Les grues à tête rouge boudent le Vietnam

En 2020, pour la première fois, le Vietnam n’a pas vu de grues à tête rouge revenir sur son sol.

Hanoï (VNA) - En 2020, pour la première fois, le Vietnam n’a pas vu de grues à tête rouge revenir sur son sol. Seuls sept oiseaux migrateurs ont survolé la région de Phu My, province de Kiên Giang, au Sud, sans s’y arrêter. En cause, le manque d’habitat convenable.

Les grues à tête rouge boudent le Vietnam ảnh 1En 2020, aucune grue à tête rouge n’a été aperçue au Vietnam. Photo : VNP/CVN

"C’est tellement triste, on ne les voit toujours pas", partage Trân Hào Hiêp, directeur adjoint du Centre pour la conservation et la coopération internationale du Parc national de Tràm Chim.

Nguyên Van Huong, directeur du Comité de gestion de la Réserve de biosphère de Phu My, informe aussi qu’en 2020, les grues à tête rouge ne sont pas revenues comme à leur habitude.

Ainsi, dans les deux régions où ce grand échassier est souvent observé, que sont le Parc national de Tràm Chim, dans le district de Tam Nông, province de Dông Thap, et la prairie de Lepironia articulata de Phu My dans le district de Giang Thanh, province de Kiên Giang (Sud), aucune grue à tête rouge n’a été vue en 2020. 

Selon le Centre pour la conservation et la coopération internationale du Parc national de Tràm Chim, dans les années 2014 - 2016, les grues à tête rouge y sont revenues, bien que peu nombreuses : de 14 à 23 individus par an. Leur nombre est en chute libre dans cette région. En 2019, elles n’étaient plus que 11. Et plus aucune en 2020.

Peu de chance de survivre

Nguyên Phong Vân, ancien directeur du Comité de gestion de la Réserve de biosphère de Phu My, fait savoir qu’en 2018 et 2019, le nombre de grues observées à Phu My fut de 97 et 54, respectivement.

"Les habitants ont construit des digues pour la riziculture à l’intérieur de Phu My, perturbant l’habitat. Donc, en 2020, elles n’y sont pas revenues. Ceux qui se consacrent à la conservation et aiment cette espèce emblématique sont très déçus", explique M. Vân.

Pour Nguyên Hoài Bao, directeur adjoint du Centre de recherche des terres submergées (dépendant de l’Université des sciences naturelles de Hô Chi Minh-Ville), la diminution du nombre de grues à tête rouge au Vietnam et au Cambodge témoigne de la destruction de leur habitat au cours de ces 10 dernières années, dans les deux pays.

Par exemple, dans le Nord du Cambodge et les hauts plateaux du Centre du Vietnam, les vastes forêts de Diptérocarpacées (arbres émergents des forêts tropicales) où se reproduisent les grues ont été transformées en plantations d’hévéas, champs de canne à sucre, d’anacarde ...

Dans le delta du Mékong, les prairies submergées sont remplacées par des espaces d’aquaculture ou de riziculture et l’abus de produits chimiques dans l’agriculture perturbent l’équilibre de l’écosystème.   

"Il n’y a pas encore  de solutions. Les recommandations des scientifiques n’ont été pas écoutées. Quand le milieu naturel est bouleversé, sa restauration est impossible et très coûteuse", déplore M. Bao. Ce dernier estime qu’il n’est désormais possible que de préserver les dernières zones naturelles restantes, de restructurer les zones rizicoles inefficaces ou de réduire l’abus de produits chimiques agricoles. On pourrait alors espérer un changement positif dans 10 ou 15 ans.

Un écosystème bouleversé

Les grues à tête rouge boudent le Vietnam ảnh 2La raréfaction des grues à tête rouge témoigne de la destruction de leur habitat. Photo : CVN/VNA

Dans les années 1980, Tràm Chim était un haut lieu pour les grues, qui étaient certaines années des milliers à fréquenter la zone. Mais à l’époque, cet endroit n’était pas reconnu comme Parc national. D’après des experts, l’écosystème du Parc national de Tràm Chim a commencé à être perturbé en raison du stockage de l’eau pour la prévention et la lutte contre les incendies. Pour ce faire, on a dû élever la digue de 4 à 5 m et creuser un canal intérieur.

Tràm Chim, qui fonctionne au rythme naturel de chaque saison (saison sèche et saison des inondations), se transforma soudainement en "lac-réservoir". Les écosystèmes saisonniers ne purent s’adapter et disparurent progressivement.

Ce fut le cas des forêts de cajeputiers et des prairies de plantes nan (Eleochararis dulcis). Par ailleurs, l’eutrophisation des eaux entraîna la mort des poissons, laissant les oiseaux pêcheurs sans nourriture. Nguyên Huu Thiên, expert écologique ayant 20 ans d’expériences, souligne aussi que les barrages hydroélectriques au Laos et au Cambodge sont une menace pour l’écosystème du delta du Mékong, car ils forment des murs empêchant l’arrivée de poissons blancs en aval.

Face à cette situation,  le Parc national de Tràm Chim a proposé des solutions concrètes. La priorité sera donnée au développement des prairies de nan,  nourriture principale des grues. La réduction des épaisses couches de végétation dans le parc va permettre de limiter les risques d’incendies et de faciliter la recherche de nourriture par les oiseaux.

En 2018, le Comité populaire provincial de Dông Thap a envoyé une mission en Thaïlande pour étudier son projet de conservation des grues. En effet, depuis 1990, pour les sauver de l’extinction, le gouvernement thaïlandais a coopéré avec la Fondation internationale de la grue (International Crane Foundation - ICF) pour réaliser un programme d’élevage en cage de grues originaires du Cambodge. En 2017, ils ont réussi à en relâcher dans la nature. -CVN/VNA

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