et à savoir dialoguer correctement avec cette matière », faisait ainsi remarquer le peintre Dô Duc dans un article intitulé « L’arbre séculaire du village des peintures de la soie », publié en août 2019 dans la Revue des beaux-arts.

Mông Bich elle-même a une vision toute simple. Pour elle, la nature mérite qu’on passe la vie à essayer de décrire sa beauté. A en croire Trân Van Cân, l’un de ses maîtres, « elle peint avec son instinct et ses émotions ». Sa première œuvre importante est « La mère et son enfant » représentant une femme qui allaite son bébé. Elle l’a envoyée à un concours organisé dans la région du Viêt Bac en 1961. Sans doute les organisateurs n’y ont-ils trouvé aucun intérêt puisqu’ils ont laissé la peinture traîner au pied d’un mur. C’est par hasard, encore un heureux hasard, que les peintres Trân Van Cân, Pham Huy Thông et un académicien polonais l’ont vue. Ils ont jugé que cette peinture méritait tout simplement le premier prix. Ce sera chose faite.

Alors que les beaux-arts nationaux étaient dominés par les affiches de propagande, Mông Bich se passionnait pour les portraits de personnes ordinaires : une mendiante, un minoritaire ethnique, un enfant… Ses peintures se vendaient mal, mais elle ne s’en plaignait pas. « Si courir derrière l’argent peut permettre une élévation du niveau de vie, ça peut aussi entraîner la perte de l’art », nous dit-elle.

C’est depuis sa retraite que Mông Bich peut s’investir pleinement dans son art, ses enfants ayant grandi et l’économie nationale s’étant embellie.

« Partout où j’allais, je faisais des croquis qui allaient servir de base à mes peintures sur soie. Mais à un certain âge, on ne peut plus se déplacer. C’est ce qui m’a décidée à réaliser énormément de croquis, des croquis suffisamment détaillés pour devenir des tableaux à part entière. Je n’aurais plus à revenir à cet endroit pour trouver d’autres détails », nous confie-t-elle.

« A près de 90 ans, Mông Bich a non seulement vécu plus longtemps que la plupart des confrères de sa génération, elle représente les changements vécus par les beaux-arts en particulier et le Vietnam en général au cours du dernier siècle », fait remarquer le professeur Nora A.Taylor, de l’Académie des beaux-arts de Chicago, qui voit dans l’exposition à l’Espace « une reconnaissance de la place unique qu’occupe Mông Bich dans les beaux-arts vietnamiens ». « Ses peintures transcendent tous les mouvements dans lesquels s’est impliquée la plupart des générations. Elles sont un joli rappel de l’universalité des valeurs humaines », ajoute-t-il.

L’exposition « Entre deux siècles » de Mông Bich durera jusqu’au 22 novembre à l’Espace, au 24 Tràng Tiên, à Hanoï. - VOV/VNA
source

Voir plus

Spectacle lors de la cérémonie de lancement de la série d’événements sur la sécurité nationale. Photo: VNA

Une série d’événements sur la sécurité nationale à l’affiche à Hô Chi Minh-Ville

Du 11 au 14 juin, la série d’événements propose des expositions, des installations interactives et des activités de sensibilisation du public, avec un gala de clôture le 13 juin. L’exposition retraçant l’histoire des forces de sécurité populaires à travers des documents, des photographies, des objets et des technologies numériques en est un temps fort.

Des lotus anciens de Hué sont sélectionnés pour parfumer le thé. Photo : VNA

L’art du thé au lotus de Hué : quand la fleur sublime l’infusion

Pour confectionner le thé au lotus, l’artisan doit faire preuve d’une minutie extrême. Il se lève à l’aube afin de sélectionner des fleurs répondant à des critères particulièrement rigoureux, privilégiant celles qui n’ont pas encore pleinement éclos et dont la fraîcheur est irréprochable. Avec une infinie délicatesse, il insère ensuite le thé au cœur de lotus blancs anciens, véritable écrin naturel aux parfums subtils. Le thé y repose durant toute une journée, exposé aux éléments, absorbant patiemment l’essence florale et la fragrance délicate du lotus, jusqu’à atteindre une harmonie aromatique d’une grande finesse.

Les délégués participant à la 107e réunion du Bureau de l’Association internationale des maires francophones (AIMF). Photo : VNA

Huê renforce son rayonnement au sein de la Francophonie

À l’occasion de la 107e réunion du Bureau de l’Association internationale des maires francophones (AIMF), organisée à Namur en Belgique, la ville de Huê a réaffirmé son engagement en faveur de la coopération internationale, de la préservation du patrimoine et du développement durable, tout en consolidant sa place au sein du réseau des villes francophones.

