La restructuration aspire à une agriculture verte

La réforme agricole est une composante essentielle du plan de restructuration de l’économie nationale.

​Hanoï (VNA) - La réforme agricole est une composante essentielle du plan de restructuration de l’économie nationale. Elle doit suivre au plus près la stratégie de développement socio-économique du Vietnam comme les exigences en matière de protection de l’environnement.

Actuellement, l’ensemble des 63 villes et provinces du pays mènent une restructuration agricole privilégiant l’élevage et l’aquaculture. Toutefois, le secteur agricole doit régler de nombreux problèmes  comme le manque de capitaux, une gestion insuffisamment synergique, un aménagement foncier irrationnel, outre la nécessité de modifier plusieurs politiques.

Selon le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Nguyên Xuân Cuong, le bilan des trois ans passés de restructuration agricole est bon, mais le secteur manque de stabilité, et le nombre d’entreprises et de coopératives agricoles est toujours insuffisant. «La restructuration agricole repose sur trois lignes de produits. Le premier comprend les produits dont l’export dégage au moins un milliard de dollars, leur production est nationale. Le deuxième, ceux rapportent quelques centaines de millions de dollars et qui relèvent généralement de la province. Et le troisième et dernier groupe, les produits purement locaux. Le gouvernement doit se consacrer à modifier ses politiques destinées aux entreprises investissant dans l’agriculture, dans le sens d’un développement des coopératives», a demandé Nguyên Xuân Cuong.

La restructuration aspire à une agriculture verte ảnh 1La participation de la production agricole primaire au PIB est réduite à environ 18%, contre 31% il y a vingt ans. Photo : CVN

Approuvé en 2013 par le Premier ministre, le plan de restructuration agricole, qui a pour objet d’élever la valeur ajoutée et d’assurer un développement durable au secteur, a abouti à d’encourageants résultats. Le secteur agricole continue d’exploiter 3,8 millions d’hectares de rizières pour assurer la sécurité alimentaire comme l’optimisation de l’usage des sols, en vue de produire plus de 45 millions de tonnes de riz d’ici à 2020, en privilégiant l’amélioration du rendement comme de la qualité du riz. Le maïs figure également sur la liste des cultures prioritaires.
D’après le programme, le Vietnam devrait produire 8,5 millions de tonnes de maïs pour la production d’aliments pour animaux afin de réduire progressivement ses importations.

Réduction de la riziculture

Sur cette base, le ministère de l’Agriculture et du Développement rural a agréé en mai 2014 le plan de restructuration de l’agriculture pour la période 2016-2020, lequel prévoit en particulier un changement de culture pour les parcelles rizicoles de faible rendement au profit d’autres plantes plus profitables, en combinaison avec l’aquaculture.

En juillet 2014, ledit ministère a ajouté un autre objectif, celui de développer une agriculture durable en termes de respect de l’environnement et d’adaptation au changement climatique, avec une priorité pour le delta du Mékong. Mais ce scénario de croissance a peu de chances de se poursuivre ainsi dans le futur. On a noté une compétition accrue des autres secteurs en termes de ressources, l’évolution de la demande nationale comme internationale, ainsi que l’augmentation des coûts. La concurrence à laquelle font face les producteurs n’est plus simplement une concurrence par les prix : à présent, elle se fait également en termes de qualité, de respect des normes, de fiabilité et de durabilité. Le secteur agricole doit donc apprendre à s’adapter à l’évolution de la demande, renforcer ses capacités, et innover davantage.

Dans son rapport de 2016 «Restructuration agricole : élever la valeur ajoutée, baisser le coût des intrants», la Banque mondiale (BM) a souligné que le Vietnam devait garantir la qualité et la sûreté de ses produits alimentaires, ainsi qu’augmenter leur valeur ajoutée, afin d’améliorer sa compétitivité sur le marché mondial.

Le rapport souligne aussi les progrès réalisés par son secteur agricole. Le Vietnam figure parmi les cinq premiers exportateurs mondiaux de produits agricoles. Le secteur agricole a abouti à des résultats encourageants, il doit toutefois faire face à de grands défis en matière démographique, économique et environnementale, lesquels sont analysés de manière approfondie, de même que les opportunités. Selon ledit rapport, afin de maintenir ou d’élever sa position concurrentielle sur le marché international, le Vietnam doit améliorer la qualité et la sécurité alimentaire de ses produits, ainsi qu’augmenter leur valeur ajoutée. Ce texte expose un plan de réformes sur le court comme le long terme en vue du renforcement des institutions publiques et d’une économie de marché, afin d’atteindre les objectifs fixés en matière de développement agricole et de réseaux de distribution. Il constate les progrès du secteur agricole qui ont fait du Vietnam l’un des premiers pays exportateurs mondiaux de produits agroalimentaires et vivriers, notamment l’un des cinq exportateurs mondiaux de produits aquatiques, de riz, de café, de noix de cajou, de poivre et de manioc. «Le Vietnam a besoin de réformer ce secteur pour relever ses défis en vue de s’assurer d’une croissance sectorielle dans le futur, comme de répondre aux besoins de son marché domestique et, plus largement, de sa population», a souligné Ousmane Dione, directeur national de la Banque mondiale au Vietnam.

