Les lépreux à Dak Lak ne sont pas oubliés

Le médecin Trân Sy Tô, chef du Département de traitement de la lèpre d’Ea Na du Centre de dermatologie de Dak Lak, province éponyme sur les hauts plateaux du Centre, est très apprécié des patients.
Les lépreux à Dak Lak ne sont pas oubliés ảnh 1Photo: VNA

Hanoï (VNA) - Le médecin Trân Sy Tô, chef du Département de traitement de la lèpre d’Ea Na du Centre de dermatologie de Dak Lak, province éponyme sur les hauts plateaux du Centre, est très apprécié des patients.Il est même considéré comme faisant partie de leur famille.

Situé seulement à 20 km de la ville de Buôn Ma Thuôt, province de Dak Lak (hauts plateaux du Centre), Tuôr A est un hameau isolé. Depuis peu, il a été totalement rénové, et dispose à présent d’une crèche, d’une école primaire, d’un collège et d’un dispensaire. Le Département de traitement de la lèpre d’Ea Na (camp de lépreux d’Ea Na) y a été construit. Cette réalisation est le fruit des efforts et des contributions de plusieurs générations d’employés, de médecins, d’infirmières et de bénévoles qui se sont silencieusement dévoués à cette communauté.

Un parcours difficile

Le docteur Trân Sy Tô était présent au camp de lépreux d’Ea Na depuis ses débuts. Ancien médecin militaire, en 1990, il travaillait au poste de garde-frontière de Dak Ruê, province de Dak Lak. C’est alors qu’il s’est proposé comme bénévole et a passé la majeure partie de sa vie avec des lépreux du camp d’Ea Na. Plus de 30 ans de travail auprès de ces patients abandonnés, un parcours considéré comme un exemple de dévouement et de don de soi.

“Au début, le camp des lépreux d’Ea Na n’était composé que de rangées de maisons de fortune, en planches et aux toits de tôle”, se souvient le docteur Tô. Sur les près de 400 patients, il devait en examiner 130 à 140 chaque jour.

Un groupe de médecins, d’infirmières et lui-même avaient dû se rendre dans des hameaux des zones forestières de la région des hauts plateaux du Centre pour retrouver et recueillir les personnes atteintes de la lèpre, ainsi que pour informer la population au sujet de cette maladie afin que les lépreux évitent la discrimination et l’isolement, et ainsi les aider à se réinsérer dans la communauté.

Ils ont beaucoup voyagé, traversé les rivières Krông Ana et Krông Nô en canoë pour atteindre les villages reculés et peuplés d’ethnies minoritaires comme Tria, Triêt… district de Lak ; Cu Kroa, Cu Prao, district de M Drak, province de Dak Lak, ou Quang Tin et Quang Truc de la province voisine de Dak Nông.

Souvent les hélices du bateau à moteur se brisaient et coulaient au fond de la rivière, le docteur Tô et ses collègues devaient alors plonger dans la rivière les récupérer et réparer le bateau pour continuer leur mission.

Beaucoup de trajets se faisaient dans de vieilles voitures délabrées et les agents médicaux devaient pousser les véhicules lorsqu’ils étaient enlisés dans la boue ou que les roues étaient cassées. Pour les hameaux reculés auxquels les voitures ne pouvaient pas accéder, ils devaient marcher et porter des générateurs, des projecteurs, des panneaux, des affiches et des médicaments sur leurs épaules.

Pour atteindre certains endroits particulièrement inaccessibles, les médecins du camp d’Ea Na devaient marcher toute la journée, comme pour la commune d’Ea Trang, district de M’Drak, près du pied du col de Phuong Hoàng bordant la province de Khanh Hoà. L’équipe médicale a dû transporter de l’équipement, patauger et nager à travers les ruisseaux pour trouver les maisons. À l’annonce de l’arrivée des médecins, les lépreux s’enfuyaient dans la forêt. Ainsi, le groupe devait camper, et le docteur Tô contacter les autorités locales pour appeler et persuader les patients d’être pris en charge et soignés dans le camp.

