La pagode Linh Son s'engage pour les enfants déracinés

Cela fait maintenant plusieurs décennies que la pagode Linh Son, à Hô Chi Minh-Ville (Sud) est renommée pour servir de lieu de refuge pour donner une nouvelle chance aux enfants abandonnés ou orphelins. Plus qu’un simple établissement : une institution.
Cela faitmaintenant plusieurs décennies que la pagode Linh Son, à Hô ChiMinh-Ville (Sud) est renommée pour servir de lieu de refuge pour donnerune nouvelle chance aux enfants abandonnés ou orphelins. Plus qu’unsimple établissement : une institution.

La pagode Linh Son estnichée dans une ruelle au 43/20 rue Doàn Nhu Hai, 4e arrondissement. Latrouver peut s’apparenter à un véritable jeu de piste dans ce dédale deruelles qui caractérise cette partie de la ville. En plus d’être peuvisible, elle tourne le dos aux maisons les plus proches. Maisl’essentiel est ailleurs, puisqu’ici, les bonzesses apportent auxenfants délaissés par le sort un réconfort bienvenu, et tentent de leurfaire oublier un vécu pour le moins compliqué.

Inculquer des valeurs pour une vie meilleure

Lavie de ces «réfugiés» a, pour la plupart, été un enfer avant qu’ils nefréquentent les lieux. Les retrouver ici bien entourés et choyés n’estque justice. En majorité orphelins, ils ont toujours dû se débrouillerseuls, livrés à eux-mêmes et ne connaissant de fait rien aux sentimentset à la chaleur maternels.

C’est la bonzesse Tâm Huê qui prend encharge ce petit monde, composé d’une vingtaine de pensionnaires. Icinon plus, les conditions de vie ne sont pas toujours simples, dû au faitnotamment de l’étroitesse des lieux : 72 m².

Autour de labonzesse principale, d’autres s’activent pour s’occuper des enfants,leur donner une éducation et tous les outils nécessaires au«savoir-vivre ensemble». « Quand ils sont arrivés ici, tous ces enfantsavaient la même coupe de cheveux, si l’on peut dire... Au premierregard, il était impossible de distinguer s’il s’agissait d’un garçon oud’une fille. Quand ils m’ont rencontré pour la première fois, ils m’ontregardé avec une pureté dans le regard mêlée à une forme de respect queje ne suis pas prête d’oublier. Je pouvais voir à travers leurs yeux cedésir d’être aimé», nous dévoile la bonzesse Tâm Huê. Cette «maison ducœur », aujourd’hui connue, reçoit la visite de nombreuses organisationset particuliers.
Sous l’œil bienveillant de la bonzesse Tâm Huê

Labonzesse Tâm Huê est elle aussi passée par des moments pénibles. Lasanté fragile, sa mère l’a confiée à la pagode alors qu’elle n’avait quehuit ans. Cohabitant avec ses petits camarades d’infortune, c’est dansces murs qu’elle a appris ce qu’était le plaisir d’aimer et d’être aimépour un enfant. Cela l’a amenée à suivre les préceptes bouddhistes (lekarma notamment, qui, pour être produit, doit réunir l’intention d’agir,l’acte lui-même et la satisfaction d’avoir agi, ndlr) et à devenirl’infirmière principale pour une trentaine d’enfants avant de gagner -pour un temps seulement - d’autres horizons.

« J’ai eul’opportunité d’aller étudier en Australie pour suivre une licence desociologie en 2004. J’y ai finalement passé sept ans. Ce qui m’a frappélà-bas, c’est de constater que tous les enfants sont en bonne santé,physiquement et psychologiquement. Au Vietnam, la plupart des enfantsorphelins souffrent de la faim, n’ont pas assez de vêtements et, pire,ne sont pas scolarisés », confie-t-elle. Diplôme en poche, plusieursentreprises lui ont proposé un emploi, l’invitant à rester sur le sol.Mais elle a préféré retourner dans son pays natal. C’était en 2010.
Nouveau foyer pour les personnes en difficulté

Depuislors, elle tente de mettre en œuvre ce dont elle a toujours rêvé poursubvenir aux besoins de ses pensionnaires. En bonne religieuse qui serespecte, le confort matériel n’est rien comparé à la sérénité et aubonheur tranquille que lui apporte la vie monastique.

Sonobjectif n’est pas d’inciter les enfants à prendre l’habit. Seulement deles aider à disposer d’un bon environnement de vie et de leur donnerles outils pour s’intégrer, plus tard, dans la société. Selon elle, toutpasse par l’éducation. C’est pour quoi elle fait tout pour que sesprotégés, une fois arrivés à l’âge adulte, puissent poursuivre leursaspirations sur le plan professionnel. S’ils veulent rester à la pagode,ils peuvent devenir bonzes, l’essentiel étant qu’ils soient à même defaire leurs propres choix.

Guidée par le seul souci de leurdonner le meilleur, elle déclare: « L’espace dont nous disposons ici esttrès limité alors que nous accueillons un nombre croissant depensionnaires. Les conditions ne sont vraiment pas optimales. Mon désiraujourd’hui : pouvoir leur offrir un endroit plus vaste pour qu’ilspuissent jouer comme les autres enfants de leur âge ».

Dans cetteoptique, la bonzesse Tâm Huê a lancé un appel à ses fidèles ainsi qu’àdes organisations caritatives locales. Grâce à eux, elle a pu acheter unterrain agricole de plus de 10.000 m² dans la province de Long An oùelle pourra faire construire. Les coûts de construction seront pris encharge par les dons des fidèles et des mécènes. Une fois les travauxterminés, ce lieu sera un nouveau foyer pour les enfants, mais aussipour de nombreuses personnes âgées, l’autre cheval de bataille de notrereligieuse. – VNA

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