"Je n’ai aucun standard pour la beauté"

Autodidacte, le photographe de portrait Hâu Lê commence sa carrière de manière tardive. Mais, il a rapidement prouvé son talent en devenant l’artiste caché derrière les plus grandes collections de mode...
"Je n’ai aucun standard pour la beauté" ảnh 1

Le photographe de portrait Hâu Lê, en 2019. Photo : NVCC/CVN

Khanh Hoa (VNA) - Autodidacte, le photographe de portrait Hâu Lê commence sa carrière de manière tardive. Mais, il a rapidement prouvé son talent en devenant l’artiste caché derrière les plus grandes collections de mode au Vietnam. Écoutons ses confessions sur sa vie et sur sa passion pour la photographie.

Né en 1993 dans la ville de Cam Ranh, province centrale de Khanh Hòa, Hâu Lê s’est installé à Hô Chi Minh-Ville pour ses études supérieures à l’université. Titulaire d’un diplôme spécialisé en import-export, il a quitté son travail en découvrant une nouvelle passion : la photographie.

"Cela est totalement dû au hasard, car auparavant je n’aimais pas spécialement la photographie. Un jour de 2015 alors que mon téléphone portable n’arrivait pas capturer de jolies photos, je me suis décidé à acheter mon premier appareil".

Au début, le jeune artiste a commencé avec des photos de rue sur la vie quotidienne de la mégapole du Sud. Puis, il a osé capturer des portraits. Autodidacte, Hâu Lê a rapidement convaincu les professionnels de Hô Chi Minh-Ville avec nombre de sublimes photos. Petit à petit, il a reçu des propositions de collaboration avec plusieurs magazines, et finalement, il a pu trouver son style professionnel : les photos de mode.

Son propre studio, CUA, a vu le jour en 2018, lieu où Hâu Lê a capturé plusieurs collections de renom. Le rouge et le jaune sont les couleurs dominantes dans ses créations.

"Pour moi, ce studio me permet de maitriser les jeux de lumières. Plus je capture, plus j’apprends de nouvelles techniques et expériences intéressantes. Cet art est en fait plus énorme qu’un simple clic de bouton : il nécessite aussi les maquillages, les vêtements, les caractères du modèle, etc. Un travail en équipe que personne ne peut faire tout seul".

Depuis, ce jeune artiste a réalisé plusieurs ouvrages extraordinaires, à savoir les collections Red Original (nu artistique, 100 modèles, depuis 2018, inachevé), Go Back Home (mode, qui raconte son retour à Khanh Hòa, 2019), Keep It Minimal (mode, 17 stylistes, 2020), Original (projet personnel, 2019), ou encore Gà Móng Đỏ (concept artistique sur la beauté féminine, 2020).

"Je n’ai aucun standard pour la beauté" ảnh 2Hâu Lê (2e à gauche) lors d’une séance photos au CUA Studio, dans l’arrondissement de Tân Binh, à Hô Chi Minh-Ville. Photo :  NVCC/CVN
 

Une passion artistique difficilement rentable

Tous les jours, Hâu Lê commence sa journée en vérifiant les commandes des clients. Il discute avec ses collègues de chaque concept afin de trouver la meilleure façon pour capturer chaque photo. Souvent, il trouve des idées en s’inspirant des photos des grands photographes.

D’après lui, la photographie est à la fois simple et compliquée. Le smartphone donne au grand public l’accès à cet art, tandis que l’Internet lui permet aussi d’apprendre et de comparer les techniques partout dans le monde entier. Cependant, le succès réside dans la recherche studieuse de chaque photographe.

"Aujourd’hui, pour maitriser cet art, il faut aussi étudier profondément l’histoire, la culture, les beaux-arts, etc. Sans compter les cours chez des professionnels que j’ai suivis afin de déterminer mes points forts et faibles. Mais, à vrai dire, ma spécialité - le portrait en studio - a besoin de projets commerciaux pour survivre".

Plusieurs magazines de mode comme Vogue Italia, Elle Vietnam, L’Officiel Vietnam, Harper’s Bazaar, ou encore Đep (Beauté) ont décerné des prix à Hâu Lê. Il est aussi le premier choix des marques de haute couture et des stylistes vietnamiens et étrangers, tels que Lâm Gia Khang, Công Tri, Louis Vuitton, Gucci, etc.

"Les techniques sont importantes, mais le fondement du portrait photographique est de capturer le moment doré de la personne. La beauté vient de son imperfection, c’est pourquoi, je n’ai aucun standard pour la beauté. Mais personnellement, j’apprécie le charisme dans les yeux de chaque modèle."

La crise sanitaire a gravement impacté les activités artistiques au Vietnam, et Hâu Lê n’est pas un cas à part. Son studio CUA a dû déménager deux fois en raison des difficultés financières. Pourtant, cela ne gêne pas le jeune artiste à continuer à suivre sa passion, bien que le CUA Studio ne lui ait apporté encore aucun bénéfice depuis sa naissance. Il s’agit plutôt de son propre "laboratoire" où il peut expérimenter ses concepts photographiques.

"Le marché de la photographie au Vietnam se développe rapidement et devient de plus en plus ouvert pour les expérimentations. J’espère que je pourrais toujours vivre de ma passion, et que mon studio deviendra une adresse prisée par les amoureux de la photographie à Hô Chi Minh-Ville !"-CVN/VNA

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