Le delta du Mékong à l’épreuve des changements climatiques

Le delta du Mékong est gravement affecté par les changements climatiques. Les incursions d’eau salée, la pénurie d’eau douce, l’érosion et maintenant l’affaissement des sols sont des risques majeurs.
Hô Chi Minh-Ville (VNA) – Le delta du Mékong est gravement touché par les conséquences des changements climatiques. Les incursions d’eau salée, la pénurie d’eau douce, l’érosion et maintenant l’affaissement des sols sont des risques majeurs.
Le delta du Mékong à l’épreuve des changements climatiques ảnh 1Le delta du Mékong couvre 3,94 millions d’hectares, soit 12% de la superficie nationale. Photo : VNA

Le delta du Mékong est l’un des quatre deltas du monde les plus vulnérables aux changements climatiques. En raison des graves problèmes observés depuis des années, cette région inquiète particulièrement l’État et le gouvernement. Le 26 septembre, le Premier ministre Nguyên Xuân Phuc a survolé en hélicoptère durant deux heures les zones les plus touchées du delta avant de présider, dans la ville de Cân Tho, la séance plénière de la conférence nationale sur le développement durable du delta du Mékong dans le contexte de changements climatiques. Près de 700 délégués nationaux et internationaux ont analysé l’état de la région, les défis  et proposé des solutions pertinentes dans le but de  minimiser au maximum les impacts.

Le grenier à riz du pays fortement menacé

Nommé «le grenier à riz du Vietnam», le delta du Mékong joue un rôle important dans l’économie du pays et contribue à près de 18% du PIB national. Riche en potentiels, il se trouve néanmoins confronté à des défis majeurs. «Les défis posés par les aléas climatiques menacent le grenier à riz du Vietnam, les moyens de subsistance et la vie des habitants de la région, et du pays plus globalement, notamment en matière de sécurité alimentaire. Les conséquences des changements climatiques sont déjà bien visibles : intempéries, salinisation, sécheresse, affaissement de terrains, etc.», a indiqué le vice-Premier ministre Vuong Dinh Huê lors de la conférence.

Les Nations unies considèrent le delta du Mékong comme l’une des zones les plus exposées à l’élévation du niveau de la mer. L’an passé, la sécheresse et la salinisation ont atteint un niveau record depuis 90 ans, suscitant des inquiétudes pour les millions de riziculteurs de cette région fertile, de plus en plus fragilisée. Les incursions d’eau salée ont ravagé les récoltes et bouleversé la vie des habitants.
Le delta du Mékong à l’épreuve des changements climatiques ảnh 2Le Premier ministre Nguyên Xuân Phuc (gauche) a survolé, le 26 septembre, en hélicoptère les zones les plus touchées par les changements climatiques dans le delta du Mékong. Photo : VNA

«Selon les prévisions, vers la fin du siècle, si le niveau de la mer augmente de 50 cm, 70 cm, 90 cm et 100 cm, le delta du Mékong serait submergé respectivement de 4,48%, 14,7%, 28,2% et 38,9%», a prévenu le Professeur Trân Thuc, vice-président du Conseil consultatif national sur les changements climatiques. D’après lui, les provinces les plus touchées seraient Hâu Giang (80,62% des superficies immergées), Kiên Giang (76,9%) et même Hô Chi Minh-Ville avec les deux arrondissements de Binh Thanh (80,78%) et Binh Chanh (36,43%).    

Érosion et affaissement des sols

Les barrages dans le haut-Mékong ont complètement bouleversé le régime hydrologique de la région, rendant difficile la vie des locaux et les activités agricoles. En sept ans, de 2009 à 2016, les apports d’alluvions dans la région ont diminué de moitié et, dans les années prochaines, cette région connaîtra une baisse de 75% du volume d’alluvions. «La baisse des alluvions plus l’exploitation incontrôlée du sable dans certaines localités augmentent l’érosion des régions côtières. La péninsule de Cà Mau en est la victime la plus visible», a déploré le Professeur Trân Thuc.
Le delta du Mékong à l’épreuve des changements climatiques ảnh 3Une rizière totalement ravagée par la sécheresse dans la province de Soc Trang. Photo : VNA

Ces deux dernières années, les autorités locales et les experts ont alerté aussi sur l’affaissement des sols en raison de la surexploita-tion des nappes phréatiques. En effet, du fait de l’incursion d’eau salée et de la baisse de la fréquence et de l’intensité des crues, on recourt trop aux nappes phréatiques pour l’irrigation des cultures et la vie quotidienne. Selon une étude de l’université d’Utrecht des Pays-Bas, en 25 ans, la région a connu un affaissement moyen de 18 cm. Dans certaines zones des provinces de Soc Trang, Bac Liêu, plus de 53 cm ont été mesurés.

«Nous parlons beaucoup de la montée du niveau des océans et négligeons le phénomène de l’affaissement des sols qui est, selon moi, dix fois plus important que la montée de la mer. La première cause est le surexploitation des nappes phréatiques», a souligné Nguyên Huu Thiên, expert en écologie. Selon le pire des scénarios, le delta du Mékong serait sous les eaux et donc effacé de la carte nationale dans 100 ans, ont averti des scientifiques.

