Hanoï (VNA) - L’anniversaire de la mort est une cérémonie très importante dans la vie spirituelle des Vietnamiens. C’est l’occasion de commémorer les ancêtres.

La cérémonie de commémoration des morts est une belle tradition des Vietnamiens.

Aujourd’hui, la famille de Nguyên Van Diêp au village de Me, commune d’An Hà, district de Lang Giang, province de Bac Giang (Nord) organise une cérémonie particulièrement importante : l’anniversaire de la mort de son père décédé il y a 16 ans. Le rite officiel est prévu dans l’après-midi, en fin de journée. Pourtant, dès le midi, la famille se réunit chez lui pour les préparatifs. Les uns sont chargés de la décoration de l’autel, les autres de la préparation des plats pour près de 80 personnes. À noter qu’une semaine avant le jour J, une réunion est organisée en présence des représentants de toutes les familles de la lignée.

Dans la tradition vietnamienne, l’anniversaire de la mort revêt une signification importante. C’est une cérémonie pour commémorer les morts et renforcer le lien entre les membres de la lignée. Elle est organisée le jour de la mort de l'ancêtre selon le calendrier lunaire.

L’épouse de Nguyên Van Diêp prépare l’autel. Elle utilise une serviette toute neuve trempée dans un mélange d’alcool blanc et de gingembres égrugés en petits morceaux pour nettoyer l’autel. Les offrandes sont ensuite présentées, et les fruits sont incontournables : banane, pamplemousse, oranges… "Nous faisons particulièrement attention à la préparation des offrandes. Nous croyons que grâce à notre vénération pour les morts, nous bénéficieront de la protection des ancêtres", confie Nguyên Thi Hiêu, âgée de 67 ans.

Elle n’oublie pas d’offrir d’autres objets votifs comme des vêtements ou de l’argent. Le nom du mort est écrit sur chaque objet pour s’assurer que le destinataire recevra bien les cadeaux. Les vietnamiens ont la conviction ferme qu’après la mort, on vit dans un autre monde où l’on a des besoins similaires à ceux du monde des vivants.

Une tradition qui se transmet de génération en génération
 

Les objets votifs sont brûlés pour offrir aux morts.

Dans la cour, l’ambiance est très animée. Les vieux boivent du thé sous l’ombre d’un grand arbre. Ils parlent de la récolte, du travail des jeunes ou de l’actualité de la commune. Les jeunes préparent le repas. Pour cette occasion, un porc de plus de 20 kg est abattu. Les épices et les herbes aromatiques sont mis dans le ventre de l’animal qui est rôti ensuite pendant plus de deux heures sur le charbon de bois. Comme la tradition de la famille Nguyên, lors des cérémonies importantes, les plats principaux sont à la charge des hommes. Malgré la chaleur, ils se montrent très enthousiastes. Les autres plats sont à la charge des femmes.

Deux heures plus tard, tous les plats sont finis. Seule une partie du repas est conservé pour servir d’offrande sur l’autel. M. Diêp présente trois bâtonnets d’encens en invitant les ancêtres et son défunt père à recevoir les offrandes. Il demande ensuite le bonheur, la santé, la prospérité pour tous les membres de la famille. À leur tour, les autres membres de la famille se prosternent devant l’autel dans une ambiance solennelle.

"Aujourd’hui, tout le monde est très occupé par son travail. Les occasions de se réunir en famille sont de plus en plus rares. Nous profitons de l’anniversaire de la mort pour revoir les autres membres de la lignée. Les jeunes doivent apprendre les rites pour commémorer les morts. Quand les vieux décéderont, ils devront continuer de pratiquer ce culte", confie M. Diêp. "La cérémonie de commémoration des morts est une belle tradition à préserver de génération à génération", conclu le vieil homme. -CVN/VNA