Les statues folkloriques en bois, artisanat original des ethnies Bahnar et Jrai

Les statues folkloriques en bois constituent des objets décoratifs indispensables dans la vie des ethnies minoritaires Bahnar et Jrai au Nord du Tây Nguyên (Hauts Plateaux du Centre)
Les statues folkloriques en bois, artisanat original des ethnies Bahnar et Jrai ảnh 1Afin de réaliser une belle sculpture, l’artisan doit être persévérant et méticuleux pour créer des lignes douces et agréables. Photo: VNA

Les statues folkloriques en bois constituent des objets décoratifs indispensables dans la vie des ethnies minoritaires Bahnar et Jrai au Nord du Tây Nguyên (Hauts Plateaux du Centre). Les artisans chevronnés et les autorités locales cherchent à valoriser cet artisanat séculaire.

Les statues sculptées à la main, inspirées de scènes de la vie quotidienne, se divisent en deux catégories. La première concerne les œuvres destinées aux tombes. Pour les Bahnar et Jrai, la décoration des tombeaux est importante car selon leur tradition, deux mondes coexistent : celui des vivants et celui des morts, le premier étant celui de l’impermanence, et le second, celui de l’éternité.

La deuxième catégorie comprend les statues destinées aux lieux cultuels donc profanes : parcs, maisons communes, maisons sur pilotis des habitants, etc. Si les statues folkloriques en bois ont une valeur décorative certaine, ce sont avant tout des emblèmes de la vie spirituelle des minorités ethniques vivant sur les Hauts Plateaux du Centre.

Les statues folkloriques en bois, artisanat original des ethnies Bahnar et Jrai ảnh 2Photo: VNA

Pour pouvoir créer de belles œuvres, il faut des artisans expérimentés profondément versés dans la culture locale. Avec seulement des ciseaux à bois, des haches, des machettes ou des couteaux, ils peuvent créer des œuvres émouvantes et vivantes, proches de la vie quotidienne des villageois.

L’"Artisan émérite" Ksor Krôh, domicilié dans la commune d’Ia Ka, district de Chu Pah, province de Gia Lai (Hauts Plateaux du Centre), a plus de 50 ans de métier. "J’ai appris à sculpter quand j’étais enfant. Je suivais souvent mon père lors des rites d’installation des statues des tombeaux. Ce métier, je le fais avec amour et j’essaie de le transmettre aux jeunes pour le perpétuer", confie-t-il.

Nullement découragé, le jeune Ksor Ksôh, alors âgé de seulement 15 ans, se rendait secrètement dans la forêt pour voir les  sépultures, où trônent des statues en bois.  "Juste pour les admirer et essayer ensuite de les reproduire", dit-il. Après de nombreux échecs, Ksor Ksôh a finalement réussi ses premières statues aux formes somme toute très simplistes.

Les statues folkloriques en bois, artisanat original des ethnies Bahnar et Jrai ảnh 3L’Artisan émérite Ksor Krôh. Photo: VNA

Afin de réaliser une belle sculpture, l’artisan doit être persévérant et méticuleux pour créer des lignes douces et agréables. Il est aussi nécessaire de choisir un bois de bonne qualité. "La plus grande difficulté pour un sculpteur est de donner de l’âme aux statues. Il s’agit d’exprimer de la tristesse pour des statues placées dans des cimetières mais aussi de transmettre de la gaieté pour décrire la vie quotidienne des habitants".

Chaque année, entre janvier et avril, les Jrai des Hauts Plateaux du Centre organisent le Po Thi, leur plus grande fête. Durant ces journées festives, les villageois sculptent des statues en bois pour exprimer les sentiments de piété et d’amour des vivants envers les morts. Ces sculptures sont ensuite placées autour des maisons funéraires.

Le mois de mars est la période de grande demande en statues. Durant ces moments d’activité intense, il n’est pas rare que Ksor Ksôh doive travailler toute la nuit pour répondre aux commandes. "Il faut deux ou trois jours pour une petite statue et un mois est nécessaire pour une plus grande".

Les statues folkloriques en bois, artisanat original des ethnies Bahnar et Jrai ảnh 4Un espace d'exposition de statues en bois des Jrai dans la ville de Pleiku, province de Gia Lai. Photo: VNA

De nos jours, les artisans chevronnés sont de plus en plus rares et la transmission du métier aux jeunes est négligée. Afin d’encourager la communauté à préserver ce savoir-faire, Nguyên Duc Hoàng, directeur adjoint du Service provincial de la Culture, des Sports et du Tourisme de Gia Lai, a indiqué que sa province appelle les localités à organiser des concours de sculpture. En même temps, le Service de la Culture, des Sports et du Tourisme compte collaborer avec le Service de l’Industrie et du Commerce et des entreprises touristiques de la localité dans un projet de fabrication de statues miniatures pour les boutiques de souvenirs. -Vietnamplus

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