Hanoi (VNA) – Avec un produit intérieur brut en progression de 7,08% en 2018, le Vietnam a enregistré sa plus forte croissance depuis 11 ans. Les perspectives économiques s’annoncent bonnes pour 2019. Avis de dirigeants et d’experts.

Stabiliser la macroéconomie

- Le vice-Premier ministre Vuong Dinh Huê

Le vice-Premier ministre Vuong Dinh Huê. Photo: VNA

En 2019 et 2020, l’économie nationale continuerait à enregistrer des résultats positifs, surtout concernant la stabilisation de la macroéconomie et de l’environnement des affaires.

Selon une résolution concernant le développement socio-économique de 2019, l’objectif de croissance économique est de 6,6% à 6,8%; pour les exportations, une hausse d’environ 7-8% par rapport à 2018; pour l’indice des prix à la consommation, entre 4% et 5%; le total des investissements au service du développement social devrait atteindre 34% du Produit intérieur brut (PIB).

Le gouvernement a demandé aux ministères et services concernés de se pencher également sur les difficultés, notamment la fluctuation des prix des carburants et des marchandises dans le monde, les tensions commerciales entre les géants économiques, le protectionnisme… Ce qui continuera à créer des pressions sur la direction des politiques monétaires, surtout au niveau des taux de change et d’intérêt ainsi que de l’inflation.

Cette année, le pays devrait assurer ses engagements internationaux, notamment s’agissant de l’ouverture et de l’intégration à l’économie mondiale. Ces situations créeront à la fois des opportunités et des défis.

L’économie vietnamienne pourrait atteindre une croissance de 6,6% à 6,8% en 2019. Photo: VNA

Le gouvernement continuera également à consolider les bases de la macroéconomie, à améliorer l’environnement des affaires et à réorganiser la structure économique.

Le développement des marchés financier et boursier, les obligations gouvernementales, l’actionnarisation des entreprises publiques et le retrait des capitaux publics des entreprises étatiques constitueront les priorités en 2019.

Cette année, le gouvernement devrait accélérer la construction d’infrastructures de pointe au service du développement socio-économique national. L’autoroute Nord-Sud et l’aéroport international de Long Thành (province de Dông Nai, Sud) en sont de bons exemples.

En ce qui concerne l’industrie auxiliaire, le gouvernement privilégiera la construction automobile, l’électronique, le textile-habillement, la maroquinerie et le secteur de la chaussure.
 
Renforcer le Renouveau

- Lê Dinh Ân, ancien directeur du Centre national d’informations et de prévisions économiques

Lê Dinh Ân, ancien directeur du Centre national d’informations et de prévisions économiques. Photo: CVN

En 2019, l’économie vietnamienne maintiendra sa croissance grâce à l’accélération de la réforme administrative et de celle de l’environnement de l’investissement.

Avec les accords commerciaux signés, nous devrions changer de pensée en termes de management macroéconomique et d’entreprises. Lors de la 6e session de l’Assemblée nationale de la XIVe législature, l’Accord de partenariat transpacifique global et progressiste (CPTPP) a été ratifié, permettant de stimuler le milieu des entrepreneurs. En outre, l’entrée en vigueur d’accords commerciaux aidera le pays à diversifier ses importations.

Par ailleurs, le Vietnam devrait s’intéresser davantage à l’innovation et au renouvellement ainsi que profiter des acquis de la 4e révolution industrielle.

D’après les prévisions d’institutions financières internationales telles que la Banque mondiale et la Banque asiatique de développement, en 2019, le pays pourrait atteindre une croissance d’environ 6,8%.
 
Relever les défis

- Dinh Thê Hiên, expert en économie et finances

Dinh Thê Hiên, expert en économie et finances. Photo: CVN

L’année 2019 pourrait voir des fluctuations mondiales imprévues, surtout celles du prix du pétrole brut. Sans compter les guerres commerciales entre grandes économies.

Dans le pays, les difficultés de l’année dernière pourraient se poursuivre. Le secteur à participation étrangère, dont les compagnies multinationales comme Samsung et Formosa, jouera un rôle majeur dans l’économie nationale. Les exportations de ce secteur occupent 72% du total.

La réorganisation économique et l’actionnarisation des entreprises publiques demeurent lentes. Les compagnies privées et les PME se heurtent à des difficultés en termes d’emprunts de capitaux et de questions foncières.

Le gouvernement devrait favoriser davantage les entreprises en simplifiant les formalités administratives, créant une concurrence égale entre les secteurs économiques et accélérant la reconversion des entreprises publiques. Améliorer la capacité de production et amener la croissance durable chez les entreprises sont les premières urgences. – CVN/VNA