L’eau douce, la nouvelle quête de Hô Chi Minh-Ville

Avec l’élévation du niveau de la mer, la salinisation des rivières, et l’affaissement des sols à cause des extractions souterraines non contrôlées, la qualité des eaux à HCM-V s’est détériorée.
L’eau douce, la nouvelle quête de Hô Chi Minh-Ville ảnh 1Station d’approvisionnement en eau potable dans le district de Cu Chi, Hô Chi Minh-Ville. Photo : Thanh Vu/ VNA

Ho Chi Minh-Ville (VNA) - Avec l’élévation du niveau de la mer, la salinisation des rivières, et l’affaissement des sols à cause des extractions souterraines non contrôlées, la qualité des eaux à Hô Chi Minh-Ville s’est sérieusement détériorée. La construction de réservoirs (d’eau douce) est devenue une urgence.

Actuellement,  90% du volume de l’eau brute et passée par l’usine de traitement de Hô Chi Minh-Ville provient principalement des rivières Saigon et Dông Nai. Lors de la saison des pluies, les eaux de cette dernière se trouvent contaminées par des polluants organiques et microbiens, baissant dès lors en qualité tant en amont qu’en aval. En période de saison sèche, la salinisation des sources influence négativement la production d’eau pour le robinet.

Pas assez d’eau pour la désalinisation

Paradoxalement, pour s’attaquer à la désalinisation, la ville doit utiliser l’eau du lac d’irrigation Dâu Tiêng. Pourtant, il sert à d’autres missions, notamment celles d’assurer l’approvisionnement de l’usine hydro-électrique de Dâu Tiêng et d’irriguer les terres agricoles.

En conséquence, son volume d’eau ne peut pas assurer une totale désalinisation, et la production d’eau douce est sujette ainsi à des difficultés. Bùi Thanh Giang, vice-directeur général de la Compagnie générale d’approvisionnement en eau de Saigon (SAWACO), a remarqué : «Actuellement, le niveau  des rivières, y compris de Dông Nai et de Saigon, est en baisse. De plus, les réservoirs n’utilisent qu’entre 60 à 70% de leur capacité. Les ressources en eau versées dans ces lacs sont insuffisantes. Ces facteurs entraînent des difficultés dans le traitement de l’eau et des dépenses énergétiques élevées. Parfois, nous devons stopper les machines pendant quelques heures pour attendre la diminution du taux de salinité».

Selon la stratégie globale de SAWACO, les usines de traitement d’eau potable continueront à puiser dans les mêmes sources, dont celles de  Dông Nai et de Saigon, mais aussi du Canal Dông. Parallèlement, elles exploiteront directement l’eau des réservoirs de Tri An, Dâu Tiêng et Phuoc Hoà pour servir la production en eau potable.  La compagnie générale élaborera la relocalisation des points de captage d’eau sur les rivières Dông Nai et Saigon. À l’avenir, Hô Chi Minh-Ville collaborera avec les Pays-Bas pour construire des  réservoirs.

Rik Direx, directeur du projet «Changement climatique et approvisionnement en eau pour le delta du Mékong et Hô Chi Minh-Ville», a souligné : «Quand on parle de solutions, on insiste notamment sur la construction des réservoirs d’eau. Mais la plus grande difficulté de la ville est le manque de fonds foncier. C’est pourquoi, il faut construire un lac-réservoir qui répond à plusieurs objectifs.  Il doit être à la fois un réservoir d’eau, un lieu de conservation de la nature, un outil pour parer aux inondations, une zone de divertissement et, enfin, un site  d’approvisionnement en eau».

Installations multitâches

Le réservoir d’eau brute permet de répondre à la demande dans le cas où la qualité de la rivière Saigon ne satisferait pas aux normes fixées. En conséquence, les experts ont suggéré quatre types de construction pour l’eau brute : des réservoirs pour un jour; des réservoirs pour plusieurs jours; des réservoirs multifonctionnels et, enfin, l’installation de canalisations pour le transport de l’eau brute issue du lac de Dâu Tiêng. Ceux-ci sont considérés comme des solutions réalisables pour assurer l’approvisionnement en eau douce de la ville.

À long terme, pour résoudre le problème, il faut construire des ouvrages associés à d’autres afin d’augmenter le volume d’eau des réservoirs et des canalisations, voire des sources souterraines, explique Lê Anh Tuân, professeur agrégé en hydrologie. «Par ailleurs, il faut développer des projets liés à la protection des ressources des rivières Dông Nai et Saigon. Nous devrions limiter les industries polluantes et les déchets chimiques déversés dans ces rivières. En outre, nous transformerons les terrains abandonnés en réservoirs pour produire de l’eau potable et irriguer les cultures citadines».

Selon les experts, afin d’assurer l’approvisionnement en eau douce, les sources d’eau souterraines doivent être contrôlées sérieusement. Ils jugent également «nécessaire» d’effectuer des études supplémentaires sur le niveau de stockage de l’eau de pluie.

La mise en place de ces initiatives, combinée avec la recherche de nouvelles solutions, doit constituer une des priorités du moment. En effet, il faudra répondre aux besoins vitaux de près de 10 millions de personnes, et assurer le développement durable de Hô Chi Minh-Ville.-CVN/VNA

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