La banque centrale contre le crédit illégal

La Banque d’État du Vietnam (BEV) est sur le point d’adopter de nouvelles mesures qui faciliteront l’accès des habitants au crédit bancaire.
La banque centrale contre le crédit illégal ảnh 1L’arrêté 116 du gouvernement a doublé le niveau maximal de prêt sans avoir de biens hypothécaires. Photo: VNA
Hanoï (VNA) - La Banque d’État du Vietnam (BEV) est sur le point d’adopter de nouvelles mesures qui faciliteront l’accès des habitants au crédit bancaire. Elles inciteront surtout les paysans à ne plus contracter de crédits auprès d’organismes illégaux.

La BEV prépare un plan d’octroi de crédit bancaire aux conditions souples, en faveur des déshérités et des populations rurales à faible revenu. C’est ce que prévoit l’arrêté gouvernemental 116/2018 sur les politiques de crédit en faveur du développement de la production agricole et des régions rurales. Le plan vise également à limiter la vague de crédits illégaux qui sévit dans ces régions. Car sans les papiers requis, ni biens à hypothéquer, certains habitants se voient contraints de contracter un crédit auprès d’organisations ou d’établissements privés illégaux, titulaires d’aucune licence, qui en contrepartie de n’exiger aucune condition, imposent aux emprunteurs des taux d’intérêt très élevés.

Des prêts bancaires aux formalités simplifiées

La BEV, en coopération avec les organismes compétents, lutte contre ce phénomène. Ils ont déjà traité 218 affaires de crédits illégaux dans 16 villes et provinces. Alors, 14 de ces affaires ont été traduites en justice, 37 ont été sanctionnées pour violation administrative.

Pham Van Tam, chef adjoint du Département de la police pénale du ministère de la Police, assure qu’il est très compliqué de démanteler ces établissements de crédits illégaux, qui agissent souvent en relation étroite avec des bandes criminelles. Selon le vice-gouverneur de la BEV, Dào Minh Tu, le marché du crédit illégal représente 2.500 milliards de dôngs. C’est pour lutter contre cela que la BEV a demandé à la Banque de l’agriculture et du développement rural de faciliter aux habitants, et surtout aux paysans, l’accès aux prêts à la consommation. Une enveloppe de prêts de 5.000 milliards de dôngs est donc mise à disposition. Les prêts concernés requièrent des formalités simplifiées: l’examen du prêt se fait en un jour seulement, les taux d’intérêt sont très raisonnables. Le montant maximum empruntable est de 30 millions de dôngs.

Les autres banques commerciales sont encouragées à accorder des prêts aux habitants des régions rurales. En outre, la BEV étudie des mesures strictes de contrôle de 16 sociétés financières afin de limiter les crédits illégaux. Dào Van Tu affirme qu’en 2018, le gouvernement publiera un arrêté sur l’éradication des crédits illégaux.

Hoàng Minh Tuân, vice-directeur général de la société financière MB (mCredit), soutient qu’en 2019, la société continuera à moderniser ses technologies dans l’objectif de pouvoir répondre automatiquement à 5000 demandes de crédit par jour. Elle réduira les taux d’intérêt appliqués aux crédits pour encourager les habitants à en contracter, et les dissuader de se tourner vers des organismes illégaux. Il souligne qu’un perfectionnement juridique est nécessaire pour permettre aux sociétés financières de prêter dans les régions reculées. En ce sens, il s’attend à la mise en place d’un mécanisme de crédit en ligne. Pour sa part, Trân Thi Ngoc Hàn directrice de la société de micro-finance Tinh Thuong, affirme qu’il faut diversifier les crédits et les adapter aux caractéristiques socio-économiques de chaque localité. Cette compagnie a fourni des crédits de 50 millions de dôngs, sans biens hypothécaires, en faveur de femmes en zone rurale. Le taux de rembousement s’élève à 99%.

L’arrêté gouvernemental 116, en élargissant les crédits aux déshérités et aux plus pauvres, dopera la production et la consommation et contribuera à l’endiguement des crédits illégaux. Selon Nguyên Quôc Hùng, chef du Département des politiques monétaires de la BEV, l’arrêté 116 a doublé le montant maximal du prêt qu’un particulier démuni de biens hypothécaires peut contracter. Concrètement, le crédit maximal qu’un particulier vivant en région urbaine et travaillant dans le secteur agricole peut contracter est passé de 50 à 100 millions de dôngs. Un particulier qui vit en région rurale, produit et commercialise ses produits agricoles peut lui contracter un prêt maximal de 200 millions de dôngs, contre 100 millions auparavant.-CVN/VNA

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