Le Président Hô Chi Minh et les intellectuels

La Révolution d’Août 1945 a mis fin à 80 ans de domination coloniale.


Ho Chi Minh-Ville (VNA) - La Révolution d’Août 1945 a mis fin à 80 ans de domination coloniale. L’une des causes de sa réussite réside dans le fait que dès la proclamation de l’indépendance du Vietnam, Hô Chi Minh s’est assuré la confiance absolue et le concours dévoué d’éminents intellectuels du pays.

Le Président Hô Chi Minh et les intellectuels ảnh 1Le Président Hô Chi Minh (1er plan, droite) s’entretient avec des délégués intellectuels participant à la Conférence de politique particulière organisée en mars 1964 à Hanoï. Photo : Archives/CVN

Cette adhésion enthousiaste n’a cessé de s’affirmer et de s’amplifier au fil des deux guerres nationales, marquant plusieurs générations successives.

Lors de ses premières années politiques en France, à la fin de la Première Guerre mondiale, le jeune Hô (alias Nguyên Ái Quôc) est soutenu par le lettré exilé Phan Châu Trinh, confucéen moderniste, ami de son père, l’avocat Phan Van Truong avec qui il a rédigé les Revendications du peuple annamite (envoyées à la Conférence internationale de Versailles en 1919), l’ingénieur Nguyên Thê Truyên qui a collaboré à son Procès de la colonisation française.

Tapis rouge pour les intellectuels

Plus de deux décennies après, au Congrès national du peuple à Tân Trào, le 16 août 1945, organisé par le Viêt Minh (Front de l’indépendance du Vietnam), Hô Chi Minh s’est entouré d’intellectuels de taille : Vo Nguyên Giáp (professeur), Pham Van Dông (publiciste), Trân Huy Liêu (journaliste), Duong Duc Hiên (juriste), Vu Dình Hòe (juriste), Huy Cân (poète), Hoàng Van Duc (ingénieur agronome), Hoàng Dao Thúy (leader scout)... Son premier gouvernement, créé le 24 août, comprend sept intellectuels sur dix membres, entre autres Nguyên Dình Thi (écrivain), Pham Ngoc Thach (docteur en médecine), Nguyên Huu Dang (journaliste), sans parler de cinq autres déjà cités dans la liste du Congrès national.

Depuis la Proclamation d’indépendance (2 septembre 1945), Hô Chi Minh a réussi à rallier des personnalités intellectuelles de tout âge et de tendances différentes dans son front national : vieille génération de lettrés (Huynh Thúc Kháng né en 1875, publiciste, ministre de l’Intérieur ; Nguyên Van Tô né en 1889, érudit, président de la première Assemblée nationale) ; - d’anciens mandarins de Bao Dai (dernier empereur du Vietnam, 1932-1945), tels le délégué impérial au Nord, Phan Kê Toai, devenu vice-président ; Bùi Dang Doàn né 1886, devenu président de l’Assemblée nationale ; Pham Khac Hòe, secrétaire particulier de Bao Dai... ; - universitaires de retour de France (Nguyên Van Huyên, membre de l’École française d’Extrême-Orient, le philosophe Trân Duc Thao, l’écrivain francophone Nguyên Khac Viên, le professeur Nguyên Manh Tuong, les mathématiciens Ta Quang Buu, Lê Van Thiêm, Nguyên Xiên...) ; - médecins (les chirurgiens Hô Dac Di et Tôn Thât Tùng) ; - érudits (Duong Quang Hàm et Dào Duy Anh) ; - écrivains et artistes célèbres... La liste n’en finit plus. L’érudit Hoàng Xuân Han, résidant à Paris jusqu’à sa mort, avait prédit que par-dessus les controverses, Hô Chi Minh resterait dans l’histoire comme le libérateur du pays.

Comment expliquer l’ascendant exercé par Hô Chi Minh, dont le nom était inconnu au début de la Révolution de 1945 ? C’est qu’on avait découvert rapidement que Hô Chi Minh n’était autre que Nguyên Ái Quôc (Nguyên le patriote) dont le mythe s’était créé dès les années 1920 et 1930, mythe du militant révolutionnaire «sans peur et sans reproche», mué bientôt en Père de la Nation, Libérateur du peuple, Oncle Hô des enfants.

Suivre l’exemple de Hô Chi Minh

Si étrange que cela puisse paraître, Hô Chi Minh, imperméable au culte de la personnalité, a été l’objet d’un culte, plutôt raisonné et quelque peu sentimental même de la part des intellectuels de formation occidentale. Citons, entre autres, le cas du docteur Hô Dac Di, son cadet de dix ans. Issu de l’aristocratie royale, ce duc très doué avait passé treize ans à Paris où il avait fait de brillantes études de médecine. Il a rallié Hô Chi Minh dès la première heure, abandonnant le confort des villes pour le suivre dans le maquis. Il a organisé l’enseignement supérieur, en particulier la médecine, pendant la résistance.

Le journal tenu par le Dr Hô Dac Di en français – il s’exprimait plus facilement en français – contient des pages émouvantes sur l’évolution de cette âme généreuse.

À son retour de France, le spectacle d’un misérable hôpital pour le bas peuple de Hanoï a aiguisé sa conscience de colonisé : «Le malheur m’ouvrit les yeux et ce que j’avais seulement entrevu devint une réalité tangible, je n’étais que le citoyen d’un pays conquis».

