Le pho (soupe de nouilles de riz au boeuf) a largement dépassé les frontières du Vietnam. Quelque 2.000 restaurants aux États-Unis, 300 au Canada et une centaine en Australie proposent «la» spécialité vietnamienne, selon les statistiques de la société E-foods. L’Australie nourrit même l’ambition de développer un réseau de restaurants de Pho basé sur le principe de la restauration rapide.

Robert Trân, un Canadien d’origine vietnamienne, avale souvent un bol de pho. Il n’en consomme que dans les restaurants vietnamiens. Mais il n’y pas que les Viêt kiêu (Vietnamiens résidant à l’étranger) qui apprécient ce plat. «Mes amis au Canada ou aux États-Unis optent régulièrement pour un pho au déjeuner», précise Robert Trân. Et il y a fort à parier que cette spécialité continuera de conquérir le coeur de nouveaux convives grâce à ses valeurs gastronomiques.

E-food développe une enseigne de restaurants aux États-Unis, «Calibasil», spécialisée dans les plats traditionnels vietnamiens comme le pho, les banh my patê et ses variantes. L’entreprise dispose de laboratoires pour faire des recherches sur les recettes de Pho adaptées aux goûts asiatiques ou européens.

Calibasil a été certifiée par les services sanitaires des États-Unis. Cette enseigne comprend aujourd’hui sept restaurants, au Texas, en Georgie, au Massachusetts, en Floride et en Californie, où l’enseigne marche fort dans cet état qui concentre le plus grand nombre de Viêt kiêu des États-Unis.

Justin Vuong, propriétaire d’E-food, ambitionne d’étendre son réseau Calibasil selon le modèle des grandes marques de la restauration rapide comme KFC, Starbucks, McDonald’s ou Burger King. «Nous souhaitons développer Calibasil aux États-Unis sous forme de franchise avec des +Viêt kiêu+. Dans les cinq années à venir, nous escomptons un réseau de restaurants modernes de pho aux normes de plusieurs pays afin que le pho devienne un plat habituel dans le monde», confie-t-il.

Pour que le pho puisse concurrencer le fast-food

Le pho en restauration rapide a tous les atouts pour réussir. «Le secteur de la restauration rapide présente nombre d’opportunités pour les investisseurs. Les entreprises domestiques peuvent vendre du pho dans des établissements de grand standing ou en franchise, y compris à l’étranger. Elles peuvent parfaitement réussir si elles se démarquent des autres restaurants, sont compétitives pour les consommateurs et, surtout, comprennent et s’adaptent aux goûts locaux», explique Nguyên Huy Thinh, directeur exécutif de McDonald Vietnam. 


Pho 24 est un exemple de franchise dans la restauration au Vietnam.

Il faut s’attendre toutefois à une féroce concurrence, y compris au Vietnam où de grands noms sont déjà présents comme McDonald’s, KFC, Pizza Hut ou encore Lotteria. Autre facteur décisif de réussite : une gestion irréprochable de la qualité des produits, à l’instar de Pho 24.

Créée en 2003 par Ly Quy Trung, président du groupe Nam An, l’enseigne Pho 24 était présente à Hanoi, Dà Nang, Binh Duong, Vung Tàu en 2004. Pho 24 s’est engagé en 2005 dans une stratégie d’internationalisation avec une première inauguration de restaurant en franchise à Jakarta, capitale de l’Indonésie. En juin 2012, il y avait 70 Pho 24, dont 70% à Hanoi, Dà Nang, Nha Trang, Binh Duong et Hô Chi Minh-Ville, et 30% à l’étranger avec Jakarta (Indonésie), Manille (Philippines), Phnom Penh (Cambodge) et Tokyo (Japon). La marque veut être présente dans toutes les grandes villes vietnamiennes et internationales où vivent de nombreux asiatiques, et venir marcher sur les plates-bandes de BBQ chicken, Lotteria, KFC, McDonald’s et autres grands réseaux de restauration rapide.

Mais la chaîne a rencontré des problèmes de gestion du réseau dès son agrandissement. Car le pho est un plat très particulier qui se décline en de multiples variantes locales, et il est par exemple difficile de trouver un goût commun entre le pho de Hanoi et de Hô Chi Minh-Ville. D’où les problèmes rencontrés par Pho 24 dans le maintien de la qualité de son produit-phare. – VNA