Le Nouvel an traditionnel des La Hu

Les La Hu sont une communauté de dix mille âmes vivant dans des zones frontalières du Nord-Ouest du Vietnam. La dernière moitié du douzième mois lunaire, c’est-à-dire du 9 au 24 janvier.
Le Nouvel an traditionnel des La Hu ảnh 1Photo: dantocviet

Hanoï (VNA) - Les La Hu sont une communauté de dix mille âmes vivant dans des zones frontalières du Nord-Ouest du Vietnam. La dernière moitié du douzième mois lunaire, c’est-à-dire du 9 au 24 janvier, cette année, correspond à leur Nouvel an traditionnel.

À Muong Tè, qui est un district rattaché à la province de Lai Châu, les La Hu vivent sur le flanc des montagnes élevées, dans des villages de quelques dizaines de toits. Ils disposent de leur propre calendrier de treize mois, correspondant chacun à un animal. Leur grande originalité réside dans le fait que c’est à chaque famille de choisir SON jour de l’An pendant les deux dernières semaines du 12e mois du calendrier lunaire, qui, lui, est utilisé par presque toutes les autres communautés ethniques. La date faste est celle qui est placée sous le signe d’un animal compatible avec le signe astrologique du maître de céans, mais attention! L’animal en question ne doit être ni le singe, ni le tigre, ni le chien, ni le serpent. La date choisie ne doit pas non plus être l’anniversaire de la mort de l’un des deux parents, précise Phan Phu Lô, un La Hu.

«Selon la tradition, chaque village organise sa fête du Nouvel an pendant une semaine différente de celle choisie par son voisin, de façon à rallonger la période de fête, d’échanges de vœux et de cadeaux. Cette tradition aide à souder notre communauté», estime-t-il.
Le Nouvel an traditionnel des La Hu - ảnh 2
 Photo dantocviet.vn

Durant cette période de fête, les femmes vont en forêt chercher du bois pour compléter les réserves en combustible de leurs familles. Les hommes nettoient la maison et les alentours. Les vêtements les plus colorés sont lavés et mis à sécher en plein air, faisant du village un patchwork joyeux.

«Le Têt est une période heureuse pour tout le monde», affirme Thàng Hu Lô, un autre La Hu. «L’important est de nettoyer les maisons, de faire en sorte de nous débarrasser de toutes les impuretés de l’année passée. Les vêtements et la literie doivent être lavés une semaine avant le jour de l’An. Après avoir tout lavé, tout nettoyé, nous confectionnons des gâteaux de riz gluant et abattons un porc pour des repas auxquels nous convions nos proches».

Les gâteaux de riz gluant des Co Tu ont une forme cylindrique. Cuits, ils seront distribués aux enfants qui se promèneront partout avec. Selon la croyance locale, le fait que les enfants portent sur eux ces gâteaux lors de leurs sorties du Têt a valeur de vœux de prospérité.

À l’instar des autres communautés ethniques, les La Hu pensent à leurs ancêtres à l’occasion du Nouvel an. Mais le plateau d’offrandes qu’ils leur dédient est bien plus modeste: juste un bol de riz installé sur un panier, lequel est posé en tête du lit du maître de céans.

«Pendant le Têt, on s’amuse, on mange bien et on se fait beau. Mais on n’oublie pas nos ancêtres et on prie pour s’attirer leur bénédiction, pour que nous ayons une bonne santé, que nous fassions de bonnes affaires, que nos enfants soient sages et réussissent dans les études», explique Thàng Hu Xa, encore un autre La Hu.

Aujourd’hui encore, les La Hu célèbrent le Nouvel an à la façon de leurs ancêtres, à ceci près que c’est désormais le comité populaire communal qui, après avoir consulté les patriarches villageois, fixe pour eux la date et la manière dont chaque village organisera l’accueil de la nouvelle année.

Khac Kiên

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