Le biocarburant E5 démarre doucement au Vietnam

Depuis le 1er janvier 2018, les stations-service du pays ne fournissent plus que du biocarburant E5 et de l’essence Ron 95. L’E5 a un impact environnemental plus faible que les carburants fossiles.
Hanoi (VNA) – Depuis le 1er janvier 2018, les stations-service du pays ne fournissent plus que du biocarburant E5 et de l’essence Ron 95. L’E5, mélange entre 95% de Ron 92 et 5% d’éthanol, a un impact environnemental plus faible que les carburants fossiles.
Le biocarburant E5 démarre doucement au Vietnam ảnh 1Production d’E5 dans l’usine de bioéthanol de Dung Quât à Quang Ngai (Centre). Photo : VNA

Auparavant, l’E5 était vendu seulement dans sept provinces et villes : Hanoï, Hô Chi Minh-Ville, Hai Phong (Nord), Dà Nang, Quang Ngai (Centre), Cân Tho et Bà Ria-Vung Tàu (Sud). Depuis début janvier, il est vendu dans tout le pays. Ce carburant se caractérise par l’ajout de 5% de bioéthanol (d’où E5) dans "l’essence traditionnelle" Ron 92.

La généralisation de ce nouveau carburant vise à remplir les objectifs énergétiques du pays ainsi qu’à diminuer la pollution de l’air. Cela montre aussi que le Vietnam respecte ses engagements auprès de ses partenaires internationaux en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre. L’E5 a l’avantage de produire moins de CO2 que l’essence ordinaire. C’est une énergie plus propre, qui permet de diminuer de 60% les émissions nettes de gaz à effet de serre.

Les fournisseurs prêts à répondre à la demande

Selon un représentant du Service de l’industrie et du commerce de Hanoï, les entreprises de carburants de la capitale sont prêtes à vendre de l’E5. "PV Oil a pris des dispositions pour assurer une fourniture massive en 2018", a partagé Nguyên Duc Nam, directeur adjoint de PV Oil Hanoï. "Concrètement, PV Oil dispose d’une station de mélange à Dinh Vu, dans la ville de Hai Phong, d’une capacité de 80 m3/heure. La compagnie augmentera sa production pour approvisionner le marché", a-t-il ajouté.

Le groupe national Petrolimex a également confirmé qu’il assurerait un approvisionnement suffisant des stations de mélange en bioéthanol.

La Sarl de raffinage et de pétrochimie Binh Son, société-mère de la raffinerie de Dung Quât, s’est engagée à fournir suffisamment de carburant fossile, en l’occurrence le Ron 92, pour fabriquer l’E5.

Diversifier les sources d’approvisionnement   

Selon les spécialistes, le Vietnam a des conditions favorables pour produire du biocarburant. Le pays possède de grandes étendues de terre prêtes pour la culture du manioc et de la canne à sucre, notamment dans les régions montagneuses du Nord et du Centre. Selon le Groupe gazo-pétrolier du Vietnam (PVN), les biocarburants contribueront au développement économique des zones rurales qui sont appelées à produire des matières premières nécessaires.
"Dans les années à venir, le manioc, la canne à sucre et le pourghère seront les trois espèces de plantes principales pour répondre à la demande de bioéthanol", a informé Nguyên Hông Son, directeur du Département de la culture relevant du ministère de l’Agriculture et du Développement rural.
Le biocarburant E5 démarre doucement au Vietnam ảnh 2Une station-service fornissant de l'essence E5 à Hanoï. Photo : VNA
À noter que le pourghère, Jatropha curcas, un arbuste sauvage originaire d’Amérique centrale acclimaté en Afrique et en Asie, est traditionnellement utilisé comme haie vive autour des jardins potagers, ses propriétés toxiques éloignant naturellement les animaux. C’est aussi une plante médicinale et son huile entre dans la fabrication artisanale du savon. La flambée des cours du pétrole en 2008 a créé un engouement nouveau pour l’utilisation de cette huile comme combustible.

Toujours selon Nguyên Hông Son, concernant le manioc, pour assurer des superficies et des rendements suffisants, il sera nécessaire de se concentrer sur la recherche et le transfert de nouvelles variétés, et de perfectionner la production. Il faudra aussi relier les usines de traitement aux zones de production de matières premières. Les usines devront investir dans le développement de ces zones, signer des contrats avec les paysans dans la culture intensive, assurer à ceux-ci des débouchés et des prix attractifs.

Actuellement, le Vietnam compte quatre usines de fabrication de bioéthanol, dont deux de la compagnie Tùng Lâm à Dông Nai (Sud) et Quang Nam (Centre) d’une capacité de 200.000 m3 par an, permettant de produire 3,9 millions de mètres cubes d’E5. Les deux autres usines sont à Dung Quât (Centre) et Binh Phuoc (Sud), d’une même capacité.

"D’après moi, ces usines pourront répondre parfaitement à la demande nationale d’E5", a informé Hoàng Quôc Vuong, vice-ministre de l’Industrie et du Commerce.

