Hanoi (VNA) — Le ministère de l’Intérieur a souligné la nécessité de solutions en matière d’amélioration institutionnelle, de réforme administrative, de restructuration du marché et de renforcement des compétences de la main-d’œuvre afin de consolider la compétitivité des travailleurs vietnamiens employés à l’étranger sous contrat.
Ce point a été mis en avant par le vice-ministre de l’Intérieur, Vu Chiên Thang, lors d’un dialogue organisé jeudi avec les entreprises qui envoient des travailleurs vietnamiens à l’étranger sous contrat. Plus de 100 agences de placement de main-d’œuvre de tout le pays étaient présentes.
Vu Chiên Thang a déclaré que l’emploi à l’étranger demeure un pilier essentiel de l’économie nationale. Le Vietnam bénéficie toujours d’un atout unique grâce à son abondante main-d’œuvre, qui contribue significativement aux transferts de fonds et à l’amélioration des conditions de vie des familles des travailleurs.
Cependant, plusieurs défis persistent. Certaines entreprises imposent encore des frais de service excessifs ou ont des pratiques de recrutement opaques. Les cas de rupture de contrat ou de séjour illégal à l’étranger restent fréquents.
Par ailleurs, de nombreux travailleurs vietnamiens ne possèdent toujours pas les compétences professionnelles et la maîtrise des langues étrangères requises sur les marchés du travail avancés. Enfin, certaines réglementations institutionnelles et procédures administratives demeurent complexes et ne créent pas un environnement véritablement favorable aux entreprises.
Selon Vu Truong Giang, directeur général par intérim du Département de la gestion du travail à l’étranger, le déploiement de travailleurs vietnamiens à l’étranger continue de se heurter à diverses difficultés.
Au cours des dix premiers mois de 2025, plus de 121.000 travailleurs vietnamiens ont été envoyés à l’étranger, soit 93,2% de l’objectif annuel. D’ici la fin de la période 2021-2025, leur nombre total devrait atteindre environ 636.000, soit 127% de l’objectif fixé.
Les principaux marchés du travail traditionnels ont maintenu un nombre stable de travailleurs vietnamiens. Le Japon reste en tête avec 55.049 travailleurs, suivi par Taïwan (Chine) avec 47.135 et de la République de Corée avec 9.996. Le nombre de travailleurs sur les marchés européens, notamment en Allemagne, en Roumanie, en Hongrie et en Russie, est également resté stable. Le programme d’emploi à l’étranger contribue non seulement à la création d’emplois et à l’augmentation des revenus, mais génère également jusqu’à 7 milliards de dollars américains de transferts de fonds annuels, ce qui en fait l’une des principales sources de devises étrangères du pays.
Nguyên Xuân Lanh, directeur général adjoint d’Esuhai Co., Ltd., a souligné l’importance de la formation avant le départ, suggérant la création d’un fonds national pour mener des campagnes de sensibilisation à long terme et des programmes de formation structurés. Ces programmes permettraient aux travailleurs de mieux comprendre leurs responsabilités et de se doter des compétences nécessaires avant leur départ à l’étranger.
Mai Sy Ngoc, directeur général de Nhât Thành Human Resources JSC, a souligné que le recrutement de main-d’œuvre demeure le principal défi pour les entreprises, confrontées à une concurrence déloyale de la part d’intermédiaires non agréés opérant localement.
« Les coûts élevés supportés par les travailleurs pour un emploi à l’étranger sont en grande partie imputables à ces intermédiaires non autorisés », a-t-il précisé. Il a proposé que le ministère de l’Intérieur se coordonne avec les autorités compétentes pour renforcer la supervision des activités de courtage, suggérant que les personnes impliquées dans le courtage de main-d’œuvre suivent une formation et obtiennent une certification professionnelle avant d’exercer leur activité.
Dans ses remarques finales, Vu Chiên Thang a souligné la nécessité de repenser les pratiques de gestion relatives à l’envoi de travailleurs vietnamiens à l’étranger. Il a insisté sur la nécessité de supprimer les conditions commerciales et les procédures administratives superflues, tout en favorisant un environnement sain et compétitif pour les entreprises et les travailleurs.
Il a révélé que le ministère finalisait en urgence un projet de décret modifiant et complétant plusieurs articles du décret gouvernemental 112/2021/ND-CP afin de faire passer certaines procédures administratives liées à l’enregistrement pour des marchés et des professions spécifiques d’une gestion conditionnelle à une gestion transparente.
En novembre 2025, le ministère modifiera les circulaires 21/2021/TT-LĐTBXH et 02/2024/TT-BLĐTBXH, avant d’élaborer une stratégie nationale pour l’emploi à l’étranger pour la période 2025-2030.
« Un environnement juridique transparent est essentiel à une croissance saine des entreprises », a affirmé Vu Chiên Thang. « Les entreprises respectueuses de la loi bénéficieront d’un soutien total, tandis que les contrevenants s’exposeront à des sanctions sévères et à une publication des faits afin de garantir l’intégrité du marché. » Il a également plaidé pour une restructuration des marchés du travail et une amélioration de la qualité de la main-d’œuvre, en passant de l’exportation de main-d’œuvre à la mobilité des travailleurs qualifiés.
« Au lieu de miser sur les bas coûts, nous devons miser sur les compétences et la rigueur », a-t-il déclaré.
Le ministère de l’Intérieur pilotera le développement d’initiatives ciblées pour pénétrer les marchés à revenus élevés confrontés à une grave pénurie de main-d’œuvre, tels que l’Allemagne, le Canada et l’Australie, en privilégiant les secteurs exigeant des compétences techniques pointues, a-t-il ajouté. — VNA