En 1947, lors de l’inauguration de l’École supérieure de médecine dans le maquis du Viêt Bac, le directeur Hô Dac Di a prononcé un vibrant discours en français, appelant les étudiants à servir le pays à l’exemple de Hô Chi Minh : ... «Au cadran de l’Histoire, l’heure de la délivrance a sonné. Elle bat le rassemblement de toutes les énergies pour accomplir cet effort suprême et décisif qui doit nous ramener la liberté et l’indépendance... Où puiser, Messieurs, les raisons d’espérer, sinon dans le spectacle réconfortant que nous offrent la vie et l’œuvre de cette jeunesse prête à tous les sacrifices, dont vous êtes les dignes représentants, qui a pour devise : Honneur et Patrie, et où trouver les motifs de confiance, sinon dans l’observation encourageante que nous procure la vie de cet homme qui est faite d’abnégation totale et de sacrifices pendant près d’un demi-siècle, de cet homme qui a un destin hors série et qui est en train de conduire notre orchestre».

Cet homme que le Dr Hô Dac Di n’avait pas besoin de nommer, c’est Hô Chi Minh. -CVN/VNA

Voir plus

L'envoyé spécial du chef du Parti vietnamien rencontre le plus haut dirigeant chinois

L'envoyé spécial du chef du Parti vietnamien rencontre le plus haut dirigeant chinois

Le secrétaire général du Comité central du Parti communiste chinois et président de la Chine, Xi Jinping, a affirmé que la Chine attachait une grande importance au développement de ses relations d'amitié avec le Vietnam et en faisait une priorité, et s'est dit prêt à maintenir des échanges stratégiques réguliers avec le secrétaire général du Parti, To Lam.

Le département du développement du ministère de la Défense du Royaume du Cambodge offre des cadeaux aux forces armées de la 9e région militaire à l'occasion du Nouvel An lunaire. (Photo : VNA)

Consolidation des liens militaires entre le Vietnam et le Cambodge

Le général de brigade Nguyen Minh Trieu, commandant adjoint de la 9e zone militaire a reçu le 4 février à Can Tho une délégation du Département du développement du ministère cambodgien de la Défense, conduite par son directeur, le lieutenant-général Ouk Hoeunpisey, venue présenter ses vœux à l'occasion du Nouvel An lunaire (Têt) de l'Année du Cheval 2026.

L’ambassadrice du Laos au Vietnam, Khamphao Ernthavanh. Photo: VNA

Un nouvel élan pour les relations Vietnam–Laos

La visite d'État prochaine au Laos du secrétaire général du Comité central du Parti communiste du Vietnam (PCV), To Lam, souligne le plus haut niveau de confiance politique, la solidarité particulière et l'étroite coordination entre les deux Partis et les deux pays.

Le secrétaire général du Parti communiste du Vietnam, Tô Lâm (droite), et le secrétaire général du Comité central du Parti populaire révolutionnaire lao (PPRL) et président lao, Thongloun Sisoulith. Photo: VNA

Réaffirmer la cohésion stratégique entre le Vietnam et le Laos

À l’invitation du dirigeant lao Thongloun Sisoulith, le secrétaire général du Parti communiste du Vietnam, Tô Lâm, effectuera le 5 février 2026 une visite d’État au Laos, première visite à l’étranger d’un haut dirigeant vietnamien en 2026, illustrant le niveau élevé de confiance politique et ouvrant de nouvelles perspectives pour approfondir la coopération globale et stratégique entre les deux pays.

La vice-ministre de l'Intérieur, Nguyen Thi Ha, défend le 9e rapport national sur la mise en œuvre de la CEDAW. Photo : VNA

Le Vietnam réaffirme son engagement stratégique lors de la session de dialogue avec le Comité CEDAW

La vice-ministre des Affaires intérieures Nguyen Thi Ha, à la tête d'une délégation intersectorielle vietnamienne, a défendu avec succès le neuvième rapport national sur la mise en œuvre de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW), lors de la 92ᵉ session du Comité CEDAW le 3 février 2026, au siège des Nations unies à Genève.

L'ambassadeur du Vietnam au Laos, Nguyen Minh Tam (à droite), reçoit Bounleua ​​Phandanouvong, membre du Comité central et chef de la Commission des relations extérieures du Comité central du Laos. Photo : VNA

Vietnam – Laos : une relation spéciale réaffirmée à l’occasion des 96 ans du PCV

Des membres du Comité central du Parti populaire révolutionnaire lao (PPRL), des responsables de commissions centrales, ainsi que des représentants de divers ministères et organisations de masse, sont venus les 2 et 3 février au siège de l'ambassade du Vietnam au Laos pour féliciter le 96e anniversaire de la fondation du Parti communiste du Vietnam. 

Le secrétaire général du Parti, To Lam, et le président de la Chambre des représentants jordanienne, Mazen Turki El Qadi. Photo : VNA

Le leader du Parti plaide pour un renforcement des liens entre le Vietnam et la Jordanie

Le Vietnam et la Jordanie doivent continuer à renforcer leurs relations bilatérales et la confiance politique, s'efforcer de devenir des partenaires de confiance l'un pour l'autre, mettre en œuvre efficacement les accords existants et développer leur coopération en matière de défense et de sécurité, de développement économique et de croissance durable.