Ils construisent des maisons pour les plus démunis à Dông Thap Muoi

Pendant plus d’une décennie, une vingtaine de paysans à la retraite ou en passe de l’être, parcourent la zone humide de Dông Thap Muoi (Plaine des Joncs), pour construire des maisons aux plus défavorisés.
Hô Chi Minh-Ville (VNA) –  Pendant plus d’une décennie, une vingtaine de paysans à la retraite ou en passe de l’être, parcourent la zone humide de Dông Thap Muoi (Plaine des Joncs), pour construire des maisons aux plus défavorisés.
Ils construisent des maisons pour les plus démunis à Dông Thap Muoi ảnh 1Des membres du groupe «Construction des maisons d’affection» déchargent de grosses bûches de bois d’eucalyptus d’un camion. Photo : TP/CVN
Le midi d’une chaude journée d’été, une dizaine d’hommes déchargent de grosses bûches de bois d’eucalyptus d’un camion. Ils semblent étrangement ravis malgré la sueur qui dégouline sur leur visage. La raison de leur satisfaction est simple : «Le tas de bois que nous avons aujourd’hui permettra de construire plusieurs maisons pour les pauvres», explique Nguyên Thanh Tâm avec un large sourire.

Quelque 150 maisons construites par an

Nguyên Van Hoàng, chef  du groupe «Construction des maisons d’affection» et également président de la Croix-Rouge de la commune d’An Hoà, district de Tam Nông, province de Dông Thap (Sud), s’est rendu à la commune frontalière de Thuong Thoi Tiên, à quelque 40 km de là, pour acheter ces bûches de bois d’eucalyptus d’une valeur de 30 millions de dôngs. «L’argent provient uniquement de dons. Les gens connaissent notre travail et savent qu’il profite aux plus démunis, alors beaucoup décident de contribuer financièrement. Notre seule préoccupation est, un jour, de ne plus avoir la force et la motivation de construire des maisons, mais nous ne craignons en revanche pas de manquer de fonds», partage M. Hoàng.

Le groupe «Construction des maisons d’affection» de la commune d’An Thoi a été créé il y a plus de dix ans par M. Hoàng. Au départ, lorsque les membres ont sollicité des dons, beaucoup de gens étaient hésitants parce qu’ils n’étaient pas sûrs que leur argent serait réellement utilisé pour venir en aide aux personnes dans le besoin. «Quand on mène un projet caritatif comme celui-ci, les questions d’argent doivent être claires et transparentes sinon les gens ne seront pas convaincus», fait savoir M. Hoàng.

Les membres du groupe étaient initialement moins nombreux, mais ses résultats ont attiré des nouveaux venus. À l’heure actuelle, le groupe compte 18 membres. Le plus jeune a 55 ans contre 77 ans pour le plus âgé. Chaque jour, les hommes exécutent une liste de tâches à accomplir : couper des arbres, raser des bûches, construire des cadres de bois, apporter le matériel aux nécessiteux et commencer la construction.

Le groupe a également demandé des dons supplémentaires pour construire plusieurs petits ponts ruraux, et acheter des centaines de vélos et des milliers de cahiers pour les élèves pauvres lors de la rentrée scolaire.

M. Hoàng a fait savoir qu’après avoir reçu des dons de la part d’âmes charitables et de plusieurs pagodes, le groupe a pu acheter du bois, puis entamé une étude de terrain (indispensable avant la construction d’un ouvrage). Les maisons que le groupe construit sont pour la plupart des maisons sur pilotis ou des maisons en bois à un étage, d’une superficie de 30 à 32 m2 chacune, recouvertes de toits en tôle ondulée.

En moyenne, le groupe construit quelque 150 maisons par an pour un coût total de plus de 3 milliards de dôngs. Selon Nguyên Van Quy, vice-président du Comité populaire de la commune d’An Hoà, les efforts du groupe pour remplacer les maisons de fortune aident également la municipalité à répondre aux nouvelles normes imposées en zone rurale.

«Recouvrir les feuilles déchirées»
Ils construisent des maisons pour les plus démunis à Dông Thap Muoi ảnh 2Le groupe «Construction des maisons d’affection» de la commune d’An Thoi dans la province Dông Thap a été créé il y a plus de dix ans. Photo : TP/CVN

Les Vietnamiens ont un dicton : «Les feuilles entières recouvrent celles qui sont déchirées». En d’autres termes, ceux qui ont plus de moyens aident ceux qui en ont moins. Selon Hoàng, les membres du groupe sont tous pauvres, mais leurs enfants ont aujourd’hui une bonne situation. Et c’est grâce à eux qu’ils sont en capacité d’aider ceux qui sont encore plus pauvres qu’eux.

Nguyên Thanh Tâm, 61 ans, n’a pas ni rizière ni jardin. Pourtant, ses  trois enfants, déjà mariés et installés à Hô Chi Minh-Ville, envoient de l’argent à leurs parents. «Nous sommes pauvres, il n’y a pas de doute à ce sujet, mais nous avons la chance de ne pas avoir peur d’avoir faim, et nous avons aussi une maison décente. Bien des gens souffrent plus que nous. Alors nous essayons de les aider autant que possible», exprime M. Tâm.

D’autres membres, comme Nguyên Van Tèo et Duong Van Tài, sont dans la même situation. Leur unique source de revenu provient du soutien financier qu’ils reçoivent de leurs enfants, mais cela ne les dissuade pas d’aider les autres. «Personne ne vit pour toujours, il faut faire en sorte d’aider la société autant que vous le pouvez, rien que pour montrer l’exemple aux plus jeunes»,  dit M. Tài.

Selon lui, aucun membre du groupe n’a jamais eu d’expérience professionnelle en menuiserie. «Au début, le bois avait vraiment l’air moche, mais avec le temps, nous avons perfectionné notre technique et nos compétences. Et puis ça reste du bénévolat, nous ne prétendons pas avoir de formation professionnelle. Ceux qui s’installent dans nos maisons ne sont pas en situation de se plaindre. Ils veulent juste avoir une maison assez solide pour vivre», ajoute-t-il.

Au fil du temps, la rumeur s’est répandue et les habitants sont venus solliciter l’aide du groupe de solidarité, y compris dans des provinces voisines comme Kiên Giang ou Bên Tre.

Nguyên Van Thành, de la commune de Phu Thành B, chef-lieu de Hông Ngu, est l’une de nombreuses personnes ayant bénéficié de l’aide du groupe. Sa famille ne possède aucune terre et elle vit avec ses quatre enfants sur une petite jonque flottante sur une rivière depuis des dizaines d’années.

«Avoir une maison sur terre est le rêve de ma vie. Pourtant, après des années de travail, ce rêve me paraissait encore très lointain. Je peine à nourrir ma famille, mais maintenant, nous n’avons plus à nous inquiéter de la chute de nos enfants dans la riviè re ou des fortes vagues qui inondent la jonque», partage M.Thành. – CVN/VNA

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