2015, la bonne année du cinéma vietnamien

Le cinéma vietnamien, de l’ombre à la lumière

Après une longue traversée du désert, le cinéma vietnamien a vécu une excellente année 2015. Les motifs de satisfaction sont nombreux.

Hanoi (VNA) - Après une longue traversée du désert, le cinéma vietnamien a vécu une excellente année 2015. Les motifs de satisfaction sont nombreux, avec d’abord une augmentation du nombre de films de haute qualité, mais surtout un écho sur la scène internationale.

Le cinéma vietnamien, de l’ombre à la lumière ảnh 1+Je vois les fleurs jaunes sur l’herbe verte+ du réalisateur Victor Vu, a reçu de nombreux prix dans et hors du pays. Photo TGVH/CVN

La roue a donc enfin fini par tourner. On comptait seulement vingt films vietnamiens projetés en 2013 et 2014. Mais en 2015, tout a changé. En effet, le chiffre a dépassé un total de quarante !

Il s’agit donc d’un signe encourageant pour un secteur culturel qui, pendant des années, s’est retrouvé dans l’ombre des films étrangers. À l’occasion des vacances d’été, et pendant le Têt traditionnel (Nouvel An lunaire), de nombreuses projections ont bénéficié d’un éclairage supplémentaire.

Le cinéma vietnamien est de retour, et il compte bien le rester. Pour information, un film comme "49 ngày" (49 jours) peut par exemple se féliciter de totaliser un chiffre d’affaires de soixante milliards de dôngs.

On note aussi un nouvel élan pour le marché du divertissement. Par exemple, une récente série de films sur les thèmes de la jeunesse, l’amour et l’amitié a frappé le box-office, comme ''Yêu'' (Amour) et "Em là bà nôi cua anh'' (Miss mamie). Ces derniers ont notamment été appréciés par les jeunes spectateurs, qui représentent une part importante chez les amateurs de cinéma.

Des récompenses prestigieuses

À présent, coup de projecteur sur le 19e Festival du film du Vietnam (VFF). À l’occasion de cet événement, il a décoré en décembre dernier le film "Tôi thây hoa vàng trên co xanh" (Je vois les fleurs jaunes sur l’herbe verte) du réalisateur Victor Vu. Cette manifestation culturelle a connu un franc succès puisque certains spectateurs ont même eu la chance d’échanger quelques mots avec des producteurs de films et des acteurs.

Le cinéma vietnamien, de l’ombre à la lumière ảnh 2Le garçon Thiên Nhân du documentaire +La flamme de Thiên Nhân+. Photo: PP/CVN

Rappelons aussi qu’en règle générale, les films vietnamiens s’inspirent des thèmes liés aux grands événements du pays (sur l’histoire nationale, ou les guerres révolutionnaires). Un des films les plus connus dans cette catégorie est sans nul doute "Nguoi tro vê" (Le retour des soldats), du réalisateur Dang Thai Huyên. Et lors de sa première journée de  projection, il a créé la surprise grâce à ses séquences précieuses concernant  la période de l’après-guerre au Vietnam. Par ailleurs, l’autre grand succès concerne "Thâu Chin o Xiêm" (Thâu Chin en Thaïlande), un film qui retrace la période où l’Oncle Hô a travaillé en Thaïlande comme  révolutionnaire.

Mais fort heureusement, ces longs-métrages ne sont pas les seules bonnes nouvelles pour le cinéma national. Citons aussi "Dâp canh giua không trung" (Battre les ailes dans l’air), un film du réalisateur Nguyên Hoàng Diêp. La projection a eu un grand succès et il a même été sélectionné pour être projeté au Festival international du film de Toronto (Canada) ainsi qu’au Festival international du film de Busan (République de Corée).

De son côté, "Cha và con và... " (Grand-père, petit-fils et autres histoires), un drame réalisé par Phan Dang Di, a lui aussi été reconnu. Il a en effet reçu la nomination pour le meilleur film au 65e Festival international du film de Berlin, et a été nommé pour le prix de la production des jeunes réalisateurs au Festival du film de Hong Kong (Chine).