Priorité à la protection de l’environnement


Actuellement, la qualité de la croissance agricole reste modeste, le taux de chômage, élevé, la qualité et la sécurité alimentaire des produits, faibles, de même que les capacités d’innovation technologiques. La croissance agricole repose toujours sur un critère quantitatif, ainsi que l’utilisation d’intrants comme les engrais, et des ressources naturelles, à commencer par l’eau.

«Le Vietnam a besoin, aussi, de développer des labels et d’augmenter la valeur ajoutée de ses produits afin de renforcer leur exportation», a insisté Steven Jaffee, économiste en chef du secteur de l’agriculture de la BM. «Le pays doit aussi s’attacher à la protection de l’environnement et à assurer une croissance verte à ce secteur agricole», a-t-il ajouté. Le rapport avance donc des recommandations de politiques. Le gouvernement peut appliquer conjointement plusieurs mesures comme l’augmentation de l’efficacité de la gestion des organismes publics, le renforcement des politiques privilégiées, le développement d’une agriculture verte et l’amélioration de la sécurité alimentaire et de la protection du consommateur...

«Dans l’avenir, le Vietnam diminuera de plus en plus la superficie allouée à sa riziculture au profit d’autres cultures de plus forte valeur économique, telles que fruits et légumes, outre l’aquaculture», a souligné Nguyên Dô Anh Tuân, directeur de l’Institut de politique et de stratégie du développement agricole et rural. L’État doit aussi prendre des mesures de gestion des risques agricoles et créer un environnement idoine pour le développement des entreprises du secteur.

Dans cette perspective, le Vietnam a décidé de convertir 87.000 hectares de rizières de faible rendement en cultures de haute valeur économique comme le maïs, l’arachide, le sésame et les légumes. Des zones spécifiques de riziculture ont été réaménagées, en concertation avec les agriculteurs et les entreprises. La superficie de ces zones est aujourd’hui de 121.000 hectares. La filière de l’élevage a également été réorganisée, de même que le secteur de la recherche et de la lutte contre les épidémies.

La restructuration aspire à une agriculture verte ảnh 2Le Vietnam a décidé de convertir 87.000 hectares de rizières de faible rendement en cultures de haute valeur économique.
Photo : VNA

De nouveaux modèles de production

Le service sylvicole s’est fixé 4 tâches primordiales : améliorer le rendement, la qualité et la valeur du reboisement ; augmenter la valeur ajoutée des meubles ; développer l’économie collective et la connectivité entre les chaînes de valeurs. Le secteur de l’aquaculture se focalise désormais sur l’exploitation et l’élevage, la protection des ressources aquatiques, l’augmentation de la pêche hauturière, la défense et la sécurité des zones maritimes, la réduction des pertes après la récolte, et la diversification de l’élevage.

Les localités ont mis en place plusieurs nouveaux modèles agricoles, qui seront généralisés à un niveau national. Les filières de la culture, de l’élevage, de l’hydraulique et de l’aquaculture se sont focalisées sur l’amélioration de la qualité et de la valeur ajoutée de leurs produits. De nouveaux modèles de production ont été mis en place comme la création de zones de grandes rizières, la connectivité entre les agriculteurs et les entreprises, entre coopératives, groupes de production et entreprises, afin de mieux assurer toutes les phases de production et de commercialisation des produits.

Durant la période 2016-2020, le secteur agricole devra, selon l’objectif du gouvernement, convertir 204.000 ha de rizi- cultures, dont 53.000 ha en maïs, 13.000 ha en soja, 14.000 ha en sésame et en arachide, 60.000 ha en maraîchage et en horticulture, 18.000 ha en aliments pour animaux, et, enfin, 46.000 ha en diverses autres cultures combinées avec l’aquaculture. -CVN/VNA

Voir plus

Le groupe POSCO. Photo: POSCO

Batteries : le sud-coréen POSCO choisit le Vietnam pour sa première usine à l’étranger

POSCO Future M, filiale du groupe sud-coréen POSCO, a choisi la zone industrielle Sông Công 2 – Viglacera pour sa première usine de matériaux de batteries au Vietnam, un investissement stratégique de plus de 400 millions de dollars visant à renforcer la chaîne d’approvisionnement mondiale des véhicules électriques et à illustrer l’attractivité croissante de l’écosystème industriel vietnamien dans le contexte de la transition énergétique.

La cérémonie de remise de documents de coopération Vietnam–Cambodge

La cérémonie de remise de documents de coopération Vietnam–Cambodge

En visite officielle au Cambodge, Tran Cam Tu a assisté à Phnom Penh à la remise de plusieurs accords de coopération entre des localités vietnamiennes et cambodgiennes, illustrant le dynamisme croissant des relations bilatérales, notamment sur les plans économique et politique.