Un patient nommé Thu, vendeur de rue dans la commune de Cu Kty, district de Krông Bông, est un exemple typique de ceux qui sont stigmatisés a cause de la lèpre. Lorsqu’il a été diagnostiqué, les gens de la région étaient extrêmement inquiets et ne lui ont plus parlé ni acheté ses marchandises.

Le médecin Tô a dû expliquer à tous que la lèpre ne se transmettait pas en mangeant et en buvant pour que les gens se sentent en sécurité.

Il y avait des centaines de patients graves de tous âges et venant de tous les groupes ethniques, abandonnés par leurs familles. Ils attendaient de mourir avant d’être soignés au camp de lépreux d’Ea Na. Maintenant guéris, ils ont réintégré leurs familles et leurs communautés.

Moins patient, plus heureux

Actuellement, seulement 54 patients sont soignés au camp d’Ea Na, dont 30 sont dans un état grave. Ils y reçoivent un hébergement et des repas gratuits, les 24 autres vivent à proximité de la zone de traitement.

Le personnel médical est passé de près de 30 personnes à seulement deux. Le docteur Tô travaille à la fois comme chef de camp et médecin, et H’Rip Eban, une femme de l’ethnie E dê, comme infirmière. Chaque mois, les deux se partagent les nuits de garde. Quand H’Rip Eban est malade,

M. Tô prend ses fonctions pendant tout le mois. Le camp d’Ea Na est devenu comme un foyer pour lui et les lépreux comme des membres de sa famille.

Depuis plus de 30 ans, il a appris à parler et à comprendre les langues ethniques, ce qui l’aide à mieux communiquer avec ses patients.

De nombreux patients ont surmonté la maladie de façon spectaculaire. Y Rin, 50 ans, souffrait de lèpre et de maladie mentale. Lors de son hospitalisation, son état de santé était grave. Après le traitement, il a totalement récupéré, stabilisant même sa maladie mentale. Klan Kho, un homme de l’ethnie J’Rai de la province de Gia Lai (hauts plateaux du Centre), a reçu un diagnostic de cancer épidermoïde de la jambe pendant son traitement contre la lèpre. Pour l’encourager à subir un traitement chirurgical, M.Tô a promis de prendre soin de lui à vie, alors Klan Kho a accepté de se faire amputer la jambe et vit maintenant en bonne santé. “S’il n’y avait pas eu les conseils du docteur Tô, le cancer aurait métastasé et je serais mort il y a longtemps. Je lui en suis très reconnaissant”, partage-t-il

En plus d’être médecin, M. Tô a également joué un rôle d’entremetteur dans la communauté. De nombreux patients se sont mariés grâce à lui.

Depuis plus de 30 ans, il consacre sa vie à ses patients, partageant leurs joies et leurs peines, véritable clé de voûte de cette communauté.-CVN/VNA

Voir plus

La politique de bourses s’applique aux citoyens vietnamiens suivant une formation initiale en licence, en ingénierie, en master ou en doctorat dans les filières scientifiques concernées. Photo: VNA

Le gouvernement vietnamien adopte une politique de bourses pour les sciences et les technologies stratégiques

La liste officielle comprend 15 groupes de disciplines prioritaires, parmi lesquels la biologie, les mathématiques, les statistiques, les sciences physiques, les sciences de la Terre, l’informatique, les technologies de l’information, le génie mécanique, l’électronique, les télécommunications, le génie chimique, les matériaux, la métallurgie, l’environnement, la géophysique, les techniques minières et la construction.

Vietnam Security Summit 2026 tenu à Hanoï. Photo: VNA

Vietnam Security Summit 2026 : les experts appellent à renforcer la protection des données personnelles

À l’occasion du Vietnam Security Summit 2026 organisé à Hanoï, responsables et spécialistes de la cybersécurité ont alerté sur la multiplication des cyberattaques et des trafics de données personnelles. Ils ont notamment recommandé aux utilisateurs d’appliquer les "cinq non" afin de mieux protéger leurs informations dans un contexte d’accélération de la transformation numérique.