Par ailleurs, il est également important de rappeler l’émergence du genre documentaire qui refait petit à petit son apparition dans les festivals internationaux, après des années de silence. "Chuyên di cuoi cung cua chi Phung" (Le dernier voyage de Mme Phung) de la réalisatrice Nguyên Thi Tham, en est le parfait exemple. Il raconte l’histoire d’une chef de troupe artistique, Phung, et de sa trentaine de chanteurs et de magiciens qui sillonnent le Vietnam. Dans cette œuvre, ils suscitent la fascination, mais aussi l’hostilité auprès des locaux. De son côté, "Lua Thiên Nhân" (La flamme de Thiên Nhân), a lui aussi connu un franc succès. Ce dernier raconte le parcours d’un jeune garçon abandonné vers la reconquête des fonctions normales du corps pour commencer une nouvelle vie grâce à sa mère adoptive.

 
Le cinéma vietnamien, de l’ombre à la lumière ảnh 3Une scène du film +Le retour des soldats+ du réalisateur Dang Thai Huyên. Photo: TT/CVN

Le rôle primordial de l’État

Pour atteindre de tels succès dans le commerce et l’art, les cinéastes vietnamiens ont dû travailler de pied ferme pour répondre à la demande d’une cible qui est de plus en plus vaste. La double victoire de Je vois les fleurs jaunes sur l’herbe verte au 19e VFF (dans deux catégories du prix Lotus d’or) a alimenté l’espoir pour le cinéma national. Il semble également important de souligner le fait qu’un film se trouve sous la tutelle du ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme. Ainsi, cette coordination peut être une clé pour la production de plusieurs films à succès, et c’est notamment le cas concernant le commerce et l’art. Dans ce partenariat, l’État joue donc un rôle primordial dans l’orientation thématique, le contenu du film, mais aussi dans son budget.

De plus, les films indépendants sont également un domaine prometteur pour le parrainage et la participation aux festivals internationaux. Passionnée et déterminée la génération de cinéastes d’aujourd’hui joue un rôle actif dans la recherche autour de la production des films. N’oublions pas en effet qu’ils ont pour objectif premier d’attirer les spectateurs dans les salles.

Enfin, les retours de nombreux réalisateurs vietnamiens d’outre-mer tels que Victor Vu, Cuong Ngô, Linh Bùi, Lê Van Kiêt et la montée de jeunes réalisateurs talentueux (qui ont été bien formés comme Phan Gia Nhât Linh, Dô Quôc Trung, Ta Nguyên Hiêp et Trân Dung Thanh Huy) devraient être la force du cinéma vietnamien de demain qui tente de refaire surface petit à petit sur le devant de la scène. – CVN/VNA

Voir plus

Des femmes khmères de la commune d’An Cư, province d’An Giang, s’emploient à préserver et à valoriser le métier traditionnel de tissage de brocart de leur communauté. Photo : VNA

An Giang : le brocart khmer, un patrimoine vivant au service du tourisme culturel

Au pied de la chaîne des Sept Monts, le village de tissage de brocart khmer de Van Giao, province d’An Giang, illustre une dynamique réussie de valorisation du patrimoine culturel associée au développement du tourisme communautaire, contribuant à créer des moyens de subsistance durables et à promouvoir l’identité culturelle des minorités ethniques du Vietnam.

Le Têt traditionnel – Identité culturelle des Vietnamiens

Le Têt traditionnel – Identité culturelle des Vietnamiens

Le « Têt Nguyên Dan », également connu sous le nom de fête du Nouvel An lunaire ou plus simplement « Têt », est la célébration la plus significative et la plus attendue du calendrier vietnamien. Il s’agit de la fête à ne pas manquer, où chaque détail des préparatifs est soigneusement exécuté selon des rituels transmis de génération en génération.
Le Têt symbolise le début d’une nouvelle année, et les événements qui se produisent ce jour-là sont traditionnellement considérés comme annonciateurs des fortunes et des défis pour les mois à venir.

Les us et coutumes du Têt vietnamien

Les us et coutumes du Têt vietnamien

Pour les Vietnamiens, le Nouvel An lunaire est la plus grande et la plus attrayante de toutes les fêtes. De nombreux us et coutumes sont transmis de génération en génération.

Huynh Công Ly (chemise blanche) et sa famille perpétuent la tradition d’ériger le mât rituel depuis plus de 50 ans. Photo : CVN

Le gardien du cây nêu dans le Delta du Mékong

Dans le Delta du Mékong, la famille de Huynh Công Ly perpétue depuis plus d’un demi-siècle la tradition d’ériger le cây nêu, perche rituelle du Têt, symbole ancestral chargé de sens spirituel et culturel.

