Hanoi (VNA) –  De plus en plus de jeunes adultes contractent la «maladie du siècle», ce qui contribue notamment à faire diminuer la moyenne d’âge des personnes infectées. Une situation alarmante.
 
Une personne contaminée par le VIH demande des renseignements dans un établissement de santé. Photo : VNA
 
Selon le Département de prévention et de lutte contre le VIH/sida, près de 210.000 personnes sont porteuses du VIH dans l’ensemble du pays. Depuis le début de l’épidémie, le Vietnam a recensé 90.882 décès. Depuis le début de cette année, le Vietnam a recensé plus de 3.500 personnes contaminées et près de 650 décès dus à cette maladie. Chaque année, le pays dépiste environ 10.000 nouveaux cas de VIH.  

Plusieurs provinces ont connu une hausse du nombre de cas par rapport à la même période de l’année 2016, notamment Hanoï, Yên Bai, Phu Tho (Nord), Tây Ninh, Tiên Giang, Kiên Giang et Hô Chi Minh-Ville (Sud). Au cours des cinq premiers mois de cette année, Hanoï et Hô Chi Minh-Ville ont concentré 25% des nouveaux cas de VIH du pays. À Hanoï, 311 nouveaux séropositifs ont été enregistrés, soit 61 de plus en un an. À Hô Chi Minh-Ville, 572 nouveaux cas ( 25).

Relations extraconjugales non protégées

La transmission du VIH par voie sexuelle reste le principal moyen de contamination. Dans de nombreuses localités du delta du Mékong, elle occupe plus de 80% des nouveaux cas. Selon les cadres chargés de la prévention et de la lutte contre le VIH/sida, le taux d’utilisation d’un préservatif parmi les prostituées et leurs clients a fortement baissé, tandis que le taux d’infection chez les homosexuels masculins a augmenté rapidement.
M.T.V.C (38 ans, domicilié dans le district de Binh Dai, province méridionale de Bên Tre) a été contaminé il y a quelques années après des relations non protégées avec des prostituées. Il a découvert l’infection alors qu’il était hospitalisé après un accident de la circulation. Il a alors commencé un traitement par les antirétroviraux (ARV).

D’après la docteure Lê Thi Kim Thoa, directrice du Centre de prévention et de lutte contre le VIH/sida de Bên Tre, la contamination par voie sexuelle occupe près de 85% des nouveaux cas dans cette province, en liaison avec la prostitution notamment.

Les jeunes adultes de plus en plus concernés

Depuis l’apparition de l’épidémie jusqu’à ce jour, la province de Bên Tre a recensé 2.467 personnes contaminées dont 1.521 sidéens. Plus de 935 personnes sont décédées du Sida. Et en 2017, 96 nouveaux cas ont été recensés dans toute la province. Bên Tre compte 161 de ses 164 communes et quartiers ayant des personnes contaminées.
 
La contamination par le VIH chez les jeunes est principalement due à un manque de connaissances. Photo : VNA

Selon le Centre de prévention et de lutte contre le VIH/sida de Cân Tho (Sud), fin août 2017, la ville avait dépisté 5.887 personnes contaminées, dont 3.553 encore en vie, avec parmi ces dernières 2.423 traitées par les ARV. Point notable, les personnes contaminées dans la tranche d’âge 15-49 ans sont de plus en plus nombreuses. Cân Tho recense 24,3% des nouveaux cas parmi les 16-25 ans. À Bên Tre, 97% des personnes contaminées ont entre 15 et 49 ans.

À Cân Tho, le taux de contamination chez les jeunes augmente de plus en plus, notamment parmi les homosexuels masculins. Pourtant, la plupart des membres de ce groupe ont des niveaux d’étude plus élevés que la moyenne. Ce changement de perception concernant les comportements sexuels est déplorable, notamment parce que le VIH/sida représente une infection grave qu’il est possible de prévenir, comparativement au cancer. Pour les plus jeunes, le VIH, c’est une «maladie de vieux». Ils n’ont pas été élevés lorsque le dossier était très médiatisé.

«Les fonds d’aide étrangers pour le programme de prévention et de lutte contre le VIH/sida ont diminué notablement. Actuellement, l’utilisation du préservatif, la pratique du sécurisexe , les campagnes de communication sur le VIH sont en recul. Tout cela concourt à l’augmentation des risques de contamination», a indiqué Nguyên Danh Lam, directeur adjoint du Centre de prévention et de lutte contre le VIH/sida de la ville de Cân Tho.

Rappelons que le sécurisexe ou sexe sans risque (SSR) est un mode de relations sexuelles qui minimise les risques de contracter une infection sexuellement transmissible.

Pour diminuer le nombre de nouveaux cas 

La contamination par le VIH chez les jeunes est principalement due à un manque de connaissances. Seulement 40-50% des jeunes auraient en effet des connaissances correctes en matière de transmission du virus.

C’est pourquoi, le Département de prévention et de lutte contre le VIH/sida devra continuer de renforcer les activités de sensibilisation ciblant les jeunes, et ce dès le primaire, en  coordination étroite avec le ministère de l’Éducation et de la Formation. Il faudra notamment leur apprendre à vivre autrement leur sexualité et à intégrer le sécurisexe dans leurs pratiques.

Sans oublier de poursuivre les campagnes auprès des groupes à risque tels que prostituées et drogués utilisant des seringues à injection intraveineuse. Il faudra aussi que les campagnes de prévention soient aussi imposantes que celles contre le tabagisme ou l’alcool au volant, par exemple. – CVN/VNA