Le Parti et l'Etat vietnamiens considèrent toujours l'éducation et la formation comme une politique de toute première importance.

C'est ce qu'a souligné Vu Tiên Chiên, chef de cabinet du Comité central de pilotage de la prévention et de la lutte contre la corruption, lors du 7e dialogue en la matière organisé vendredi à Hanoi, lequel avait pour sujet la "Lutte contre la corruption dans l'éducation".

M. Chiên s'est également félicité des efforts et résultats obtenus ces derniers temps par le secteur de l'Education et de la Formation dans cette lutte qui sert directement le développement du pays, en permettant également à ce secteur d'obtenir de nouveaux acquis en ce 21e siècle.

Lors de ce dialogue organisé par l'Inspection du gouvernement, le Comité central de pilotage de la prévention et la lutte contre la corruption, en collaboration avec l'ambassade de Suède au Vietnam, Rolf Bergman, l'ambassadeur de ce pays, a souligné que la corruption dans l'éducation fait obstacle à la poursuite des objectifs de développement durable.

Afin de parvenir en cette période de transition vers une économie du savoir, un pays de revenu moyen doit encourager de nouvelles initiatives.

A cette occasion, les délégués ont écouté plusieurs rapports sur les progrès réalisés dans cette lutte dont l'un, plus particulièrement, relatif au secteur de la santé publique à l'issue du 6e dialogue tenu en la matière en novembre 2009, ainsi qu'un autre sur l'application de la stratégie nationale de lutte contre la corruption pour 2020.

A travers deux discussions portant sur le "Progrès dans la prévention et la lutte contre la corruption du Vietnam" et la "Prévention et lutte contre la corruption dans l'éducation", les participants ont également étudié des rapports sur la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la corruption et sur le projet d'"Introduction de la lutte contre la corruption dans le programme d'éducation et de formation professionnelle"...

Ils ont reconnu nombre d'initiatives prises en la matière de manière générale, et plus particulièrement dans le secteur de l'éducation et de la formation, notamment des mesures efficaces qui ont été appliquées dans ce dernier.

Ce séminaire a également procédé à une analyse de la situation et des causes de la corruption et des gaspillages, sur le plan national comme mondial avant d'aborder les mesures propres à y remédier, et ont par ailleurs échangé leurs expériences et les initiatives des organismes vietnamiens ou étrangers en la matière.

Selon le vice-ministre de l'Education et de la Formation Tran Quang Quy, ce secteur gère actuellement près de 40.000 établissements d'éducation (de l'enseignement maternel à la formation universitaire) avec plus d'un million de cadres et d'enseignants pour 23 millions d'élèves et d'étudiants.

Ayant pour objectif premier de lutter contre la corruption, ce secteur a pris des mesures de lutte et de prévention de la corruption dans l'enseignement, permettant d'en limiter les conséquences. Cependant, il reste encore des faiblesses en ce domaine, selon le vice-ministre.

Le représentant du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) a insisté sur le rapport direct entre éducation et développement, car l'éducation élève les compétences de chacun et lui offre des opportunités. La corruption est un des obstacles au développement et le secteur de l'éducation est considéré comme fragile devant les actes de corruption.

Les représentants des ambassades des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de l'ONU ont souligné la nécessité d'établir un système d'évaluation de la corruption dans le secteur de l'éducation et de la formation.

Les représentants de la Banque asiatique pour le développement et de l'ambassade du Danemark ont insisté sur l'importance de la transparence et des capacités de communiquer des renseignements à la société et à la presse. Le représentant de l'ambassade d'Australie a proposé au gouvernement vietnamien d'accélérer l'élaboration d'une loi instituant un mécanisme de renseignement sur la prévention de la corruption.

Il faut créer un mécanisme de défense des dénonciateurs, recueillir les informations fournies par la presse et l'administration en prévoyant une sanction sévère des informations inexactes, selon le représentant de l'ambassade de Suisse.

Les participants ont avancé également des mesures permattant d'élever la transparence et la responsabilité dans le cadre des compte-rendus sur les activités du secteur de l'éducation. Les sponsors et partenaires ont affirmé leur engagement de demeurer aux côtés du Vietnam dans cette lutte.

Les organes compétents du Vietnam et la communauté des donateurs et partenaires ont échangé nombre d'opinions pour aboutir à un consensus sur l'évaluation des progrès en matière de lutte contre la corruption au Vietnam, notamment dans les problèmes constatés ainsi que les expériences et mesures propres à rendre plus efficace cette lutte au sein de la société et, en particulier, dans le secteur de l'éducation.

Ce dialogue contribuera considérablement à la réussite de la réunion du groupe consultatif des bailleurs de fonds internationaux du Vietnam qui aura lieu les 9 et 10 juin prochains, tout comme au renforcement de l'amitié et de la coopération entre le Vietnam et la communauté de donateurs et partenaires.-AVI