La banque centrale prévoit de maintenir la croissance du crédit à 14%

La Banque d’État du Vietnam (BEV) a fait en 2018 la promotion d’une politique monétaire et financière flexible. Cette année, elle a décidé de maintenir la croissance du crédit à 14% cette année.

Hanoi (VNA) – La Banque d’État du Vietnam (BEV) a fait en 2018 la promotion d’une politique monétaire et financière flexible. 

La banque centrale prévoit de maintenir la croissance du crédit à 14% ảnh 1Nhập mô tả cho ảnhLa majoration des capitaux propres pèse lourdement sur les banques en 2019, surtout dans la perspective de l’application des réglementations de Bâle II début 2020. Photo: VNA

En 2018, pour la 5e année consécutive, l’inflation s’est maintenue au-dessous de 4%. Le taux de change est resté stable et le marché de devises étrangères a efficacement fonctionné, les réserves affichant un record de 60 milliards de dollars. L’an dernier, la valeur totale des crédits a dépassé 140% du produit intérieur brut (PIB). Pour cette raison, la BEV a décidé de maintenir la croissance du crédit à 14% cette année, niveau similaire à 2018.

Politique monétaire et financière flexible

“En 2018, les crédits ont été consacrés aux domaines prioritaires”, a expliqué Hà Thu Giang, directrice adjointe du Département du crédit des secteurs économiques de la BEV. Ainsi, le crédit agricole a augmenté de 15,5%, représentant près de 24% du solde créditeur de l’économie; ceux destinés aux petites et moyennes entreprises (PME), de 13,5%, soit 18% de l’encours total. Les crédits accordés au secteur des exportations se sont accrus de 3,5%; à l’industrie auxiliaire, de 17%; aux entreprises appli-quant des hautes technologies, d’environ 0,3%. 

“Face aux évolutions imprévues de l’économie mondiale en 2019, la BEV continue d’appliquer une gouvernance flexible des politiques monétaires au service de la croissance économique”, a assuré sa vice-gouverneure Nguyên Thi Hông.

Conformément à la Résolution N°1 de 2019, du Premier ministre Nguyên Xuân Phuc, la BEV se penche sur l’amélioration de la qualité du crédit et le contrôle de son octroi aux secteurs exposés aux risques. Elle encourage toujours les prêts en faveur des filières et projets prioritaires que sont la restructuration agricole, le développement de l’aquaculture, l’industrie auxiliaire, les entreprises d’export, les hautes technologies et les PME. La BEV a attiré l’attention des banques de la nécessité de limiter les crédits aux projets relatifs à l’immobilier, aux ouvrages de communication, au marché boursier et à la consommation. 

“La banque centrale continue de contrôler étroitement les crédits accordés aux projets immobiliers et de voirie réalisés par conventions BOT (Bâtir-Opérer- Transférer) et BT (Bâtir-Transférer), ainsi qu’aux grands comptes pour les prêts à moyen ou long termes”, a affirmé Nguyên Thi Hông. 

En particulier, elle resserre l’octroi des crédits en devises, et prévoit d’y mettre totalement fin à l’avenir, dans une optique de lutte contre la dollarisation de l’économie nationale.

En 2019, la BEV continue de mettre en œuvre le projet de restructuration des établissements de crédit avec l’accent mis sur le règlement des créances douteuses et la consolidation du système de crédit.

Le secteur bancaire devrait appliquer des mesures de gestion flexibles dans le but de maintenir l’inflation au-dessous de 4%, de stabiliser la macroéconomie, le marché monétaire et de devises, ainsi que d’assister la croissance économique. Concrètement, il s’agit de ramener le taux de créances douteuses à moins de 2% et celui de risques de créances douteuses à moins de 5%.

De plus, le secteur devrait se doter d’un système de paiements sécurisé, efficace et novateur, qui repose sur l’utilisation de nouvelles méthodes et technologies de règlement. En outre, il importe de renforcer la réforme administrative pour réduire les dépenses en la matière et faciliter les transactions bancaires en faveur des clients, en vue d’une économie saine et performante.

Grande pression pour les banques

“L’an 2019 s’annonce très difficile pour le secteur bancaire”, a estimé l’expert banco-financier Nguyên Trí Hiêu. D’après lui, la plus grande pression réside en l’augmentation des fonds propres.

Selon la Commission nationale de surveillance financière (NFSC), d’ici 2020, les banques devraient multiplier leurs capi-taux propres par 1,8 ou 2 par rapport au niveau actuel pour répondre aux normes Bâle II visant à assurer leur solidité financière.  Les normes Bâle II  (le second accord de Bâle) constituent un dispositif prudentiel en vue d’une meilleure appréhension des risques bancaires, principalement des crédits dangereux. 

Elles sont destinées à garantir un niveau minimum de capitaux propres des banques afin qu’elles soient en mesure de faire face aux risques liés à leurs activités, en particulier ceux de crédits impayés - figurant au bilan - et  ceux que représentent les contreparties résultant notamment des engagements pris sur les marchés financiers, figurant également sur le bilan, mais aussi et surtout les activités hors-bilan concernant les produits dérivés. Le but final est d’éloigner le danger d’une crise systémique comme celle de 2008. 