La présidente de l'Alliance des coopératives du Vietnam, Cao Xuan Thu s'exprime au Forum. Photo: VN Business

Forum des coopératives 2026 : vers une synergie avec le secteur privé

Ayant pour thème « Connecter l’économie coopérative à l’écosystème économique privé », le Forum national des coopératives 2026 a réuni environ 300 délégués et a permis de clarifier cette relation de complémentarité. En associant l’esprit de coopération aux capacités d’innovation du secteur privé, le Vietnam ambitionne de construire un écosystème économique durable et inclusif.

La Résolution n° 68-NQ/TW vise à faciliter la participation profonde des entreprises privées dans les projets d'importance nationale. Photo: VNA

Un an après la Résolution 68, le secteur privé en forte dynamique

L'un des piliers de la Résolution n° 68-NQ/TW est de faciliter la participation profonde des entreprises privées dans les projets d'importance nationale. L'année écoulée a vu le lancement de 564 ouvrages et projets pour un investissement total dépassant 5,15 millions de milliards de dôngs. Fait notable : les capitaux privés représentent environ 75 % de ce montant, confirmant leur rôle de moteur de la croissance économique.

L'ambassadeur du Vienam en Allemagne, Nguyen Dac Thanh. Photo: VNA

Le Vietnam et l'Allemagne renforcent leur coopération dans le domaine du travail

L’Allemagne et le Vietnam souhaitent hisser la coopération dans le domaine du travail au rang de pilier majeur de leur partenariat stratégique, tout en renforçant la coordination en matière de formation professionnelle et de mobilité de la main-d’œuvre, ont affirmé des responsables des deux pays lors d’une réunion tenue le 9 avril à Berlin.

Aéroport international de Cat Bi à Hai Phong. Photo: VNA

Le secteur aérien garantira l'approvisionnement en carburant pour le pic des congés du 30 avril et du 1er mai

Actuellement, les entreprises de fourniture de carburant aérien déploient des efforts considérables pour négocier et diversifier leurs sources d'approvisionnement, tant au niveau national qu'international. Parallèlement, elles renforcent leurs capacités de coordination et de stockage afin de répondre aux besoins immédiats et d'aider les compagnies aériennes à stabiliser leurs opérations.

Ouvriers d'une entreprise de transformation alimentaire dans la province de Dong Nai. Photo : VNA

Le Vietnam transforme les défis en opportunités : Banque mondiale

Alors que la croissance en Asie de l'Est et dans le Pacifique ralentit face à une incertitude mondiale croissante, le Vietnam continue de se distinguer par sa capacité d'adaptation et sa volonté de transformer les défis en opportunités de réforme, selon la Banque mondiale.

L'Assemblée nationale examine l'ajustement de la fiscalité sur les carburants

L'Assemblée nationale examine l'ajustement de la fiscalité sur les carburants

Selon l’agenda de la première session de la 16e législature, les députés de l'Assemblée nationale du Vietnam débattent un projet de résolution portant sur les taxes de protection de l'environnement, la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et les droits d'accise sur l'essence, le diesel et le carburant d'aviation.

Un drone effectue une opération d'épandage d'engrais dans un champ. Photo : VNA.

Ouvrir de nouveaux espaces de croissance grâce à l’économie de basse altitude

L’économie de basse altitude s’impose comme un nouveau levier de croissance au Vietnam, fondé sur l’innovation technologique et l’exploitation des données. En structurant un écosystème autour des drones et des infrastructures aériennes à faible altitude, le pays entend moderniser ses secteurs clés et créer de nouvelles dynamiques économiques.

Le ministre de l'Économie, Luis Pedrero, s'entretient avec l'ambassadeur du Vietnam au Mexique, Nguyên Van Hai. Photo: VNA

Le Vietnam renforce ses liens commerciaux avec des régions du Mexique

Des entreprises du Chiapas ont manifesté leur intérêt pour une coopération avec des partenaires vietnamiens dans la production et la commercialisation de produits aquacoles, notamment le tilapia ainsi que les crevettes et autres produits dérivés. Elles ont également exprimé leur intérêt pour le développement de chaînes de valeur pour des produits agricoles tels que le café biologique, le cacao, le miel, les fruits secs et l’artisanat traditionnel.

Réunion du Comité permanent de l’Assemblée nationale. Photo: VNA

Le Comité permanent de l’AN adopte un cadre fiscal pour stabiliser les prix des carburants

Le président de la Commission de l’économie et des finances, Phan Van Mai, a déclaré que la commission soutenait la proposition du gouvernement et recommandait une approche globale et coordonnée, allant de la gouvernance des prix et de la transparence des composantes de la tarification des carburants à la stabilité de la chaîne d'approvisionnement, en passant par le renforcement des contrôles et la lutte rigoureuse contre la spéculation et l'accaparement.