L’encens noir de Van Quan à Hung Yen, entre tradition artisanale et identité culturelle

L’encens noir de Van Quan à Hung Yen, entre tradition artisanale et identité culturelle

L’encens noir du village de Van Quan, dans la province de Hung Yen, est réputé pour son parfum intense, pur et durable, imprégné des essences naturelles typiques des métiers artisanaux vietnamiens. Fabriqué selon des méthodes traditionnelles transmises de génération en génération, ce produit emblématique ne constitue pas seulement une source de revenus stable pour les habitants locaux : il participe également à la préservation d’un savoir-faire ancestral et au rayonnement culturel du village artisanal.

Le Vietnam a signé une performance de haut niveau aux Olympiades asiatiques de physique (APhO) 2026 à Busan. Photo: VNA

Le Vietnam dans le Top 8 des Olympiades asiatiques de physique 2026

Le Vietnam a signé une performance de haut niveau aux Olympiades asiatiques de physique (APhO) 2026 à Busan, en République de Corée, en remportant huit médailles sur huit candidats engagés. Avec six médailles d’argent et deux de bronze, la délégation vietnamienne se hisse parmi les meilleures équipes du concours et confirme la montée en puissance de ses jeunes talents scientifiques sur la scène régionale.

La vice-Première ministre Pham Thi Thanh Tra rend visite aux enfants hospitalisés à l'Hôpital pédiatrique No 2 de Hô Chi Minh-Ville et leur apporte des cadeaux. Photo : VNA

Plus de 2 200 milliards de dôngs versés au fonds en faveur des cancéreux démunis

À Ho Chi Minh-Ville, une soirée artistique caritative organisée par le Fonds de soutien aux patients atteints de cancer « Un lendemain radieux » a permis de mobiliser plus de 2.238 milliards de dôngs sous forme de dons financiers, de médicaments et de matériel médical. L’événement a réaffirmé l’élan de solidarité nationale envers les patients cancéreux en situation difficile.

Pham Van Hat pose aux côtés de son célèbre produit, le "robot semeur". Photo: sggp.org.vn

Le "paysan inventeur" vietnamien qui rêve de conquérir le monde

Sans diplôme d’ingénieur et avec un niveau scolaire limité à la deuxième année du collège, cet agriculteur né en 1972 est aujourd’hui considéré comme l’un des inventeurs agricoles les plus remarqués du Vietnam. Son "robot semeur" made in Vietnam est désormais exporté vers quinze pays.

Un cliché du photographe My Dung. Photo: VNA

Berlin : la diaspora vietnamienne célèbre la souveraineté maritime à travers une exposition

L’exposition met en valeur plus de 40 œuvres du photographe My Dung, artiste originaire de Da Nang, qui a consacré trois décennies à immortaliser la beauté brute du littoral vietnamien. À travers des clichés principalement en noir et blanc, il propose une immersion sensible dans le quotidien des pêcheurs, de Mong Cai à Ca Mau, mettant en lumière la résilience de celles et ceux dont la vie est intimement liée à la mer.

La "Semaine vietnamienne du règlement alternatif des litiges" (VAW 2026) se déroulera simultanément à Hanoï et à Hô Chi Minh-Ville du 25 au 29 mai. Photo: comité d'organisation

Le Vietnam lance sa première Semaine du règlement alternatif des litiges

Organisée conjointement par le Centre d’arbitrage international du Vietnam (VIAC) et l'Association des juristes du Vietnam, la première Semaine du règlement alternatif des litiges du Vietnam constitue le premier forum de cette ampleur au Vietnam exclusivement consacré à l’arbitrage, à la médiation et aux modes alternatifs de règlement des litiges (ADR).

L’ancien vice‑président du comité populaire de la province de Lao Cai, Lê Ngoc Hung. Photo: danviet

Anticorruption : 24 personnes poursuivies dans l’affaire VTM dont l’ancien vice-président de Lao Cai

Le ministère vietnamien de la Sécurité publique a annoncé, mardi 20 mai, la mise en examen de 24 personnes dans le cadre de l’élargissement de l’enquête sur des infractions présumées commises au sein de la société Viet Trung Mineral and Metallurgy Co. Ltd. (VTM) et de plusieurs entités liées. Parmi elles figurent l’ancien vice‑président du comité populaire de la province de Lao Cai, Lê ngoc Hung, ainsi que d’anciens dirigeants et cadres de VTM, de Vietnam Steel Corporation et d’organismes provinciaux.