En 2018, le rythme d’augmentation des fonds des institutions de crédit (4,6%) a été plus lent que celui de la valeur de leurs biens (9,3%). La majoration des capitaux propres pèse donc lourdement sur les banques en 2019, surtout dans la perspective d’application des réglementations de Bâle II début 2020.

Fin 2017, plusieurs banques ont augmenté leurs capitaux propres. Cependant, selon les statistiques de la NFSC, le taux de solidité financière du système bancaire national n’a été que de 11,1%, contre 11,6% observé l’année précédente. En outre, 9 des 118 institutions de crédit ont accusé un capital social négatif. Ainsi, la hausse de ces fonds est une inquiétude permanente pour les banques.  

Il y a quatre ans, la BEV a sélectionné dix banques commerciales pour mettre à l’essai les normes Bâle II, et fixer le délai de 2020 pour que les banques s’y conforment: ACB, BIDV, Maritime Bank, MB, Sacombank, Techcombank, VIB, Vietcombank, Vietinbank, VPBank. Cela faisait partie du plan de la banque centrale de restructuration du système national des établissements de crédit, la gestion relâchée des risques demeurant l’une des principales causes de l’augmentation des créances irrécouvrables. – VNA

Voir plus

Une plateforme de forage pétrolier de Vietsovpetro sur le gisement de Bach Ho, le plus grand champ pétrolier et gazier du Vietnam, qui joue un rôle essentiel dans la garantie de la sécurité énergétique nationale. Photo: VNA

Le secteur pétrolier, moteur de l’économie maritime

Près de huit ans après l’adoption de la stratégie nationale pour le développement durable de l’économie maritime, le secteur pétrolier vietnamien affiche des résultats solides en matière de production, de recettes et d’investissement. Face aux nouveaux défis énergétiques, les experts plaident toutefois pour un cadre juridique plus adapté afin d’accompagner la diversification du secteur et de renforcer sa contribution à la croissance.

Transformation de palourdes destinées à l'exportation. Photo : VNA

Cap sur les exportations au second semestre 2026

Le Vietnam aborde le second semestre avec l'objectif de porter ses exportations à 550 milliards de dollars, soutenu par la dynamique de ses secteurs phares et les politiques gouvernementales.

Des délégués lors de la réunion. Photo / VNA

Le Vietnam renforce les liens entre le CPTPP et l’UE

Le Forum Canada–Vietnam 2026, organisé le 20 juillet à Hô Chi Minh-Ville en marge de la troisième réunion des hauts fonctionnaires du CPTPP (SOM3), a mis l’accent sur le renforcement de la coopération entre le CPTPP et l’Union européenne afin d’accroître la résilience économique, de consolider les chaînes d’approvisionnement et de promouvoir un commerce fondé sur des règles.

Confection de vêtements destinés à l'exportation vers le marché japonais à la compagnie de confection Hung Viet (à Hung Yen). Photo : VNA

Le textile-habillement résiste aux turbulences du marché mondial

Pour atteindre l’objectif annuel d’exportation fixé à 48 milliards de dollars, les entreprises textiles vietnamiennes doivent poursuivre leurs efforts d’optimisation de la gouvernance, d’amélioration de la productivité, d’élargissement des capacités de production et d’accélération des exportations.

Photo d'illustration. Source: VNA

Gia Lai approuve un projet de centrale éolienne de près de 1 500 milliards de dôngs

La province de Gia Lai a approuvé le principe d’investissement d’une nouvelle centrale éolienne d’une capacité de 42 MW, représentant un investissement de près de 1 500 milliards de dôngs. Ce projet vise à renforcer la production d’électricité renouvelable, soutenir le développement socio-économique local et contribuer à la sécurité énergétique nationale.

Des files de camions s’étirent au poste-frontière international de Thanh Thuy, dans la province de Tuyên Quang (Nord). Photo: VNA

L’économie frontalière renforce la dynamique de croissance de Tuyên Quang

Si cette performance participe de l’objectif provincial d’une croissance du PIB régional de 10,17% en 2026, les autorités estiment qu’il est désormais nécessaire de privilégier le développement des services, la réduction des coûts et la valorisation des produits locaux plutôt que l’augmentation des volumes de marchandises.

Transformation d’ananas destinés à l’exportation à la Société par actions Dong Giao Foodstuff Export (Doveco), dans la province de Ninh Binh. Photo: VNA

Le Vietnam entend consolider ses débouchés agricoles au Moyen-Orient

Les exportations agricoles vietnamiennes vers le Moyen-Orient ont ralenti au premier semestre 2026 sous l'effet des tensions géopolitiques et de la hausse des coûts logistiques. Les autorités et les professionnels estiment toutefois que cette région demeure un marché stratégique, porté par une forte demande d'importation et par les avantages offerts par les accords de libre-échange conclus avec les Émirats arabes unis et Israël.