Hanoi (VNA) – La représentante de l’UNICEF au Vietnam, Silvia Danailov, a déclaré dans une récente interview accordée
au journal en ligne Government News que la protection des enfants en ligne est l’un des défis les plus urgents auxquels tous les pays sont confrontés aujourd’hui, y compris le Vietnam.
Les réseaux sociaux offrent à la fois d’immenses opportunités et de graves risques pour les enfants. Pour de nombreux jeunes, ces plateformes sont des lieux d’apprentissage, d’épanouissement, de connexion, d’expression et d’accès à des informations essentielles.
Mais ils sont également exposés au cyberharcèlement, aux contenus préjudiciables, aux fonctionnalités de manipulation, aux arnaques et aux risques liés aux contacts qui peuvent nuire à leur santé mentale et à leur bien-être.
« Les restrictions d’âge à elles seules ne peuvent résoudre ces problèmes. Le Vietnam et les autres pays ont besoin d’une approche globale, équilibrée et fondée sur les droits de l’enfant en matière de protection des enfants en ligne », a-t-elle souligné.
Le Vietnam doit renforcer la responsabilité des plateformes.
La représentante de l’UNICEF a souligné que le renforcement de la responsabilité des plateformes constitue une priorité essentielle. Aujourd’hui, les enfants passent du temps sur des plateformes qui n’ont pas été conçues dans le respect de leurs droits.
La réglementation devrait contraindre les entreprises à mettre en place des paramètres par défaut plus sûrs pour les enfants, à améliorer la modération des contenus, à prendre des mesures efficaces contre les contenus préjudiciables, à garantir la transparence du fonctionnement des algorithmes et à fournir des outils de signalement simples et accessibles. Ces mesures sont indispensables pour réduire significativement les risques auxquels les enfants sont exposés en ligne – des risques que les parents ne peuvent gérer seuls.
Selon Silvia Danailov, l’UNICEF a élaboré des lignes directrices mondiales à destination du secteur des TIC sur la protection des enfants en ligne, jetant ainsi les bases de produits numériques plus sûrs et plus responsables.
Alors que le Vietnam poursuit son ambitieux agenda de transformation numérique et de réforme, il est essentiel de renforcer la réglementation en matière de sécurité en ligne afin que les plateformes numériques placent la sécurité et l’inclusion des enfants au cœur de leur processus de conception. Cela implique d’intégrer dès le départ des paramètres par défaut plus sûrs, l’accessibilité et des fonctionnalités de protection – une conception sûre, inclusive et émancipatrice – plutôt que de les ajouter seulement après l’apparition de risques.
L’UNICEF recommande au gouvernement vietnamien d’instaurer un cadre juridique obligeant les fournisseurs d’accès à Internet et de services numériques à filtrer, bloquer, supprimer rapidement et signaler les contenus impliquant des abus sexuels en ligne sur des enfants.
Ces mesures devraient s’accompagner de réglementations et de politiques de protection visant à garantir les droits, la vie privée et la sécurité des enfants dans l’environnement numérique.
« Le renforcement de ces protections contribuera à protéger les enfants des contenus préjudiciables et des risques en ligne, tout en leur assurant l’accès à des mécanismes efficaces pour signaler les violations », a-t-elle souligné.
Restrictions d’âge
Selon la représentante de l’UNICEF, une deuxième priorité – et un domaine où l’élaboration de politiques est particulièrement importante – concerne la manière dont le Vietnam aborde les restrictions d’âge. Il est compréhensible que les seuils d’âge fassent l’objet de débats, mais l’expérience internationale montre que les interdictions générales peuvent avoir des conséquences imprévues.
Les enfants trouvent souvent des solutions de contournement, comme emprunter des comptes ou se tourner vers des plateformes moins réglementées, où ils sont potentiellement encore moins protégés et moins susceptibles de demander de l’aide en cas de problème.
