Hanoi (VNA) – Malgré les fluctuations économiques mondiales, le secteur des produits aquatiques a enregistré des résultats positifs en 2025, avec une production de près de 9,95 millions de tonnes et des exportations générant plus de 11 milliards de dollars américains.
Cette performance témoigne d’une gestion efficace et d’une réorientation stratégique vers un développement durable et à forte valeur ajoutée.
Défis multiples
En 2025, le secteur a dû faire face à la hausse des coûts des intrants, à la lenteur de la reprise des marchés, à l’intensification de la concurrence mondiale et au durcissement des exigences à l’importation en matière de traçabilité, de normes environnementales et de durabilité sur les principaux marchés.
Bien que le secteur bénéficie d’accords de libre-échange tels que l’EVFTA, le CPTPP et l’UKVFTA, il est confronté à des défis à long terme, notamment l’avertissement par carton jaune de l’Union européenne concernant la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN) et le renforcement des normes sur les principaux marchés d’exportation.
Malgré ces difficultés, le secteur a maintenu une croissance soutenue, produisant 9,95 millions de tonnes en 2025, soit une hausse de 3 % par rapport à l’année précédente, dépassant ainsi les objectifs. La production aquacole a atteint 6,1 millions de tonnes, en progression de 5,1 % par rapport à l’année précédente. Les recettes d’exportation ont dépassé 11 milliards de dollars américains, soit 7,8 % de plus que l’objectif de 10,5 milliards de dollars américains et 12,7 % de plus qu’en 2024.
Les principaux marchés d’exportation étaient Hong Kong et la Chine (2,22 milliards de dollars américains), les États-Unis (1,68 milliard de dollars américains), le Japon (1,56 milliard de dollars américains), l’Union européenne (1,03 milliard de dollars américains) et la République de Corée (0,78 milliard de dollars américains).
Réorientation stratégique vers une croissance à valeur ajoutée
Le vice-ministre de l’Agriculture et de l’Environnement, Phung Duc Tiên, a souligné que le secteur ne peut plus se concentrer uniquement sur l’expansion. La priorité est de réorganiser la production, d’améliorer la qualité, de réduire les coûts et de renforcer la compétitivité, notamment grâce à la science et la technologie, à la normalisation des zones d’élevage et à un contrôle rigoureux de la chaîne d’approvisionnement.
« Passer d’une logique de production à une approche axée sur l’économie, et d’une croissance à valeur unique à une croissance intégrée à valeur multiple, est essentiel au développement durable », a-t-il déclaré.
En 2025, le secteur a poursuivi la mise en œuvre de stratégies visant à relier la production aux marchés, à développer les marques et à accroître la valeur des produits. Parmi les principales initiatives figuraient les réformes réglementaires, la mise à jour de la législation sur la pêche, l’élargissement du nombre de codes d’exploitation, la promotion des certifications VietGAP et biologiques, ainsi que le renforcement de la gestion des géniteurs, de l’alimentation, de la lutte contre les maladies et de la sécurité sanitaire des aliments en aquaculture.
Transformation réglementaire et numérique
Trân Dinh Luân, directeur du Département des produits aquatiques et de la surveillance des pêches, a décrit 2025 comme une année charnière pour l’amélioration de la réglementation, la planification et la transformation numérique. Les lois et les plans de développement relatifs à l’aquaculture, à la pêche de capture et à la transformation des produits aquatiques ont été revus et mis à jour afin de créer un cadre juridique cohérent.
L’extension des codes d’exploitation, de la traçabilité et des certifications telles que VietGAP, ASC et les normes biologiques est désormais obligatoire. Ces certifications servent à la fois de « passeports » à l’exportation et d’outils de gestion pour garantir la qualité, la protection de l’environnement et l’utilisation durable des ressources.
Parallèlement, la lutte contre la pêche INN, la gestion des navires de pêche et des ports, la surveillance des pêches et la coopération internationale demeurent des priorités essentielles. Ces mesures témoignent de l’engagement politique fort du Vietnam à répondre à l’avertissement de l’UE et à approfondir son intégration aux chaînes de valeur mondiales.
Do Thi Phuong Thao, directrice de la chaîne d’approvisionnement de Lenger Vietnam, souligne qu’à la pointe du marché, si les politiques gouvernementales vont dans le bon sens, les entreprises doivent impérativement rehausser leurs normes. Le secteur des palourdes et des coquillages bénéficie de conditions naturelles favorables et d’une qualité de produit élevée.
Les accords de libre-échange comme l’EVFTA et le CPTPP offrent des avantages tarifaires et d’accès aux marchés, mais les exigences strictes de l’UE, des États-Unis et du Japon en matière de traçabilité, de normes environnementales et de durabilité demeurent des défis majeurs.
« Pour Lenger, le respect des normes internationales est non seulement une condition sine qua non pour l’exportation, mais aussi le fondement du développement de la marque sur le long terme », affirme Mme Thao.
Durabilité et chaînes de valeur
Que ce soit au niveau de la gestion publique ou des opérations commerciales, le développement du secteur de la pêche privilégie de plus en plus les chaînes de valeur, la qualité et la responsabilité plutôt que le seul volume de production. Grâce à des politiques favorables, les entreprises rehaussent leurs normes et adaptent leur production à la demande du marché, jetant ainsi les bases d’une croissance durable et d’une position mondiale renforcée.
Pour 2026, le Département des produits aquatiques et de la surveillance des pêches considèrent les réalisations de 2025 comme un socle essentiel pour le développement futur.
L’accent est mis sur l’amélioration de la qualité de la croissance, la promotion d’une aquaculture durable, la gestion efficace des pêches de capture, la protection des ressources marines, l’accélération de la transformation numérique et l’approfondissement de l’intégration internationale. Ces mesures sont indispensables pour renforcer la compétitivité du Vietnam et sa position sur le marché mondial des produits aquatiques. – VNA
Le secteur vietnamien des fruits et légumes franchit un nouveau cap à l’export
En 2025, le secteur vietnamien des fruits et légumes a franchi un nouveau cap historique à l’exportation. Malgré des exigences techniques de plus en plus strictes sur les marchés internationaux, cette dynamique ouvre des perspectives ambitieuses vers l’objectif de 10 milliards de dollars de chiffre d’affaires dans les années à venir.