Parmi les nombreux symboles qui incarnent le Nouvel An lunaire au Vietnam, le "bánh chưng" – gâteau traditionnel de riz gluant du Têt – s’impose comme une empreinte mémorielle profondément ancrée dans la conscience collective. Photo : VNA

Le "bánh chưng" – L'âme intégrale du Têt vietnamien

Au cœur du panthéon symbolique du Têt, le banh chung transcende sa nature de mets traditionnel pour s’ériger en véritable socle de l'identité vietnamienne, une empreinte indélébile gravée dans la mémoire collective de tout un peuple.

À l'approche du Nouvel An lunaire, les vidéos expliquant comment préparer les festins traditionnels du Têt reçoivent de plus en plus de « j'aime » et de commentaires. Photo : tienphong.vn

Le Têt et la vague du « retour au village natal »

Des millions de vues pour les vidéos de confiseries traditionnelles, des dizaines de milliers de partages pour les vlogs sur le Têt au village : autant de contenus qui ont inspiré de nombreux jeunes à prolonger leur séjour à la maison, à apprendre à cuisiner les plats de leur grand-mère ou de leur mère, à consigner les souvenirs familiaux et à les partager en ligne. De là est née une vague discrète mais profonde : le phénomène du « retour au village natal ».

L'art ancestral de l'emballage du "bánh chưng" : un rituel du Têt vietnamien

L'art ancestral de l'emballage du "bánh chưng" : un rituel du Têt vietnamien

Avec l'évolution de la société, de nombreuses coutumes liées au Têt se sont peu à peu estompées. Cependant, la préparation du "bánh chưng" (gâteau de riz gluant) demeure une tradition culturelle emblématique du peuple vietnamien, perpétuée chaque année par de nombreuses familles. À l’approche du Têt, les générations de descendants se rassemblent pour préparer le "bánh chưng", choisissant soigneusement les plus beaux gâteaux à déposer sur l’autel des ancêtres en hommage et en respect des traditions.

Plats traditionnels incontournables sur les tables du Têt au Nord

Plats traditionnels incontournables sur les tables du Têt au Nord

Le Têt permet de se retrouver en famille. Plus les plateaux sont riches, plus cela exprime le respect envers les ancêtres. Les plateaux traditionnels du Nouvel An lunaire se composent de nombreux mets et symbolisent tous divers souhaits et vœux de chaque famille pour la nouvelle année. Les plateaux du Têt sont également très colorés : le vert du banh chung mélangé au rouge du riz gluant en passant par le jaune des pousses de bambou...

Les couleurs de l’ancienne capitale impériale Huê au cœur de la Foire du Printemps 2026

Les couleurs de l’ancienne capitale impériale Huê au cœur de la Foire du Printemps 2026

A la Foire du Printemps 2026, le pavillon de Huê s’est imposé comme l’un des espaces les plus attractifs, captivant un très nombreux public grâce à une scénographie profondément imprégnée de l’âme et de l’identité culturelle de l’ancienne capitale impériale. Les produits emblématiques de Huê y sont présentés avec soin : áo dài aux lignes gracieuses, chapeaux coniques en herbe cỏ bàng, bâtons d’encens au bois d’agar aux parfums envoûtants, fleurs en papier de Thanh Tiên… Sans oublier les objets artisanaux typiques et les spécialités culinaires qui font la renommée de la région.
L’ensemble crée une expérience immersive et authentique : les visiteurs déambulent dans un univers où se mêlent élégance royale, savoir-faire ancestral et douceur du quotidien huéen, redécouvrant ainsi, le temps d’une visite, la quintessence raffinée de l’ancienne capitale impériale.

Phung Thi Hông Tham remporte la médaille d'or dans la catégorie amateur féminine des 63 kg aux Championnats du monde de Kun Khmer 2026. Photo : nld.com.vn

Le Vietnam brille aux Championnats du monde de Kun Khmer

Ces résultats placent provisoirement le Vietnam en tête du classement des médailles avec quatre médailles d’or et une d’argent. Ce classement pourrait toutefois évoluer, car une vingtaine de finales supplémentaires, dans les catégories seniors, juniors et jeunes talents, sont prévues le 12 février.