Le pays compte cinq grandes entreprises disposant de stations de mélange d’essence traditionnelle et de bioéthanol : groupe Petrolimex, Compagnie générale de pétrole du Vietnam (PV Oil), Sarl gazo-pétroliers de Hô Chi Minh-Ville, Compagnie générale d’essence et de pétrole de l’armée et Compagnie par actions de commerce et d’investissement gazo-pétroliers de Nam Sông Hâu. Leur  capacité est de plus de 3 millions de mètres cubes d’E5 par an.

Selon les entreprises de carburants, il sera aussi nécessaire de renforcer les campagnes de sensibilisation pour que les consommateurs comprennent bien que ce biocarburant est de qualité, qu’il n’aura pas d’effet délétère sur leur véhicule si les règles de compatibilité sont respectées et qu’il contribuera à protéger la qualité de l’air - et donc leur santé. Cela devra aussi s’accompagner de mesures incitatives, dont une réduction des prix. – CVN/VNA     

Voir plus

La société Yen Huong présente des solutions pour lutter contre la contrefaçon et le piratage. Photo : VNA

Renforcer la lutte contre la fraude commerciale et les atteintes à la propriété intellectuelle

Les fraudes commerciales et la contrefaçon deviennent de plus en plus complexes et difficiles à contrôler, menaçant à la fois la santé des consommateurs, la réputation des entreprises légitimes et la transparence du marché. Réunis le 16 mai à Ho Chi Minh-Ville, experts, responsables et représentants d’entreprises ont souligné la nécessité de renforcer la coopération entre autorités, acteurs économiques et consommateurs afin d’améliorer l’efficacité de la lutte contre les produits contrefaits et les atteintes à la propriété intellectuelle à l’ère numérique.

Ngo Quang Hung (centre), représentant du Bureau commercial du Vietnam en Malaisie, présente des produits vietnamiens au Salon international halal de Melaka, en 2025. Photo: VNA

Le Vietnam et la Malaisie misent sur une coopération économique renforcée

Un forum sur la promotion du commerce, organisé le 15 mai à Kuala Lumpur, a mis en avant la volonté croissante du Vietnam et de la Malaisie de renforcer leurs relations économiques et d’approfondir l’intégration des entreprises des deux pays, dans un contexte de recomposition des chaînes d’approvisionnement régionales et de transition vers une économie plus verte et numérique.

Fabrication de composants électroniques chez Star Engineers Vietnam, dans la parc industriel Binh Xuyên I, dans la province de Phu Tho. Photo : VNA

Le Vietnam élargit ses marges de manœuvre budgétaires pour soutenir sa croissance

Le gouvernement prévoit de concentrer les ressources publiques en 2026 sur des projets d’infrastructure majeurs, dont l’aéroport international de Long Thành, une ligne ferroviaire à grande vitesse, des autoroutes, un périphérique et un complexe sportif urbain olympique. Les autorités anticipent un impact significatif de ces projets sur l’activité économique et la compétitivité du pays.

La partie aérienne de la ligne 3 du métro de Hanoï est aujourd’hui pleinement opérationnelle. Photo: vneconomy.vn

Du métro au TGV: la France accompagne la transformation ferroviaire vietnamienne

Du métro de Hanoï au futur train à grande vitesse Nord-Sud, la coopération ferroviaire entre la France et le Vietnam s’inscrit désormais dans une trajectoire de long terme. Elle associe infrastructures, transfert de compétences, innovation technologique et transition écologique. Un partenariat stratégique appelé à accompagner durablement la transformation du système de transport vietnamien et sa transition vers des mobilités plus durables.

Phu Quy mise sur l’économie maritime pour affirmer son développement durable. Photo: VNA

Phu Quy mise sur l’économie maritime pour affirmer son développement durable

À quelque 120 km du continent, l’île de Phu Quy, dans la province de Lâm Dong, mise sur ses richesses maritimes et naturelles pour accélérer le développement d’une économie bleue durable. Entre essor du tourisme insulaire, modernisation de la pêche et protection des ressources marines, l’archipel affirme progressivement son rôle stratégique au large du Centre méridional du Vietnam.

Le vice-président permanent du Comité populaire de Hô Chi Minh-Ville, Nguyen Loc Ha, (à droite) et l'ambassadeur Julien Guerrier, chef de la délégation de l'Union européenne (UE) au Vietnam. Photo : VNA

L’UE, partenaire clé du développement durable de Ho Chi Minh-Ville

À l’occasion de la Journée de l’Europe 2026 célébrée à Ho Chi Minh-Ville, les responsables vietnamiens et européens ont réaffirmé leur volonté de renforcer un partenariat stratégique global axé sur le développement durable, l’innovation, la transition verte et les technologies de pointe

Cao Dinh Thanh, fondateur et PDG d’ANPz Co., Ltd (All Nippon Partners) au Japon. Photo: VNA

Résolution n° 68 : un signal de confiance pour les investisseurs au Vietnam

Cao Dinh Thanh, fondateur et PDG d’ANPz Co., Ltd (All Nippon Partners) au Japon, a souligné que si de nombreuses entreprises japonaises disposent de capitaux importants et de technologies de pointe, elles ont tendance à se montrer prudentes lorsqu'elles s'implantent sur de nouveaux marchés. Ce qu'elles recherchent avant tout, ce ne sont pas seulement des incitations, mais la confiance dans la stabilité des politiques et les perspectives à long terme.