* Une conférence nationale consacrée au delta du Mékong

La conférence sur le développement durable du delta du Mékong, la plus grande du genre, a été organisée les 26 et 27 septembre, dans la ville de Cân Tho, sous l’égide du Premier ministre Nguyên Xuân Phuc. L’événement a réuni les représentants des ministères, des services, des 13 ville et provinces du delta du Mékong et de Hô Chi Minh-Ville, des organisations internationales, des partenaires au développement, des entreprises, des experts et scientifiques. L’assistance a donné des analyses approfondies sur les défis causés par le dérèglement climatique, le processus de développement du delta du Mékong et l’utilisation des ressources en eau du Mékong. Il a été aussi question de la prévention des risques, des opportunités à court et à long terme et de l’élaboration d’un modèle de développement approprié pour cette région. – CVN/VNA

 

Voir plus

Le Premier ministre Le Minh Hung. Photo : VNA

Énergie en Asie : le PM vietnamien propose trois axes de coopération

Le 15 avril, sur invitation de son homologue japonaise Takaichi Sanae, le Premier ministre Le Minh Hung a pris part au Sommet virtuel élargi de la Communauté asiatique à zéro émission nette (AZEC) sur l'autonomie énergétique, placé sous l'égide de la cheffe du gouvernement nippon."

Le Comité populaire municipal révise actuellement le schéma directeur de drainage en fonction des scénarios de changement climatique. Photo: hdnd.hochiminhcity.gov.vn

Hô Chi Minh-Ville se protège contre les inondations avant la saison des pluies

Hô Chi Minh-Ville se concentrera en 2026 sur le traitement de 29 points d’inondation majeurs. En parallèle, 24 projets seront déployés pour un investissement total de près de 38.000 milliards de dôngs. Ces chantiers revêtent une importance capitale pour augmenter la capacité d’évacuation des eaux et soulager les zones vulnérables.

Les Co Tu entretiennent un lien étroit avec la forêt, qu’ils considèrent comme la source de leur culture. Photo : vietnamnet.vn

Tout là-haut dans les montagnes de Dà Nang, le «royaume d’arbres de pơ mu»

Le « royaume d’arbres de pơ mu » est le nom donné par les habitants locaux à une forêt d’environ 450 hectares située au sommet du Zi’liêng, considéré comme une montagne sacrée par les Co Tu. À plus de 1.200 mètres d’altitude, la zone est enveloppée de brume toute l’année, avec un climat froid et humide, des conditions idéales pour le développement de cette espèce en une formation exceptionnelle.

Des habitants achètent de l’essence dans une station-service de la province de Ninh Binh. Photo : VNA.

Sécurité énergétique, clé de l’autonomie dans la transition verte

Dans un contexte marqué par l’évolution complexe de la situation géopolitique au Moyen-Orient, la sécurité énergétique s’impose comme une préoccupation majeure pour les économies d’Asie du Sud-Est, dont le Vietnam, engagé dans une transition vers un modèle énergétique plus vert et durable.

Quang Ngai : la mangrove de Bau Ca Cai, « poumon vert » sauvage et attrayant

Quang Ngai : la mangrove de Bau Ca Cai, « poumon vert » sauvage et attrayant

La mangrove de Bau Ca Cai, située dans le hameau de Thuan Phuoc, s’étend sur plus de 100 hectares de paysages naturels préservés. Véritable havre de biodiversité, elle offre un écosystème riche où se mêlent végétation luxuriante et faune typique des zones humides. En venant ici, les visiteurs peuvent embarquer pour une promenade en bateau à travers une forêt dense de palétuviers blancs, dont les racines entrelacées dessinent un décor à la fois mystérieux et captivant.  Un espace propice à l’évasion et à la reconnexion avec la nature.

Lancement d'une application d'alerte météo

Lancement d'une application d'alerte météo

Le Vietnam a lancé l'application mobile « Thoi tiet Viet Nam KTTV » (Météo Vietnam KTTV), offrant aux utilisateurs un accès en temps réel aux données météorologiques et aux alertes en cas de phénomènes météorologiques dangereux et extrêmes, alors que les risques climatiques s'intensifient.

Les météorogues avertissent que la vague de chaleur s’intensifiera jusqu’à la mi-avril. Photo: VNA

Le Centre se prépare à affronter une nouvelle canicule

Une vague de chaleur extrême prolongée s’abat sur une grande partie du Vietnam. Les météorogues avertissent que la vague de chaleur s’intensifiera jusqu’à la mi-avril, mettant en garde contre des risques accrus pour la santé publique, la demande énergétique et les feux de forêt.

Les vagues de chaleur devraient s’intensifier à l’échelle nationale en avril, avec des températures prévues supérieures aux moyennes de long terme. Photo: VnExpress

Les températures devraient grimper jusqu’à 38°C dans le Sud du Vietnam

La chaleur s’installe déjà dans toute la région sous l’influence d’un anticyclone subtropical stable qui s’étend sur le Sud et le Centre-Sud du Vietnam. Des vents faibles soufflant sur la mer au sud contribuent également à un ciel plus dégagé et à un rayonnement solaire plus intense, accentuant ainsi la chaleur.