Ces dernières années, latendance s'orientait vers un retour en vogue des jouets traditionnels.Un bon nombre d'artisans ont investi dans leur restauration. Selon lesstatistiques, Hanoi compte actuellement 1.300 villages de métiers dontcertains fabriquent des jouets comme le village de la céramique de BatTràng (district de Gia Lâm), celui des cerfs-volants de Ba Giang(commune de Hông Hà, district de Dan Phuong), celui de Xuân La (communede Phuong Duc, district de Phu Xuyên) spécialisé dans le modelage du"tò he" (petites figurines en pâte de riz), ainsi que le village desjouets en rotin de Tây Phuong (district de Thach Thât).
D'après Nguyên Thi Tinh, membre de l'Association du patrimoine cultureldu Vietnam, ancienne directrice du Musée Hô Chi Minh, les jouetstraditionnels demeurent "une partie de la culture traditionnelle. Ilssont directement inspirés de la vie quotidienne et conservés par lapopulation". Ces derniers temps, l'invasion des jouets importés a portépréjudice à ceux de fabrication artisanale. Mais depuis deux ans, grâceaux efforts encourageants des artisans et des organisations, lesvillages de jouets traditionnels refont surface et se font une nouvelleplace sur le marché.
L'invasion des jouets importéss'explique, selon les artisans, par la pauvreté et la monotonie de lagamme de jouets traditionnels. De plus, ces derniers sont vendus pluschers que ceux importés car ils sont fabriqués en fonction du bonvouloir des artisans, et non comme marchandises. C'est le cas desartisans des villages de cerfs-volants Ba Giang et de Xuân La (tò he),qui se réunissent en club afin de présenter la culture du métiertraditionnel, et non dans un but mercantile.
Les jouetstraditionnels ne sont pas des cadeaux à proprement parler. Ilsapportent non seulement de la joie aux enfants mais sont égalementporteurs d'un caractère éducatif par les messages qu'ils contiennent.
Ainsi, pour faire revivre les jouets traditionnels, il importe pour lesécoles d'introduire les jeux populaires dans l'enseignement, selon lesexperts. Ce qui permet aux élèves de participer à la fabrication desjouets pour les jeux, une sorte d'activité collective.
"Le marché des jouets est, depuis longtemps, envahi par lesimportations. Pour le reconquérir, il faut améliorer les modèles etdiversifier la gamme de produits", suggère Vu Hông Nhi, directrice duMusée d'ethnographie du Vietnam.
Pour préserver etdévelopper les jouets traditionnels après le Millénaire de ThangLong-Hanoi, il importe que les villages de métiers se coordonnent pourcréer des sites touristiques où les visiteurs seront invités àparticiper aux jeux traditionnels utilisant les jouets fabriqués par levillage tels les villages de tò he de Xuân La, des marionnettes de TêTiêu, de la vannerie de Thach Xa.
Nguyên Thi Huong,directrice du Centre de recherche et d'assistance à l'enfant(Cenforchil) relevant de l'Union des associations des sciences ettechniques du Vietnam, estime quant à elle qu'il est nécessaire"d'établir et réaliser un programme de préservation des jouetstraditionnels, jeux populaires et villages de métiers de Hanoi pour lapériode 2011-2015".
Cenforchil envisage de construire unmusée des jouets traditionnels du Vietnam qui sera non seulement unlieu où seront conservés, valorisés et collectionnés les jouets, maisencore un espace culturel où les enfants auront le loisir de s'adonneraux jeux populaires. Ce futur musée serait construit dans la commune deDông Xuân, district de Quôc Oai.
Actuellement, Cenforchil dispose de 60 collections regroupant 8.000 jouets traditionnels.-AVI