La poterie de Biên Hoa entretient le feu de la tradition

Le village de Biên Hoa dans la province de Dông Nai produit depuis plus de trois siècles une céramique unique au monde. Reconnu dès la fin du 19e siècle pour ses pièces d’exception, ce centre historique de la poterie vietnamienne continue aujourd’hui de fasciner collectionneurs et amateurs d’art.

La poterie de Biên Hoa, caractérisées par des glaçures colorées et des techniques décoratives uniques. Photo: VNA
La poterie de Biên Hoa, caractérisées par des glaçures colorées et des techniques décoratives uniques. Photo: VNA

Hanoi (VNA) – Niché le long de la rivière Dông Nai, dans la province du même nom, le village de Biên Hoa produit depuis plus de trois siècles une céramique unique au monde. Reconnu dès la fin du 19e siècle pour ses pièces d’exception, ce centre historique de la poterie vietnamienne continue aujourd’hui de fasciner collectionneurs et amateurs d’art.

Dans l’atelier ancestral de Phong Son, Mai Ngoc Nhi perpétue un savoir-faire familial transmis depuis cinq générations. Chaque jour, elle ouvre ses portes aux visiteurs désireux de découvrir l’art de la poterie traditionnelle.

«La poterie de Biên Hoa est généralement peinte à la main et les clients apprécient le fait que chaque pièce soit unique. Les centres artisanaux sont essentiels à la préservation de cet art. Je préfère toujours la poterie artisanale à la poterie industrielle», explique-t-elle.

L’âge d’or de la poterie de Biên Hoa débute en 1903 avec l’ouverture de l’école de poterie d’Indochine. Cette période marque l’émergence d’un style unique, fusion des traditions vietnamiennes, chinoises et françaises. Les œuvres de Biên Hoa se distinguent alors dans les foires internationales, de Paris à Tokyo, par leurs motifs caractéristiques: scènes inspirées de la mythologie chinoise, représentations des quatres plantes symbolisant des quatre saisons de l’année et des quatre animaux sacrés, ou encore figures des divinités hindoues Shiva, Vishnu et Brahma, témoignant de l’influence de la culture Cham.

Mais c’est une époque révolue, comme le confirme Nguyên Thi Nguyêt, la vice-présidente de l’Association des lettres et des arts de la province de Dông Nai…

«La poterie de Biên Hoà est différente en termes de couleur de glaçure, de conception et surtout de motifs décoratifs. Plus tard, les produits ont dû évoluer car se concentrer uniquement sur l’art n’était plus économiquement viable…», souligne-t-elle.

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Un artisan peint à la main des motifs sur une céramique dans l’atelier Phong Son. Photo : VNA

La renommée mondiale de Biên Hoa doit beaucoup à sa célèbre glaçure «vert-de-gris fleuri», dont chaque atelier garde jalousement le secret de fabrication.

L’artisan Nguyên Minh Hùng détaille la complexité technique de ce processus. «Il faut graver l’émail avec une extrême précision pour que l’émail pointillé ne coule pas et ne s’estompe pas d’un trait à l’autre. La caractéristique de la poterie de Biên Hoà réside dans ses motifs petits et profonds», explique-t-il.

Aujourd’hui, le village fait face à de nouveaux défis. L’évolution des normes environnementales impose une modernisation des techniques de cuisson, tandis que la production s’oriente davantage vers des pièces artistiques que vers des objets utilitaires.

Pour préserver ce patrimoine, le musée provincial de Dông Nai multiplie les initiatives, comme l’indique son directeur, Nguyên Viêt Son. «La province de Dông Nai envisage de créer un musée de la céramique. Lorsqu’il existera, la céramique de Biên Hoa y occupera une place exceptionnelle, ce qui permettra de la faire découvrir au public et de la promouvoir auprès des générations futures», dit-il.

Le village connaît un nouveau souffle grâce aux politiques gouvernementales de soutien à l’artisanat traditionnel. Ses créations s’exportent désormais en Asie du Sud-Est et en Europe, tandis que le tourisme culturel permet de faire découvrir ce savoir-faire séculaire aux visiteurs du monde entier. – VOV/VNA

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