Le côm, saveur spéciale de l’automne de Hanoï

Le côm, un encas prisé par les Hanoïens à chaque arrivée de l’automne, est constitué de jeunes grains de riz gluant.
Le côm, saveur spéciale de l’automne de Hanoï ảnh 1Le côm, c’est la couleur et l’odeur de la nature.

Hanoi (VNA) - Le côm, un encas prisé par les Hanoïens à chaque arrivée de l’automne, est constitué de jeunes grains de riz gluant. Vendu dans tous les coins de rues de la capitale, il peut être consommé directement ou être transformé en divers plats populaires.

En ce mois de septembre, l’automne est palpable partout à Hanoï : les couleurs se font plus pâles, les feuilles de certaines essences d’arbres prennent des tournures jaune ocre, l’odeur des fleurs d’alstonia envahit les rues et le vent roux (vent frais et sec venu du nord-ouest) vient lécher délicatement le visage, faisant frémir cette végétation luxuriante. À chaque l’arrivée de l’automne, les Hanoïens inscrivent dans leur menu un encas très spécial : le côm. Une habitude ancestrale.

À Hanoï, le côm est vendu un peu partout : dans les rues, les marchés... Les graines de riz vertes décortiquées et pilées sont placées dans un panier en bambou tressé sur lequel sont préalablement disposées de larges feuilles de lotus fraîches. En fonction de la commande du client, la vendeuse enveloppe une quantité - souvent de 100 grammes, 200 grammes... et jusqu’à un kilo -  au milieu d’une feuille de lotus fraîche sous la forme d’un paquet carré ficelé à l’aide de brins de paille de riz.

La meilleure saison pour la dégustation

Mme Lân vend le côm depuis dix ans au 72 rue Trân Xuân Soan. Elle confie qu’en ce mois de septembre, son commerce est florissant : «Il n’y a pas de meilleure saison que l’automne pour le +côm+, qui exalte toutes ses senteurs et saveurs. L’explication est simple : les grains de riz gluant sont transformés à la bonne période, ce qui permet d’en tirer la quintessence. Chaque jour, j’en vends dix kilos. Les paquets de 200 ou 500 grammes sont les plus demandés par mes clients». 

Le côm est servi essentiellement comme encas quotidien. Sur la manière et l’art de le déguster, l’anthropologue Huu Ngoc a décrit dans son article Le côm, rédigé en mai 1998 et figurant dans le livre À la découverte de la culture vietnamienne : «...De couleur vert tendre et d’un parfum léger, il se mange tel quel et a une saveur délicieuse, surtout mâché lentement. Le côm est dégusté seul ou avec des kakis rouges ou des bananes mûres».

Le côm peut être transformé en plusieurs mets selon différentes recettes en y incorporant plusieurs autres ingrédients (sucre, pâte de haricot mungo, viande de porc, etc.). On peut le transformer en compote, en glace, en pain garni ou en galettes.

Un savoir-faire millénaire

Le côm est produit dans plusieurs villages en banlieue de Hanoï, le plus réputé étant celui de Vong. Une vieille chanson populaire vante la réputation du côm issu de cette localité :
Cốm Vòng, gạo tám Mễ Trì
Tương Bần, húng Láng còn gì ngon hơn ?

(Côm de Vòng, riz parfumé de Mê Tri, Sauce soja de Bân, menthe de Lang. Quoi de meilleur en ce monde ?)

Originaire de ce village, Mme Lân est passée maître dans l’art de préparer cet encas, de la récolte au conditionnement. Selon ses explications, la récolte doit se faire dès que les épis de riz commencent à arriver à maturité. Les graines dont l’écorce reste encore verte sont vannées pour éliminer les graines creuses et ne garder que les meilleures. Celles-ci sont lavées et laissées à sécher avant d’être torréfiées dans une poêle en fonte sur un four au charbon de bois pendant environ deux heures.