Parallèlement, si les entreprises estiment que les enfants « ne devraient pas utiliser » leurs plateformes en raison d’une interdiction, elles peuvent se sentir moins responsables d’investir dans une conception plus sûre ou des fonctionnalités adaptées aux enfants.
Ce qu’il faut, c’est une assurance d’âge fondée sur des données probantes et proportionnée, mise en œuvre de manière à respecter la vie privée, à tenir compte de l’évolution des capacités des enfants et à se concentrer sur la prévention de préjudices clairement définis plutôt que de les exclure totalement. Ceci est particulièrement important pour les enfants qui dépendent des communautés en ligne pour apprendre, obtenir du soutien ou rester en contact – notamment ceux vivant en zones rurales ou qui peuvent se sentir isolés hors ligne.
Les politiques doivent protéger les enfants sans limiter involontairement leur accès à des informations vitales ou à des réseaux de soutien.
Davantage d’investissements dans la culture numérique et la résilience
Silvia Danailov a déclaré que, pour protéger les enfants en ligne, le Vietnam devrait accélérer ses investissements dans la culture numérique et la résilience. Les enfants doivent apprendre à utiliser les plateformes numériques en toute sécurité, à développer leur esprit critique, à gérer les risques en ligne et à savoir où trouver de l’aide.
Les parents et les enseignants ont également besoin de conseils pratiques et de ressources ; on ne peut pas attendre d’eux qu’ils supervisent seuls des plateformes complexes. Fournir aux familles et aux écoles les outils adéquats est essentiel pour garantir la sécurité en ligne à long terme.
C’est pourquoi l’UNICEF Vietnam travaille en étroite collaboration avec le ministère de l’Éducation et de la Formation afin d’intégrer la sécurité en ligne et la protection numérique aux programmes de culture numérique et de compétences en intelligence artificielle, tant pour les enseignants que pour les élèves.
Grâce à l’intégration dans les programmes scolaires et au renforcement des capacités, les enseignants acquièrent non seulement des compétences en numérique et en intelligence artificielle, mais aussi les connaissances nécessaires pour guider les élèves vers une utilisation sûre, éthique et responsable des technologies.
Parallèlement, les élèves sont accompagnés dans le développement de leur esprit critique, de leur citoyenneté numérique et de leurs compétences d’autoprotection, tout au long de leur parcours d’apprentissage.
Renforcer la sécurité numérique exige également une véritable implication des parents. L’UNICEF soutient des initiatives qui encouragent les parents à participer à l’apprentissage numérique de leurs enfants, en les sensibilisant et en leur fournissant des conseils pratiques pour qu’ils puissent les accompagner sereinement dans un environnement numérique en constante évolution.
Enfin, la voix des enfants et des jeunes doit être prise en compte dans les décisions politiques. Les enfants sont les experts de leur propre vie numérique. Intégrer leurs points de vue garantit que les solutions soient ancrées dans la réalité et ne négligent pas les besoins de ceux qui dépendent davantage des plateformes en ligne. Écouter les expériences des enfants, y compris celles issues de régions et de contextes divers, contribue à l’élaboration de politiques à la fois protectrices et émancipatrices.
En bref, plutôt que de se demander s’il faut interdire les réseaux sociaux aux enfants de moins de 16 ans, la question plus pertinente serait de savoir comment le Vietnam peut construire un environnement numérique sûr, inclusif et adapté au développement des enfants – un environnement qui favorise leur autonomie et leurs compétences en matière d’utilisation appropriée et sécurisée des réseaux sociaux, et qui les protège des dangers tout en garantissant leurs droits d’accès à l’information, d’apprentissage, de communication et de pleine participation à l’ère numérique. – VNA
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Le Tribunal populaire de Hô Chi Minh-Ville a condamné à mort quatre accusés reconnus coupables d’avoir dirigé un vaste réseau de trafic de stupéfiants impliquant plusieurs dizaines de kilogrammes de drogues et opérant dans plusieurs zones de la métropole.