Hanoi (VNA) – Les chantiers navals membres de l’Eurl de construction navale et de l’industrie maritime Sai Gon (SBIC) ont exhorté l’État à mettre en place des mécanismes spéciaux pour stabiliser et favoriser le développement à long terme de l’industrie navale vietnamienne.
L’industrie navale vietnamienne est confrontée à une grave pénurie de main-d’œuvre, due aux bas salaires et aux changements de main-d’œuvre post-Covid.
Parallèlement, des normes d’émissions strictes obligent les chantiers à concevoir et à construire des navires respectueux de l’environnement à des coûts nettement plus élevés. À cela s’ajoute le poids des dettes persistantes de Vinashin, filiale de SBIC, qui a fait faillite, ce qui complique l’accès des entreprises aux prêts bancaires.
Alors que SBIC finalise les procédures formelles visant à aligner sa feuille de route de résolution de la dette sur les directives du Politburo, ses chantiers navals membres s’efforcent de conserver leurs effectifs, de trouver des partenaires et de nouvelles commandes, et de se préparer à la croissance une fois ces défis surmontés.
Ces constructeurs navals ont exhorté l’État à mettre en place des mécanismes spéciaux et accélérés pour stabiliser et favoriser le développement à long terme de l’industrie navale vietnamienne.
Le sous-investissement et la pénurie de main-d’œuvre freinent la croissance des chantiers navals.
Nguyên Ba Son, directeur général adjoint de l’Eurl de construction navale Bach Dang, a averti que la plupart des travailleurs qualifiés du secteur de la construction navale ont migré vers d’autres secteurs, aggravant ainsi une pénurie de main-d’œuvre déjà critique.
« La nouvelle génération de talents s’amenuise, laissant l’entreprise à court d’ouvriers qualifiés et de superviseurs techniques », a-t-il déclaré.
Reconnaissant la grave pénurie de main-d’œuvre dans la construction navale, Trân Van Rung, directeur général adjoint de l’Eurl de construction navale Pha Rung, a souligné que l’industrie navale en particulier, et le secteur de la construction mécanique en général, ont besoin d’ingénieurs et de techniciens qualifiés possédant au moins deux ans d’expérience pratique pour répondre aux exigences du poste.
Pour répondre à ses besoins, le chantier naval Pha Rung recrute des ouvriers pour la formation à la construction navale, fait appel à des sous-traitants et embauche des travailleurs nationaux et étrangers. Malgré ces efforts, il manque encore entre 300 et 500 travailleurs.
Pham Quang Tuyên, directeur général par intérim de l’Eurl de construction navale Nam Triêu, a déclaré que l’entreprise propose des formations intensives en cours d’emploi et des mises à niveau des compétences à ses employés, s’associe à des écoles professionnelles pour recruter des étudiants et fait appel à des prestataires de main-d’œuvre ou embauche des travailleurs étrangers originaires d’Inde et du Bangladesh.
L’âge moyen des ouvriers de Nam Triêu est actuellement de 46 ans, ce qui témoigne d’une grave pénurie de main-d’œuvre de la prochaine génération, a-t-il fait savoir.
Il a ajouté que les entreprises de construction navale rencontrent également des difficultés pour obtenir des financements bancaires, soulignant que malgré des contrats de construction navale, elles ne peuvent obtenir de prêts en raison des pertes accumulées et des restructurations en cours.
Les chantiers navals affirment également qu’une industrie navale florissante stimulera d’autres secteurs et soutiendra des secteurs tels que la métallurgie, l’ingénierie mécanique, la logistique, les transports et la défense, entre autres, en créant des emplois pour les ouvriers.
Relancer les entreprises de construction navale
Afin de favoriser la reprise et la croissance de l’industrie navale vietnamienne, les chantiers navals ont demandé au gouvernement de prendre des mesures spécifiques. Des mesures efficaces pourraient inclure un soutien aux écoles professionnelles et aux universités pour former une main-d’œuvre spécialisée dans la construction navale, ou des incitations spéciales pour attirer des stagiaires, telles que des exonérations de frais de scolarité et des subventions au coût de la vie.
Ces politiques ciblées visent à consolider le vivier de talents du secteur et à jeter les bases d’un développement durable.
Les constructeurs navals de SBIC mettent désormais en œuvre les conclusions du Politburo et la résolution n°220/2023/NQ-CP du gouvernement sur la restructuration du secteur de la construction navale. Ils ont exhorté le gouvernement et les ministères concernés à agir avec détermination, à mettre en place des mécanismes spéciaux et à accélérer les mesures visant à stabiliser et à développer le secteur, a déclaré Trân Van Rung.
Pour assurer la pérennité du secteur de la construction navale, l’État doit soutenir les entreprises face aux ralentissements des marchés internationaux et développer des entreprises ayant pour mission de stimuler et de soutenir le développement économique maritime, étroitement lié à la défense et à la sécurité nationales, selon Pham Hoài Chung, président du Conseil des membres de SBIC.
L’État doit réglementer et soutenir les entreprises, car la construction navale est un secteur clé qui génère des millions d’emplois dans tout le pays, a-t-il plaidé.
Grâce à la résolution n°220/2023/NQ-CP, les travailleurs du secteur de la construction navale anticipent un nouvel élan, les entreprises étant enfin libérées de leur endettement, ce qui contribuera à stimuler le développement du secteur, a-t-il ajouté. – VNA