Une fois légèrement refroidies, elles sont ensuite pilées dans un mortier pour être décortiquées. Durant le pilage, on cherche à éliminer au fur et à mesure les balles jusqu’à obtention de graines vraiment liantes. Le produit fini doit être obligatoirement enveloppé - souvent dans des feuilles de lotus frais - afin qu’il ne sèche pas et ne perde pas sa couleur verte. Le parfum du côm et celui des feuilles de lotus fraîches se marient bien, donnant la saveur particulière du côm de Hanoï.

Les Hanoïens le considèrent comme une spécialité à ne pas rater en automne et un cadeau particulier. «Le meilleur cadeau qu’un Hanoïen puisse faire parvenir à un compatriote résidant à l’étranger est un paquet de +côm+ frais enveloppé dans une feuille de lotus au parfum légèrement âcre», a écrit Huu Ngoc dans Le côm. -CVN/VNA

Voir plus

Cette œuvre a été imprimée en écriture vietnamienne Quoc ngữ en 1883. Photo: VNA

Francisco de Pina et le Quôc ngu : un pont culturel entre Vietnam et Portugal

L’Association pour la promotion de la culture vietnamienne (APCV), en partenariat avec la ville portugaise de Guarda, organise les 7 et 8 octobre une série d’événements rendant hommage à Francisco de Pina, pionnier du Quôc ngu, tout en renforçant les échanges culturels et la coopération bilatérale.

Numérisation de livres sur feuilles de latanier, financée par le Fonds canadien d'initiatives locales. Photo: VOV

Les sutras gravés sur feuilles de latanier entrent dans l’ère du numérique

Grâce à la numérisation et aux efforts de transmission, les sutras sur feuilles de latanier trouvent aujourd’hui de nouvelles voies pour être valorisés. Longtemps conservés dans les armoires en bois des pagodes, ces trésors de savoir et de spiritualité peuvent désormais être partagés avec un public plus large.

Des activités d'échange culturel ont lieu à l'Espace culturel Due Tam Tra. Photo: SGGP

Un échange culturel pour renforcer les liens entre les peuples de l'ASEAN à Ho Chi Minh-Ville

Un échange culturel intitulé "Connecter les peuples de l'ASEAN" s'est déroulé au sein de l'espace culturel Due Tam Tra, dans la commune de Chau Pha, où les convives ont été initiés à l'art ancestral du thé vietnamien. Les délégués ont pris part au rituel de l’invitation au thé dans un esprit d’amitié, et ont dégusté du thé ainsi que des pâtisseries traditionnelles.

L’ancien récif corallien de Hang Rai est reconnu par les scientifiques pour sa grande valeur géologique ainsi que pour son intérêt majeur dans l’étude de l’histoire naturelle de la région. Photo : VNA

À la découverte de Hang Rai, joyau naturel de Khanh Hoa

Situé dans la commune de Vinh Hai, dans la province de Khanh Hoa, le site de Hang Rai constitue l’un des joyaux naturels du parc national de Nui Chua, intégré à la Réserve de biosphère mondiale éponyme reconnue par l’UNESCO. Ce paysage d’exception se distingue par son ancien récif corallien fossilisé aux formes spectaculaires, façonné par le temps et les éléments, ainsi que par son relief grandiose mêlant falaises rocheuses escarpées et littoral sauvage. 

Andrey Tatarinov, ancien ambassadeur de Russie au Vietnam. Photo: VNA

Mise à l’honneur la langue vietnamienne à travers le 5e concours national de traduction en Russie

L’Institut d’État des relations internationales de Moscou (MGIMO) a accueilli à Moscou la finale de la 5ᵉ édition du concours national de traduction du vietnamien, un événement devenu incontournable qui témoigne de l’attrait croissant pour la langue et la culture vietnamiennes en Russie, tout en contribuant à former une nouvelle génération de spécialistes au service du rapprochement entre les deux pays.