L’artiste "papilloniste" qui donne des ailes à ses oeuvres

Patronne d’une galerie de peintures à Bao Lôc, province de Lâm Dông, Vu Thi Nguyêt Anh, paraplégique, a en sa possession des milliers de tableaux qu’elle confectionne avec… des ailes de papillons.
Hanoi (VNA) - Patronne d’une galerie de peintures à Bao Lôc, province de Lâm Dông, Vu Thi Nguyêt Anh, paraplégique, a en sa possession des milliers de tableaux qu’elle confectionne avec… des ailes de papillons.
L’artiste "papilloniste" qui donne des ailes à ses oeuvres ảnh 1Vu Thi Nguyêt Anh a confectionné des milliers de tableaux en ailes de papillons. Photo: CVN

Située au 828/2 de la rue Trân Phu, ville de Bao Lôc, province de Lâm Dông (Hauts Plateaux du Centre), la galerie Anh Kim expose plusieurs milliers de tableaux partageant la même originalité: ils ont été réalisés avec des ailes de papillons. Derrière l’atelier se trouve un élevage des plus spéciaux où vivent des myriades de papillons d’espèces différentes. Un domaine admirable qui fait la fierté de sa propriétaire Vu Thi Nguyêt Anh, 38 ans.    

Montrant un grand tableau représentant le paysage paisible d’une vieille rue, Nguyêt Anh explique: "Pour exécuter un tableau d’une telle envergure, j’ai dû utiliser des milliers d’ailes de papillon. Une quantité difficile à se procurer dans la nature. D’où mon projet de mettre en place cet élevage". Et d’ajouter que le processus d’élevage et de traitement des "matières premières" demande une procédure technique méticuleuse et compliquée. "Il s’agit d’un travail minutieux qui requiert une grande passion pour l’art".

Née à Bao Lôc, une haute région spécialisée en sériciculture, la petite Nguyêt Anh connaît bien les vers à soie ainsi que leur processus de mutation en papillon. Pour elle, les papillons multicolores sont d’une "beauté indescriptible". Passionnée par ces insectes depuis l’enfance, elle a d’abord cherché à les capturer pour en faire des collections de papillons séchés. "Je n’aurai jamais imaginé à ce moment-là que les papillons seraient liés aussi étroitement à ma vie", confie-t-elle.
L’artiste "papilloniste" qui donne des ailes à ses oeuvres ảnh 2Une œuvre de Vu Thi Nguyêt Anh. Photo: CVN
Grande source d’inspiration

Un malheur s’est abattu sur Nguyêt Anh quand elle n’avait alors que 5 ans. Après une crise de fièvre sévère, la fillette perd peu à peu la sensation de ses jambes jusqu’à ce qu’elle devienne infirme et doive recourir, jusqu’à ce jour, à l’assistance de béquilles. Il s’agit d’une période très difficile dans la vie de cette écolière qui, lors des récréations à l’école, pendant que ses camarades jouaient, couraient et s’adonnaient à toutes sortes d’activités physiques, restait assise à l’écart à admirer les fleurs et les papillons du jardin. C’est ainsi qu’est né en elle cet amour pour ces insectes.

En grandissant, Nguyêt Anh choisit de faire ses études dans une école technique d’apprentissage à Bao Lôc. Avec des connaissances acquises en biochimie ainsi qu’un don inné pour la peinture et un sens esthétique, la jeune invalide décide d’orienter sa vie dans la création de peintures en papillon, un métier à l’époque encore peu connu au Vietnam. 

L’atelier Anh Kim voit ainsi le jour en 2002 dans la ville de Bao Lôc. Afin de ne jamais manquer de "matières premières", Nguyêt Anh met en place son propre élevage de papillons. "J’ai étudié toutes les espèces présentes dans toute la région des hauts plateaux du Centre, avant de me rendre sur place pour les chercher et les capturer", se rappelle-t-elle.

Petit à petit, la chenille fait son cocon. L’élevage compte actuellement une cinquantaine d’espèces aux couleurs magnifiques. "C’est un don précieux que la nature m’a offert. Vraiment, ces ailes multicolores constituent pour moi une source d’inspiration intarissable".     

Selon l’artiste, la création d’une peinture en papillon demande plusieurs phases de travail. Du travail en amont des matières premières: choix des papillons (dont les ailes diffèrent en couleur et en motif), leur traitement chimique (pour une conservation durable), leur séchage (afin de préserver leur couleur)... à la composition artistique: dessin sur papier, découpage et collage des pièces séchées sur le dessin. "L’important, c’est de rendre la peinture la plus subtile possible, grâce au choix de gammes de couleur appropriées à chaque détail du modèle à représenter", insiste-t-elle.
L’artiste "papilloniste" qui donne des ailes à ses oeuvres ảnh 3Les œuvres d’art signées Anh Kim ont été primées lors de diverses expositions de peintures organisées à Dà Lat et à Huê. Photo: VNA
Emblème culturel de Lâm Dông

Les créations de Nguyêt Anh sont vivantes et variées: composées d’un seul ou de nombreux papillons, elles peuvent comporter jusqu’à plusieurs centaines d’ailes. Qu’il s’agisse d’une belle forêt en automne, d’un feu de camp en hiver, d’une peinture de nu ou encore du paysage romantique d’une vieille rue... "Ces images illustrent une association harmonieuse entre la nature, la vie et l’art, comme l’ont observé des experts en peinture.

