La beauté des dents laquées dans l’histoire vietnamienne

En évoquant la coutume des Vietnamiennes de se noircir les dents, il est difficile d’oublier les images familières des vieilles femmes aux dents noires et brillantes.

Hanoï (VNA) - En évoquant la coutume des Vietnamiennes de se noircir les dents, il est difficile d’oublier les images familières des vieilles femmes aux dents noires et brillantes. Bien que cette coutume ne soit plus pratiquée, son âme vit toujours et demeure un souvenir inoubliable. 

La beauté des dents laquées dans l’histoire vietnamienne ảnh 1De nos jours, les dents noires ne sont plus l’apanage que des femmes octogénaires vivant à la campagne. Photo : CTV/CVN

Au cours de l’histoire vietnamienne, le noircissement des dents, qui remonte à la période des rois Hùng (rois fondateurs de la nation), a joué un rôle indispensable dans les coutumes. En plus de la mastication du bétel, cette coutume particulière est devenue une caractéristique remarquable du peuple vietnamien qui se différencie des autres communautés. Les Kinh ne sont pas les seuls à l’avoir adoptée, d’autres minorités ethniques, telles que les Muong notamment, la pratiquent également. Cependant, chaque groupe ethnique est unique dans sa manière de mener à bien cette coutume en termes de signification, de temps, de processus de teinture et de matériaux.

Les raisons de sa réputation

Le laquage des dents en noir vient des concepts esthétiques. La mastication du bétel est considérée comme sa principale cause directe, car plus on en mâche, plus les dents sont noires. Les images typiques d’anciennes femmes vietnamiennes "aux dents noires et à la peau blanche", qui formaient une couleur contrastante remarquable et artistique, attireraient les hommes vietnamiens de cette époque-là. De plus, le noircissement des dents fut également une tendance transmise à l’homme, mais de manière plutôt insignifiante.

Dans l’histoire ancienne vietnamienne, cette coutume s’est généralisée parmi les citoyens et était considérée comme une règle à laquelle les jeunes et les petits devaient obéir. C’était une obligation, notamment lors d’occasions spéciales comme le Têt traditionnel ou les mariages. La coutume du noircissement des dents exista longtemps dans l’histoire ancienne du Vietnam, mais elle n’était connue que dans les régions Nord et Centre. Huê, ancienne capitale, était considérée comme le haut lieu de "ce type d’art" en raison du grand nombre de classes nobles teignant leurs dents en noir.

Un processus de longue haleine

Les femmes vietnamiennes se laquaient les dents en utilisant une poudre spéciale, du jus de citron vert, de l’alun foncé et de la résine de coques de noix de coco. Pour commencer le processus, la bouche et les dents devaient être brossées de l’intérieur jusqu’à ce que la surface des dents devienne brillante et lisse.

Pendant les trois premiers jours, il fallait se brosser les dents avec des coquilles d’arec sèches, du charbon en poudre et du sel brut. Un jour avant le laquage, il fallait mâcher des citrons et se laver la bouche avec du vin blanc mélangé à du jus de citron. L’effet du jus adoucissait la couche externe d’émail des dents ainsi que la forte acidité du citron, ce qui faisait des stries rugueuses sur l’émail des dents. C’était le moment le plus douloureux car les lèvres, la langue, les gencives et les muqueuses devenaient terriblement enflées.

La beauté des dents laquées dans l’histoire vietnamienne ảnh 2Une femme aux dents noires. Photo: VNA

Les produits de noircissement des dents étaient préparés selon la formule pendant sept à dix jours, avec le dosage approprié de poudre et de jus de citron vert, en fonction de la personne. Ensuite, le mélange était appliqué sur un morceau de tissu brut ou de soie blanche. À la campagne, les gens étendaient souvent cette substance de teinture sur des lanières de noix de coco ou de palme et les appliquaient sur leurs dents.

Le mélange de teinture pour les dents était effectué après le repas de l’après-midi et renouvelé à minuit. Le matin, on retirait délicatement le tampon. Après avoir retiré ce mélange, il fallait se gargariser avec de la sauce de poisson pour éliminer complètement les substances restantes. Il fallait fermer la bouche presque toute la nuit pour éviter que les matières colorantes coulent.

Ce processus susmentionné devait être effectué deux fois par nuit et sept nuits au total. Pendant cette période, les personnes qui teignaient leurs dents n’étaient autorisées qu’à avaler et non mâcher des aliments. Elles devaient généralement manger des nouilles mélangées avec du saindoux et de la sauce de poisson, ce qui facilitait l’ingestion. La transformation des dents en rouge constituait le deuxième stade du noircissement. La substance, constituée d’alun noir et de résine d’ailes de fourmis, était étalée sur les dents pendant deux jours.

La dernière étape consistait à maintenir le mélange par de la résine de coques de noix de coco. Prenez de vieilles coques de noix de coco, séchez-les au soleil et chauffez-les sur un poêle à charbon. À l’intérieur de ces coques de noix de coco brûlantes s’écoule une résine noire qui est utilisée pour appliquer sur les dents et devenir une autre couche d’émail des dents. Cette étape, souvent connue sous le nom de "dents creuses", les rendait noires et brillantes.

