La réussite d’une Viêt kiêu dans un secteur dominé par les hommes

Vo Vu Thùy My, 34 ans, travaille dans un fonds de capital risque, un secteur dominé par les hommes. Elle est devenue associée-gérante de Fuel Venture Capital à Miami, aux États-Unis. Une carrière accomplie
La réussite d’une Viêt kiêu dans un secteur dominé par les hommes ảnh 1Thùy My heureuse avec sa famille aux États-Unis. Photo : Maggie Vo/CVN

Hanoï (VNA) - Vo Vu Thùy My, 34 ans, travaille dans un fonds de capital risque, un secteur dominé par les hommes. Elle est devenue associée-gérante de Fuel Venture Capital à Miami, aux États-Unis. Une carrière accomplie malgré un parcours difficile.

À l’âge de 17 ans, Vo Vu Thùy My a quitté le Vietnam, son pays d’origine, afin de poursuivre ses études aux États-Unis. Malgré ses études couronnées de succès, elle a dû faire face à des situations et des obstacles franchement démotivants.

"Afin de pouvoir obtenir une bourse d’études à l’université, j’ai dû travailler dur pour avoir les meilleurs résultats scolaires tout en faisant en plus de nombreuses activités extrascolaires exceptionnelles en seulement neuf mois. C’était un peu inconvénient pour moi parce que les étudiants américains ont quatre ans pour perfectionner leur dossier de candidature à l’université", se souvient Thùy My.

La première associée-gérante de Fuel Venture Capital

Un autre défi pour elle, c’est que contrairement à sa vie dynamique au Vietnam, où elle était un membre du groupe musical Tymyty et l’une des meilleurs élèves du Lycée d’élite Lê Hông Phong à Hô Chi Minh-Ville, elle était une étudiante internationale qui parlait à peine anglais à son arrivée aux États-Unis, avec peu ou pas d’amis au début. "Je me sentais comme une personne invisible", confie-t-elle.

Cependant Thùy My, a surmonté toutes les difficultés en considérant la pression comme une source d’énergie pour repousser ses limites. Elle aime aussi se mettre au défi pour pouvoir ensuite profiter du butin de son travail et de la fierté qu’elle ressent d’avoir surmonté les épreuves.

Après avoir obtenu son diplôme, elle est entrée dans le secteur de l’investissement financier, un domaine hautement compétitif dominé par les hommes.

Quand Thùy My a obtenu son diplôme de l’université privée Centre College à Kentucky, la crise financière se déroulait aux États-Unis, ce qui compliquait la recherche d’un emploi, en particulier dans la finance et en tant qu’étudiant international. À cause de son visa, elle n’a eu que 90 jours pour trouver un emploi, au-delà elle devait retourner au Vietnam.

Elle a finalement trouvé un emploi d’analyste dans une société du même État où elle a fréquenté l’université. Mais un jour, sur un vol, elle se trouva assise par hasard à côté du directeur des investissements d’un fonds spéculatif. Un tournant.

"Nous avons entamé une conversation et développé au fil du temps une relation professionnelle. Il m’a encouragé à obtenir le certificat CFA, au lieu de poursuivre un MBA, et finalement il m’a proposé un emploi. Je suis devenue son +bras droit+", raconte-t-elle.

En 2018, Thùy My a rejoint Fuel Venture Capital à Miami en tant qu’analyste. Ce fonds d’investissement se concentre sur les entreprises technologiques de pointe - de l’intelligence artificielle à l’Internet des objets, en passant par la réalité virtuelle, la robotique et la technologie financière.

"Seulement un an après, j’ai été promue responsable des investissements. Je suis récemment devenue la première associée-gérante de Fuel Venture Capital à Miami. C’est la réalisation la plus significative de ma carrière à ce jour", dévoile-t-elle.

"J’essaie toujours de faire plus que ce qui m’a été assigné et ce qu’on attend de moi. Je suis exigeante dans toutes mes activités. Cela a aidé mes collègues à me faire confiance. J’ai récemment eu l’opportunité de rejoindre le conseil d’administration de plusieurs start-up. Travailler avec des entrepreneurs pour planifier des stratégies de développement, trouver des solutions aux défis émergents, et plus encore, m’a fait aimer mon travail plus que jamais", partage-t-elle.

Le fonds Fuel Venture Capital est en train de travailler avec plusieurs partenaires en Europe et en Amérique latine dans la création d’un écosystème de start-up à Miami.

Soutien aux start-up vietnamiennes

Thùy My ne cache pas son ambition d’accumuler des expériences et des relations importantes ici aux États-Unis, pour que plus tard, elle dispose des outils et du réseau pour faire de même au Vietnam, afin d’aider les start-up vietnamiennes à pénétrer le marché américain et à rencontrer le succès à l’international.

"En 2019, nous avons investi dans la compagne Ohmnilabs, cofondé par le docteur d’origine vietnamienne Vu Duy Thuc, diplômé de l’Université de Stanford. Il est un exemple typique d’immigrant vietnamien très performant aux États-Unis. Il est très encourageant de voir des entrepreneurs vietnamiens prospérer dans ce pays", estime-t-elle.

Bien que son travail soit toujours très chargé, Thùy My lit des livres à son enfant tous les soirs, et chaque week-end, toute sa famille regarde un film ensemble. Sa fille adore les samedis parce qu’elle sait que c’est à ce moment qu’elle pourra passer tout son temps avec ses parents. Elle joue souvent à des jeux d’apprentissage actif ou fait des puzzles avec son père, et elle aime apprendre le piano, chanter ou faire des mathématiques avec sa mère.

La fille de Thùy My téléphone souvent à ses grands-parents au Vietnam. "Il est important pour nous qu’elle entretienne des liens avec ses proches au Vietnam et qu’elle sache où sont ses racines. Même si j’ai quitté mon pays d’origine il y a plus de 15 ans, je parle toujours le vietnamien aussi bien qu’au Vietnam. Je veux que ma fille puisse faire de même", avoue-t-elle.

En raison de son héritage asiatique, Thùy My attache une grande importance aux valeurs familiales, à ses racines. En même temps, elle incarne aussi l’image de la "femme moderne", qui poursuit toujours des objectifs professionnels avec ambition et passion, voulant faire de grandes choses pour soi-même.

"Je suis très heureuse d’être aujourd’hui en mesure de faire les deux. J’ai eu la chance de trouver mon +autre moitié+ chez quelqu’un qui, comme moi, était un Vietnamien étudiant à l’étranger, donc mon mari me comprend complètement, et nous partageons tout", conclut-elle.-CVN/VNA

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