Hanoi, 13 janvier (VNA) - Qui dit Hà Giang, dit géoparc de Dông Van, rizières en gradins, fleurs de sarrasin, maisons trinh tuong... Sur le plan touristique, ces paysages sont des atouts irrésistibles pour cette haute région de l’extrême-Nord.

Ces dernières années, l’écotourisme s’est affirmé à Hà Giang, province frontalière avec la Chine, devenant même un atout de l’économie locale. Il y a mille et une manières de transformer les beautés disponibles en produits touristiques.
 
Parc géologique de Dông Van

 

Une vue du Parc géologique de Dông Van, province de Hà Giang (Nord).


Au niveau mondial, la province de Hà Giang doit son originalité au géoparc du haut plateau de Dông Van. Situé entre 1.000 et 1.600 m d’altitude, ce plateau rocheux résulte d’une longue évolution géologique, avec la présence des sédiments datant de l’ère Cambrien-Ordovicien (entre 600 et 400 millions d’années). 

Il est l’unique géoparc mondial karstique du Vietnam, le 2e de l’Asie du Sud-Est (après celui de Langkawi en Malaisie). En 2010, il est entré dans le Réseau global des parcs géologiques de l’UNESCO. D’une superficie de 2.350 km², le parc géologique de Dông Van est reconnu par pas moins de dix valeurs typiques, dont celles sur la configuration, la paléontologie et la géotectonique. "Ces trois valeurs sont considérées comme uniques au Vietnam comme dans le monde", selon des chercheurs. L’accent doit être mis sur le fait qu’il doit être le seul des 77 parcs géologiques recensés dans le monde à être un "site habité". En effet, ce site karstique abrite 250.000 habitants originaires de 17 ethnies minoritaires, aux cultures bien préservées.

Maison trinh tuong à Nâm Dam

Au village de Nâm Dam, district de Dông Van, règne une atmosphère de fête. On se prépare somptueusement pour la cérémonie de remise du titre "Homestay, selon les critères mis au point par l’ASEAN" à Dao Homestay, un établissement privé. C’est une construction traditionnelle de l’ethnie Dao, appelée maison trinh tuong, qui, à l’initiative des autochtones, a été transformée en maison d’hôtes.

Vu de loin, Nâm Dam ressemble à un tableau. Niché dans la verdure - celle de la montagne couverte des rizières en gradins -, le village montagnard se caractérise par ses maisons à plusieurs étages, aux murs en terre épais de 0,5 à
0,8 m. La maison semble solide et parfaitement sûre. Ses murs épais permettent de conserver la chaleur en hiver et la fraîcheur en été. Le rez-de-chaussée comprend la cuisine, la salle à manger, des espaces aménagés pour boire le thé ou le café...

À l’étage, il y a quelques chambres à coucher bien équipées. Malgré l’isolement, la région a accès à Internet et au wifi. Cette maison trinh tuong est capable d’abriter une trentaine de clients.

Une chose est admirable: nombreux sont les autochtones qui parlent anglais. "Des cours d’anglais sont dispensés le soir aux jeunes et adultes. Le tourisme communautaire à Nâm Dam se développe bien", précise le chef du village, Li Tà Dành. Actuellement, des dizaines de familles Dao à Nâm Dam ont ouvert leurs portes aux touristes.

Rizières en gradins à Hoàng Su Phi   

Le district montagneux de Hoàng Su Phi doit sa renommée à ses rizières en gradins. S’étendant à perte de vue, elles forment un immense ensemble de terrasses à flanc de coteau, qui se marient parfaitement avec la nature qui change au fil des saisons. Les rizières en gradins de Hoàng Su Phi sont belles toute l’année: vertes quand le riz est jeune, et dorées quand il est mûr. À la fin de l’automne, elles prennent une tournure mordorée au fur et à mesure que les épis arrivent à maturité.
 
Une maison "trinh tuong" à Hà Giang (Nord).


Hoàng Su Phi compte 765 ha de rizières en terrasses. "Ces escaliers célestes présentent un dénivelé impressionnant de 1.500 m de la vallée aux crêtes de montagne, totalisant plusieurs milliers de marches séparées d’un mètre les unes des autres", révèle avec fierté un responsable local. 

Arpenter les sentiers tracés dans la pente est une expérience à vivre absolument. Les nuages qui jouent à cache-cache avec le sommet des montagnes, le jaune des rizières prêtes à être fauchées, le vert des collines de théiers, le rouge des toits des Dao qui émergent ça et là au milieu des rizières... Le tout forme le panorama le plus spectaculaire du Vietnam. 

Classées dans la liste du patrimoine national en 2012, les rizières en gradins de Hoàng Su Phi sont une source d’inspiration inépuisable pour les peintres et les photographes professionnels et amateurs. 
 
La province de Hà Giang (Nord) est aussi réputée pour ses champs de sarrasins. 


Floraison du sarrasin 

Le sarrasin, aux fleurs blanches, roses ou violettes s’est affirmé ces dernières années comme un nouvel attrait touristique de Hà Giang. À Dông Van, en période de floraison, les champs de sarrasins se succédant sur les versants des collines attire le regard. La fleur éclot à la fin de l’automne et ne dure guère plus d’un mois. À peine épanouie, elle est d’un blanc immaculé puis se teint peu à peu de rose, de violet et de rouge. Ses pétales forment une pyramide à trois faces abritant une graine.

Les beaux paysages que forment ces champs de fleurs attirent des centaines de curieux, dont les couples qui viennent y faire des photos de mariage. 

Cette plante permet aussi de confectionner un délicieux gâteau de sarrasin et un alcool légèrement parfumé, dont le goût est moins brûlant que l’alcool de riz mais plus relevé que ruou cân (alcool de riz violet fermenté). "Dans une nuit glaciale d’hiver, rien n’est plus agréable que de se réchauffer avec un gâteau de sarrasin grillé sur la braise et un verre d’alcool de sarrasin pénétrant", confie un touriste. - CVN/VNA