Le photographe Réhahn aspire à convier les ethnies du Vietnam

Le photographe français Réhahn aspire à convier les ethnies du Vietnam

Après les succès des festivals des Co Tu à Hôi An, le photographe français Réhahn a l’intention d’organiser dans cette vieille ville un grand festival traditionnel réunissant les 54 ethnies du Vietnam.
Quang Nam (VNA) – Après les succès des festivals des Co Tu à Hôi An, le photographe français Réhahn, auteur notamment du cliché "Sourire caché", a l’intention d’organiser dans cette vieille ville un grand festival traditionnel réunissant les 54 ethnies du Vietnam.
Le photographe français Réhahn aspire à convier les ethnies du Vietnam ảnh 1Le musée-galerie de Réhahn s’est rapidement imposé comme une adresse culturelle incontournable à Hôi An. Photo : HM/CVN

Réputé pour ses portraits de gens ordinaires au Vietnam, à Cuba et en Inde, Réhahn est un photographe normand (France). Mais depuis 2011, il vit à Hôi An, dans la province de Quang Nam. Désormais, il arpente les régions montagneuses de cette province du Centre où de nombreux Co Tu résident. «Leur musique, leurs costumes, leurs nombreux objets artisanaux traditionnels… restent bien préservés», a-t-il estimé.

Le 1er janvier, Réhahn a inauguré, dans cette vieille ville, son musée-galerie sis 26, rue Phan Bôi Châu, où sont exposés plus de 200 clichés du Vietnam, une trentaine de costumes ethniques et de nombreux objets d’ethnies minoritaires des trois régions du pays.

Une beauté culturelle à préserver

«J’avais l’impression que les gens - touristes et vietnamiens - étaient  heureux et émus de voir cette beauté culturelle. Je crois que c’était un grand pas pour la préservation des cultures ethniques du Vietnam», a expliqué Réhann. Le plus important pour lui est, en fait, la manière dont les Co Tu ont ressenti cette initiative. «Ils ont tous visité le musée pour la première fois. Il était surréaliste et écrasant pour moi de les voir errer dans les différentes pièces, en lisant l’histoire de leur groupe, en découvrant les costumes en écorce de leurs ancêtres, mais aussi en s’intéressant à la culture d’autres tribus ».

Les Co Tu ont visité son musée, donc on a eu le temps de les interviewer et de voir leur visage et leurs expressions du début à la fin de l’événement. «Ils sont de nature joyeuse et ils ont été surpris de voir autant d’engouement envers leur culture». Les touristes, quant à eux, ont adoré et suivi le mouvement. «Ils ont posé plein de questions pour savoir comment leur rendre visite dans leurs villages», a-t-il raconté.

Des «Soirées culturelles» très suivies
Le photographe français Réhahn aspire à convier les ethnies du Vietnam ảnh 2Des Co Tu lors d’un festival qui leur était dédié à Hôi An (Centre). Photo : CVN

Alang Xung, une Co Tu venue du district de Nam Giang, province centrale de Quang Nam, a partagé : «C’est la première fois que je vois beaucoup de vêtements de minorités ethniques du Vietnam dans un musée. Je voudrais y aller avec mes enfants pour qu’ils puissent mieux comprendre notre pays».

Une autre Co Tu, Zo Ram Nghênh, aussi de Nam Giang, était «heureuse et fière» de voir les images, miniatures de maisons, costumes en écorce et instruments agricoles de son ethnie exposés dans le musée de Réhahn.

Les «Soirées culturelles des Co Tu» se sont déroulées les 9 juin, 8 juillet et 6 août. Une première à Hôi An. Coorganisées par le Service de la culture, des sports et du tourisme de Quang Nam, l’organisation japonaise FIDR et bien entendu le photographe Réhahn et la ville de Hôi An, ces manifestations visaient à promouvoir la riche et originale culture de cette ethnie minoritaire.

La ville de Hôi An et la province de Quang Nam ont facilité le déroulement de ces festivals, et l’hôtel Anantara a fourni chambres et repas pour les trois événements. La FIDR a également été un partenaire précieux. «En effet, depuis plusieurs années, ils aident les Co Tu à préserver leur culture et les forment pour accueillir les touristes», a assuré le photographe.

Réhahn a ajouté que maintenir les traditions des minorités ethniques dans une société moderne était un réel défi. «J’ai ouvert mon musée pour présenter ma collection d’objets et photos des ethnies minoritaires vietnamiennes. Et mon ambition est de rassembler les 54 groupes ethniques dans un festival géant pour que tout le monde puisse voir à quel point la culture ethnique du Vietnam est riche», a-t-il expliqué.

Hôi An, le choix de la raison

Et le photographe français de poursuivre : «Hôi An est la ville où j’ai choisi de vivre et je connais bien les autorités locales. Je peux leur parler facilement, elles sont ouvertes d’esprit. De plus, c’est une des villes les plus visitées, donc il y a toute une infrastructure hôtelière pour recevoir des milliers de touristes. C’est aussi une ville qui aime la culture et qui a su préserver la sienne».

Pour Réhahn, l’idée de rassembler les 54 groupes ethniques dans un festival géant permettra de faire du Vietnam le premier pays d’Asie mais également du monde à promouvoir la diversité ethnique.

«Je pense qu’il faut s’inspirer du Carnaval de Venise ou de Rio et organiser une sorte de parade finale avec les 54 ethnies. Imaginez un peu les M’nông et Êdê sur les éléphants dans la ville de Hôi An, suivis de toutes les autres ethnies avec leurs danses et instruments !», s’est-il exclamé.

Dans le cadre de ce festival d’envergure, les touristes pourraient voir et participer à de nombreuses activités comme la fabrication de costumes, des cours de batik, des représentations en tous genres…

Réhahn a néanmoins admis que la question du financement restait compliquée. «Il y a aussi la prise de contact avec les 54 groupes ethniques. La culture ancestrale de certains a quasiment disparu, ce qui signifie qu’ils ne seront pas capables de faire ce qu’ont fait les Co Tu en termes de danse et de musique. C’est un challenge mais j’ai reçu les soutiens de la ville, de la province», a-t-il poursuivi. 

Dans le cadre de son exposition photographique «Patrimoine précieux», qui a eu lieu du 1er août au 1er octobre au Musée d’ethnographie du Vietnam, à Hanoï, Réhahn a discuté du projet en question avec les responsables de cet établissement. «Je crois qu’il nous reste à convaincre les autorités locales, ce qui nous donnerait accès à toutes les provinces», a-t-il informé.

Et de préciser que pour la première édition, il apportera 50.000 dollars, pris sur ses propres deniers. «J’espèce que mon rêve d’organiser ce festival géant deviendra réalité», a-t-il conclu. – CVN/VNA

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