Tokyo (VNA) – Le Vietnam ne se contente plus de «tenir un rôle d’équilibriste» entre les grandes puissances, mais s’oriente désormais vers celui de «partenaire facilitateur» et de «centre connecteur» régional, a déclaré le professeur Shimizu Masaki de l’Université d’Osaka.
Si le 13e Congrès national du Parti communiste du Vietnam (PCV) se caractérisait par un «esprit d’initiative» et une vision à long terme jusqu’en 2045, les projets de documents loi du 14e Congrès national du PCV reflète un «détachement» et un plus grand sentiment d’urgence, a-t-il noté dans un entretien à l’Agence vietnamienne d’information (VNA) au Japon à la veille du 14e Congrès national du PCV.
Dans l’orientation du développement socio-économique, la pensée sur la croissance a également évolué de manière significative, passant de la priorité à l’accélération de la croissance à l’importance accordée à la qualité, dont le perfectionnement des institutions pour éliminer les goulots d’étranglement est considérée comme une percée pour libérer les ressources de développement, a-t-il observé.
Constatant que les projets de documents mettent davantage l’accent sur des thèmes tels que l’innovation, l’économie verte et la transformation numérique, il a souligné que cela reflète la prise de conscience croissante du Vietnam quant au risque de tomber dans le piège du revenu intermédiaire, ainsi que sa détermination à faire évoluer son modèle de croissance.
Selon le professeur Shimizu Masaki, dans ce nouveau modèle de développement, l’avantage concurrentiel du Vietnam ne repose plus uniquement sur une main-d’œuvre bon marché ou sur les ressources naturelles, mais plutôt sur le «capital intellectuel» et les «données» en tant que ressources stratégiques.
Cette approche, si elle est mise en œuvre efficacement, permettra au Vietnam de s’intégrer plus profondément dans les chaînes de valeur mondiales, au lieu de se limiter à la transformation. Cependant, le principal défi réside dans la capacité et la rapidité de développer un vivier de ressources humaines de haute qualité, capable de répondre aux besoins changeants de l’économie, a-t-il estimé.
Le maintien de son indépendance et de son autonomie dans le contexte géopolitique complexe actuel témoigne de la volonté du Vietnam d’affirmer son rôle de membre responsable et de pont fiable pour la paix et la stabilité en Asie du Sud-Est, a-t-il souligné.
Évaluant les perspectives de coopération entre le Vietnam et le Japon dans la période à venir, notamment compte tenu de l’intensification de l’intégration internationale du Vietnam, il a indiqué que les relations bilatérales entraient dans une phase de «coopération et de co-création substantielles» sur la base de leur partenariat stratégique global.
Le professeur Shimizu Masaki a noté que le Japon possède des atouts en matière de technologies de base et d’expérience de gestion, tandis que le Vietnam dispose d’un marché dynamique et d’une forte volonté de transformation.
Dans des domaines tels que la transformation numérique et les technologies vertes, le Japon peut apporter son soutien au Vietnam en matière de développement des infrastructures et de normes. En particulier, la coopération en matière de développement des ressources humaines doit être renforcée afin de former des ingénieurs et des experts de haut niveau, au lieu de se concentrer uniquement sur les programmes de formation de stagiaires qualifiés comme auparavant.
D’après le professeur, le Vietnam et le Japon peuvent collaborer pour relever des défis communs tels que la sécurité énergétique et le vieillissement de la population, et ainsi créer un modèle de coopération exemplaire dans la région. – VNA