En plus de la mastication du bétel, le noircissement des dents est une coutume traditionnelle de l’histoire ancienne du Vietnam. Même si elle n’existe plus, elle reste l’une des valeurs culturelles nationales les plus distinctives et irremplaçables et doit être chérie et appréciée. -CVN/VNA

CVN/VNA

Voir plus

Hô Chi Minh-Ville accueillera le premier Salon de la bande dessinée francophone. Photo : les organisateurs

Le Salon de la bande dessinée francophone fait des bulles à Hô Chi Minh-Ville

Le salon proposera une programmation riche et variée d’expositions, d’ateliers créatifs, de lancements de livres et de séances de dédicaces, ainsi que des rencontres avec des auteurs internationaux, offrant ainsi au public une exploration complète de l’univers de la bande dessinée. Au-delà de l’édition, il s’étend également à l’ensemble de l’écosystème créatif, avec la participation de studios d’animation et de représentants de l’industrie audiovisuelle.

Séance de travail entre la Fédération de pickleball de Da Nang (DPF) et les dirigeants de la Coupe du monde de pickleball, dans le cadre de leur visite au Vietnam. Photo : DPF

Da Nang accueillera la Coupe du monde de pickleball

La ville de Da Nang, dans le centre du Vietnam, accueillera la Coupe du monde de pickleball du 30 août au 9 septembre. L’Association de pickleball de la ville prévoit d’accueillir environ 4 000 joueurs venus de 80 pays, a annoncé la Fédération vietnamienne de pickleball dans un communiqué.

Khanh Hoa - pionnier du tourisme vert et durable

Préserver et faire rayonner les valeurs culturelles vietnamiennes à l'ère du numérique

Dans la trajectoire de développement de toute nation, la culture constitue le socle spirituel de la société. Elle nourrit les valeurs, oriente les valeurs de vie et contribue à façonner l’identité humaine. Forte d’une base culturelle solide, une société peut non seulement soutenir sa croissance économique, mais aussi préserver son identité, son éthique et sa stabilité sur le long terme.

Le thé vietnamien – passerelle culturelle, moteur du commerce

Le thé vietnamien – passerelle culturelle, moteur du commerce

Dans un contexte de développement croissant des relations entre le Vietnam et le Japon, les activités de mise en relation des communautés d’entreprises des deux pays font l’objet d’une attention accrue et se déploient sous des formes de plus en plus diversifiées. Parmi celles-ci, la valorisation des traditions culturelles en tant que vecteur de dialogue et de coopération suscite un intérêt grandissant au sein des milieux d’affaires bilatéraux.

La délégation vietnamienne ouvre la marche du Défilé international de Macao 2026. Photo: VNA

Le Vietnam impressionne au Défilé international de Macao 2026

Organisé par l’administration de la Région administrative spéciale de Macao, le défilé international met en valeur la richesse culturelle de la Route de la Soie maritime à travers des spectacles artistiques variés et contribue à forger une image dynamique de Macao sur le plan culturel.

Photo d'illustration. Source: VNA

Le parachèvement des institutions relatives aux cultures des minorités ethniques

La Résolution n°80-NQ/TW du 7 janvier 2026 du Bureau politique sur le développement de la culture vietnamienne affirme le principe selon lequel la culture doit être placée au même niveau que la politique, l’économie et la société. Elle y est définie comme un socle fondamental, une ressource endogène et un moteur essentiel du développement national.

Le concert « Hanoï paisible » a réuni des milliers de spectateurs autour d’artistes de renom. Photo: VNA

Hanoï : la culture, levier de croissance dans la nouvelle ère

Conformément aux orientations de la Résolution n°80-NQ/TW du 7 janvier 2026 du Bureau politique et au programme d'action n°08-CTr/TU du Comité municipal du Parti, la culture est désormais placée au centre de la stratégie de développement de Hanoï. Elle ne se limite plus à la conservation, mais s’affirme comme une ressource capable de se transformer en produits, services et valeurs économiques concrètes.

Des spectacles culturels et artistiques animés sont présentés lors de la fête des fleurs de Son tra dans la commune de Ngoc Chien. (Photo : VNA)

Entre nature et culture : la fête des fleurs de Son Tra à Ngoc Chien

Organisée chaque année au mois de mars dans le village de Nam Nghiep, qui abrite la plus vaste forêt de cette espèce au Vietnam, la fête des fleurs d’aubépine — appelées localement Son Tra — de la commune de Ngoc Chien (district de Muong La, province de Son La) met à l’honneur la beauté immaculée de ces floraisons sur les hauts plateaux du Nord-Ouest.
Cet événement culturel et touristique unique attire de nombreux visiteurs désireux de contempler ce spectacle éphémère et de s’immerger dans l’authenticité et la richesse de la culture locale.

Quand le site devient spectacle : ouverture de la fête de Tây Yên Tu, dans la province de Bac Ninh (Nord). Photo : VNA

Festivals traditionnels : vers une économie du patrimoine

D’espaces de culte communautaire et de préservation culturelle, les fêtes traditionnelles évoluent vers des produits de l’industrie culturelle et du tourisme durable. La combinaison des rituels, de l’art, de la technologie et des méthodes de gestion modernes permet de créer un modèle inédit, dans lequel le patrimoine devient un véritable actif au service du développement socio-économique et culturel.

Le Festival du Pho 2026 du 19 au 22 mars à Ninh Binh. Photo: VNA

Intégrer le pho dans le flux du patrimoine culturel immatériel de l’humanité

Le pho est un bouillon de boeuf avec des nouilles de riz et du boeuf émincé - ou son équivalent au poulet, le tout agrémenté de quelques jeunes oignons verts et de coriandre, de quelques lamelles de piment, d’un peu de poivre et d’une pointe de jus de citron vert. Ce plat acclamé veut désormais séduire l’UNESCO.