Des visiteurs découvrent des produits d’artisanat traditionnel vietnamien lors de l’événement. Photo : VNA

Coupe du monde 2026 : le Vietnam laisse son empreinte au grand rendez-vous culturel international

À l’occasion d’Aldea Global 2026, grand rendez-vous culturel international organisé à Mexico en marge de la Coupe du monde de la FIFA 2026, le Vietnam met à l’honneur son patrimoine, sa culture et sa gastronomie auprès du public mexicain et international. Sa participation à cet événement prestigieux illustre le rayonnement croissant du pays sur la scène mondiale et son engagement en faveur du dialogue interculturel et des échanges entre les peuples.

La station balnéaire de Mui Ne, dans la province de Lam Dong, confirme son statut de destination incontournable pour le kitesurf en Asie. Photo: VNA

Mui Ne est la capitale asiatique du kitesurf, selon Figaro Nautisme

Sur la côte sud-est du Vietnam, à quatre heures de route de Ho Chi Minh-Ville, Mui Ne s’est imposée comme l’un des hauts lieux mondiaux du kitesurf. Ici, le vent n’est pas un caprice météorologique : c’est une institution. De novembre à mars, il souffle avec une régularité presque métronomique, transformant cette longue baie tropicale en terrain de jeu spectaculaire.

À Hanoï, les artistes de demain imaginent la ville du futur

À Hanoï, les artistes de demain imaginent la ville du futur

Dans une capitale où la créativité ne cesse de se réinventer, l’exposition d’art contemporain « Future Spectrum » ouvre un espace d’expression dédié à la jeune génération d’artistes. À travers une grande diversité de pratiques artistiques, elle invite à explorer les liens entre la ville, les habitants et les imaginaires du futur.

Cérémonie d'ouverture du musée d'art Satsuma Yaki, situé dans la vieille ville de Hội An. Le musée présente environ 1 500 pièces de céramique traditionnelle japonaise. — Photos : Mori Takero

Musée d'art Satsuma Yaki inauguré à Da Nang, site classé au patrimoine mondial

Le Musée d'art japonais Satsuma Yaki, consacré à la céramique traditionnelle fabriquée dans la région aujourd'hui appelée préfecture de Kagoshima pendant la période Edo et après, a ouvert ses portes dans la vieille ville de Hôi An. Il présente des collections d'œuvres d'art Satsuma Yaki et représente une avancée positive dans les échanges culturels entre Hôi An et le Japon.

La sélection du Guide Michelin 2026 au Vietnam honore 11 établissements une Étoile Michelin (2 nouveaux). Photo: Comité d'organisation

Guide Michelin 2026 : L'identité vietnamienne rayonne sur la scène gastronomique mondiale

Dans sa quatrième édition, la sélection du Guide Michelin 2026 au Vietnam révèle un total de 193 établissements à Hanoï, Ho Chi Minh-Ville et Da Nang, dont 11 une Étoile Michelin (2 nouveaux), 72 établissements Bib Gourmand (synonyme de cuisine de qualité au meilleur prix) et 110 restaurants Michelin Selected, reconnus pour la qualité de leur cuisine.

Photo : VNA

La peinture populaire de Dông Hô renaît grâce à la technologie et à la créativité

La peinture populaire de Dông Hô, célèbre pour ses estampes réalisées sur le papier traditionnel « điệp » et ses pigments naturels issus notamment de feuilles de bambou et de poudre de pierre rouge, a longtemps illustré avec simplicité et vivacité les scènes de la vie rurale vietnamienne grâce à la technique de la gravure sur bois. Aujourd’hui pourtant, pour de nombreux jeunes, cet art ancestral n’existe plus que dans les manuels scolaires ou les musées.

Le stand du Vietnam attire les foules au Festival mondial de la gastronomie de Séoul. Photo : VNA

Le stand du Vietnam attire les foules au Festival mondial de la gastronomie de Séoul

Le stand du Vietnam a attiré un large public lors de la 18ᵉ édition du Festival mondial de la gastronomie de Seongbuk Nurimasil, organisée le 7 juin à Séoul sous le thème « Les saveurs de la Terre », où il s’est distingué par la mise en valeur de sa gastronomie traditionnelle et de ses activités culturelles populaires dans une ambiance multiculturelle festive réunissant de nombreux pays.

La jeune communauté intellectuelle vietnamienne au Japon s’unit pour bâtir son avenir professionnel

La jeune communauté intellectuelle vietnamienne au Japon s’unit pour bâtir son avenir professionnel

La communauté des jeunes professionnels vietnamiens au Japon (VPJ) a organisé avec succès, le 7 juin à Tokyo, l’événement « VPJ Networking 5 – Rookie to Ready », un espace de rencontre et d’échanges destiné à accompagner les jeunes Vietnamiens dans leur insertion et leur développement de carrière au Japon à travers des conseils pratiques, des témoignages d’experts et des discussions en réseau.