La vitalité d'un village de tissage de nattes à Dông Thap

Situé au bord de la rivière Hâu, le village de Dinh Yên, dans la province méridionale de Dông Thap, est célèbre pour sa longue tradition de tissage de nattes.
La vitalité d'un village de tissage de nattes à Dông Thap ảnh 1Environ 70% des ménages de Dinh Yên pratiquent le tissage des nattes. Photo: VNA

Hanoï (VNA) - Situé au bord de la rivière Hâu, le village de Dinh Yên, dans la province méridionale de Dông Thap, est célèbre pour sa longue tradition de tissage de nattes. Après plus d’un siècle de développement, il a été reconnu en 2013 patrimoine culturel immatériel national.

Lorsque cette terre n’était encore qu’une jungle impénétrable, ses premiers habitants ont rapidement compris comment tirer parti du carex sauvage, une sorte de plante vivace, pour tisser des nattes à utiliser dans leur vie quotidienne.
Lentement mais sûrement, les nattes sont devenues indispensables et sont même aujourd’hui utilisées dans diverses cérémonies culturelles régionales.

Selon les vieux du village de Dinh Yên, dans le passé, leurs ancêtres ont migré de la plaine côtière du Nord (provinces de Thai Binh et Nam Dinh) vers le Sud pour s’y installer, apportant l’artisanat traditionnel avec eux. Le climat chaud du Sud et les nombreuses plaines alluviales le long de la rivière près du village sont propices à la croissance du carex, ce qui a fait prospérer le commerce du tissage. L’artisanat s’est ensuite transmis de génération en génération, et maintenant la région est célèbre pour ses nattes, qui sont utilisées dans toutes les provinces du Sud.

Personne ne se souvient exac-tement de la date de fondation du village de Dinh Yên, mais en 1910, à une époque prospère, une maison communale a été construite ici et le tissage des nattes s’est renforcé.

Après plus d’un siècle de vicissitudes, cet artisanat figure sur la carte culturelle du delta du Mékong et a été reconnu en 2013 patrimoine culturel immatériel national. Actuellement, environ 70% des ménages de Dinh Yên pratiquent ce métier, et le village produit environ un million de pièces par an, dont beaucoup sont exportées vers le Cambodge et la Thaïlande.

Le travail artisanal, gage de qualité

Les nattes de Dinh Yên sont d’une qualité exceptionnelle, présentant de nombreux designs, des tailles et couleurs différentes, qui peuvent être personnalisés sur demande.

Un tapis blanc uni coûte de 25.000 à 80.000 dôngs (1,1 à 3,5 USD, tandis qu’une natte en couleur ou imprimée de fleurs est plus cher). Les tisseurs locaux peuvent gagner environ 170.000 dôngs par jour.

Selon Nguyên Van Nên, habitant du village d’An Loi A, dans les années 2000, les nattes de carex sont tombées en déclin en raison de la concurrence de celles de bambou, perçues comme modernes et luxueuses, ainsi que de celles en bois et en plastique, très abordables.

Cependant, les villageois, conscients de la qualité de leur savoir-faire, n’ont pas abandonné. Au contraire. Des investissements ont été réalisés pour utiliser des machines et ainsi réduire le temps de travail tout en offrant une haute qualité répondant aux nouvelles exigences du marché.

Depuis, les nattes de carex connaissent une nouvelle vigueur. Mieux, elles ne sont plus considérées comme de simples objets de campagne, mais sont devenues un produit traditionnel révélateur de la culture du Sud. Le savoir-faire unique des artisans de Dinh Yên a été valorisé.

Hô Thi Thuy, une tisseuse locale, fait savoir que chaque machine à tisser coûte environ 25 millions de dôngs (plus de 1.100 USD). Dans un délai de six mois, il est possible de récupérer la somme investie. Mme Thuy peut produire de 10 à 15 nattes par jour, lui rapportant entre 150.000 et 200.000 dôngs.

Cependant, les produits faits à la main possèdent des qualités que ceux tissés à la machine ne peuvent pas remplacer. Ils restent d’ailleurs particu-lièrement populaires parmi tous ceux qui recherchent quelque chose d’unique.

Grâce à leurs mains habiles, leur assiduité et leur amour pour le métier de leurs ancêtres, les ménages locaux produisent chaque année un grand nombre de nattes à motifs vibrants, lisses et durables. Pham Thi Y, du village d’An Khuong, informe que chaque jour, elle et ses enfants peuvent tisser quatre à six nattes à la main.

"Le tissage à la main est difficile mais il est important de continuer car de nombreuses personnes préfèrent les produits artisanaux à ceux fabriqués à la machine", explique-t-elle.

Selon un artisan expérimenté du village d’An Binh, le tisseur doit choisir des fils de carex qui ne sont ni trop gros ni trop mous. Ils sont ensuite teints, puis séchés au soleil pendant une à trois heures avant que le tissage puisse commencer. En 2013, le métier de tissage de nattes à Dinh Yên et Dinh An a été reconnu par le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme patrimoine culturel immatériel national.

Les nattes de Dinh Yên sont une marque déposée avec un processus d’emballage et de production détaillé. Elles sont vendues dans de nombreux supermarchés et magasins de qualité. Selon Nguyên Van Sang, vice-président du Comité populaire de la commune de Dinh Yên, les années précédentes, les nattes se vendaient très bien et étaient mêmes exportées, donc les gens étaient ravis de les fabriquer. Cependant, depuis le début de la pandémie, les affaires ont été durement touchées.

"Une fois que l’épidémie sera bien maîtrisée, les nattes de Dinh Yên devraient de nouveau se vendre comme avant. Nous proposons aux autorités du district et de la province de mettre en place des politiques pour soutenir le village artisanal en ces temps difficiles, déclare M. Sang. Dans l’attente, nous encourageons les ménages à continuer à tisser à la main afin de conserver ce métier traditionnel".-CVN/VNA

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