Les œuvres d’art signées Anh Kim ont été primées lors de diverses expositions de peintures organisées au Festival de fleurs de Dà Lat (province de Lâm Dông) et au Festival culturel de Huê (province de Thua Thiên Huê, au Centre). En particulier, en 2010, son œuvre intitulée "Histoire d’amour à Dà Lat" a été choisie pour être multipliée en qualité d’“emblème culturel et touristique”de Lâm Dông.

La renommée de Nguyêt Anh dépasse les frontières de Lâm Dông. Actuellement, ses tableaux en papillons sont présents sur le marché d’autres grandes villes, dont Hanoï (Nord), Nha Trang, Phan Thiêt (Centre), Hô Chi Minh-Ville et Vung Tàu (Sud).   

Cela fait aujourd’hui 15 ans que l’atelier Anh Kim a vu le jour. Cet établissement est considéré à présent comme un véritable "musée du papillon", où affluent nombre de visiteurs vietnamiens comme étrangers.  "Nous accueillons chaque jour de nombreux amateurs d’art et de nature désireux de découvrir la vie des papillons mais également des élèves, des étudiants ainsi que des biologistes", vante la propriétaire avec fierté. – CVN/VNA

Voir plus

La conférence de presse sur la Journée de la poésie. Photo: qdnd.vn

Quang Ninh accueillera la Journée de la poésie vietnamienne 2026

Les festivités auront lieu dans les quartiers de Bai Chay et Ha Long, le jour de la pleine lune du premier mois lunaire. La Nuit de la Poésie sera le point d’orgue de cette édition. Le public pourra découvrir des œuvres sur la mer écrites par plusieurs générations de poètes vietnamiens, et écouter des lectures de poèmes accompagnées de performances musicales inspirées de textes poétiques.

Dans la peinture populaire Dong Ho « Vinh Quy Bai To » (Le retour au foyer dans la gloire), le cheval magnifiquement décoré ramène chez lui le lettré qui a réussi.

Le cheval, muse artistique de l'art populaire à l'art moderne

Depuis des siècles, l’image du cheval constitue une source d’inspiration majeure dans l’art vietnamien. Présent aussi bien dans l’art populaire que dans les arts appliqués, il traverse aujourd’hui encore les formes d’expression visuelle modernes et contemporaines.

Trois livres qui seront publiés au Royaume-Uni. Photo: thethaovanhoa.vn

La littérature jeunesse vietnamienne s’exporte au Royaume-Uni

"Flânerie avec le Temps", "Lettres à la Mort" et "Le Têt de toutes les régions" seront publiés au Royaume-Uni en printemps 2026. Ces trois livres, bien que présentant des approches différentes, partagent une grande rigueur, une profondeur de contenu et une esthétique soignée.

Une représentation au Concert du Nouvel An 2026. Photo: VNA

Hanoï accueille un concert pour le Nouvel An lunaire

Le Concert du Nouvel An 2026, placé sous le signe de l’Année du Cheval, s’est tenu le 24 février au soir à l’Opéra Ho Guom de Hanoï, en présence de hauts responsables du Parti et de l’État, de diplomates et d’invités internationaux.

Fête à Yen Tu. Photo: VNA

Bac Ninh : le Festival "Retour à la terre du patrimoine - 2026" célèbre les patrimoines reconnus par l’UNESCO

La province de Bac Ninh organisera fin mars 2026 le Festival "Retour à la terre du patrimoine - 2026", un événement d’envergure marqué par la reconnaissance de l’UNESCO pour l’art des estampes populaires de Dong Ho et la mise à l’honneur de nouveaux sites classés au patrimoine mondial, avec au programme de nombreuses activités culturelles, spirituelles et touristiques destinées à valoriser les richesses du Kinh Bac.

Performance de flûte Hmong. Photo: VNA

Résolution 80 : La culture, ciment des communautés et vecteur de consensus social

Dans un contexte d’urbanisation rapide, de migrations de travail et de forces du marché qui transforment les structures sociales, considérer la culture comme une ressource interne devient de plus en plus crucial. Lorsqu’on lui accorde la place qui lui revient, la culture peut agir comme le « ciment » qui unit les communautés, renforce l’identité, consolide le consensus social et fournit une base spirituelle solide pour un développement durable.