Le Vietnam est réputé pour son artculinaire qui peut constituer un argument touristique. Mais lesactivités de promotion, de publicité pour sa cuisine restent tropmodestes.
Des plats comme le nem, pho, cha ca (hachis frit de poisson) ne cessentde plaire au palais étranger. Le cha ca, par exemple, arrive dans soncaquelon et son réchaud au charbon, accompagné de vermicelles de riz,d'herbes en tout genre, de nuoc nam préparé, d'arachides non salées etde piments… Caché dans le vieux quartier de Hanoi, le restaurant Cha caLa Vong, au 14, rue Cha Ca, est une adresse prisée de nombreux gourmetset touristes qui arrivent à Hanoi.
David et Colleen, un couple américain, y viennent à chaque visite auVietnam. "Je voyage dans de nombreux pays, goûte de nombreux mets. Maisquand je me rends au Vietnam, la cuisine vietnamienne me plaîtbeaucoup", déclare David. Lui et sa femme ont parcouru du Nord au Suden passant par le Centre, pour goûter les plats des 3 régions. Ilsapprécient surtout la cuisine hanoïenne. "J'aime le pho à la rue LyQuôc Su, le cha ca La Vong", cite le gourmet. Et d'ajouter : "Depuisque j'ai goûté à l'art culinaire vietnamien, je le considère comme lanorme pour mes plats favoris". Une des raisons expliquant les 5 visitesde David et Colleen au Vietnam, c'est la cuisine du pays, à côtéd'autres valeurs comme la sympathie des habitants et les beauxpaysages. Ce couple promet de retourner encore au Vietnam pourcontinuer à apprécier la gastronomie du pays.
Vu Minh Tho, directeur de l'agence de voyage Asia Top Travel (Hanoi),qui accompagne David et Colleen au restaurant Cha ca La Vong, faitsavoir qu'il propose souvent à ses clients d'aller goûter ce plat etqu'ils aiment bien cette spécialité de Hanoi. "Outre le +cha ca+, lestouristes étrangers apprécient bien le +pho+, le +nem+", ajoute-t-il."En décembre dernier, certains experts philippins arrivés au Vietnampour assister à une conférence m'ont commandé un tour spécial sur lagastronomie, pour les conduire dans les meilleures adresses de l'artculinaire de la capitale", raconte Vu Minh Tho. C'est lui qui aaccompagné les musiciens du Philharmonique de New York, en tournée àHanoi il y a quelques mois, pour goûter le cha ca La Vong. "La cuisinevietnamienne est très impressionnante, c'est la constatation commune deces gourmets", fait-il savoir.
Vu Minh Tho fait découvrir également aux touristes les marchés de lacapitale pour leur présenter les plantes potagères, les fruits typiquesdu pays. Après les marchés, ils peuvent se rendre au restaurant AnhTuyêt, au 25 rue Ma Mây, à Hanoi, pour voir comment sa patronnepréparer différentes spécialités de Hanoi et apprendre à faire lacuisine à la vietnamienne.
"C'est une vraie valeur culturelle des Vietnamiens. Rare sont lescuisines qui peuvent se mesurer avec l'art culinaire vietnamien !",indique Anthony Bourdain, cordon-bleu américain, après son premierrepas chez Anh Tuyêt.
Jusqu'à présent, les touristes connaissent les plats vietnamiens, justepar le "bouche à oreille", par des sites web ou par leur guidetouristique. Aucun organisme national ne prend la responsabilité defaire de la publicité pour l'art culinaire vietnamien de façonprofessionnelle et formelle. La majorité des voyagistes ne mettentl'accent que sur des sites touristiques et ne présentent presque pasles plats vietnamiens. Certaines agences proposent des toursgastronomiques, mais il ne s'agit que d'initiatives de quelquescompagnies ou de tours faits sur la demande de certains groupes detouristes.
Les restaurants Anh Tuyêt ou Cha ca La Vong sont connus de nombreuxtouristes domestiques, étrangers, mais restent des adresses à titreindividuel. Il manque d'un lien entre ces adresses pour en faire unlabel de la gastronomie du Vietnam.
"Le tourisme vietnamien peut encore faire d'importants progrès dans laprésentation de la cuisine nationale à l'étranger", estime ladirectrice du Département de l'hôtellerie de l'Administration nationaledu tourisme (ANT), Dô Thi Hông Loan.
Pour valoriser la gastronomie vietnamienne, d'après Vu Thê Long, duclub de l'art culinaire du Vietnam, il faut établir une coopérationintersectorielle entre les chercheurs en art culinaire, lesscientifiques (relatifs à la technique de confection et de conservationdes aliments), les agriculteurs, les cuisiniers, les voyagistes... Tousdoivent travailler ensemble pour promouvoir les valeurs de l'artculinaire du Vietnam.
Par ailleurs, il faut restaurer les fêtes gastronomiquestraditionnelles, organiser des concours de chefs cuisiniers ou desséances de présentation de la cuisine vietnamienne aux touristesinternationaux.
Conserver et valoriser l'héritage culturel du pays dont l'artculinaire, contribuera certainement au développement durable dutourisme, indique le directeur de l'ANT, Nguyên Van Tuân.
Cette année, l'ANT intensifiera la publicité pour la cuisinevietnamienne auprès des touristes, déclare la responsable du Service del'hôtellerie, Dô Thi Hông Loan. Ainsi, un milliard de dôngs seraréservé à la publicité pour la cuisine nationale en 2010. "Ce n'est pasune somme importante, dit la responsable du Service de l'hôtellerie,mais c'est le début d'un processus de valorisation de la gastronomievietnamienne". -AVI
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