Une chaîne de production des articles en bois. Photo: VNA

Ho Chi Minh-Ville (VNA) - Le Vietnam et le Cambodge ont un grand potentiel de coopération dans la transformation et  l’exportation de bois, mais les deux parties doivent renforcer leur coopération en matière de surveillance du commerce illégal de bois à la frontière.

Tel était le contenu du dialogue de politiques sur le commerce du bois et des produits en bois entre le Vietnam et le Cambodge afin de garantir la légalité et la durabilité, organisé à Ho Chi Minh-Ville, le 22 octobre, par le Département général de la sylviculture du Vietnam (ministère de l'agriculture et du développement rural), en collaboration avec le Département général de la sylviculture du Cambodge.

Pham Van Dien, chef adjoint du Département général de la sylviculture, a déclaré que ces dernières années, l'industrie de transformation du bois au Vietnam s'était développée rapidement et de manière stable. En 2017, le Vietnam est devenu le cinquième exportateur mondial de bois, le deuxième en Asie, avec un chiffre d'affaires à l'exportation de plus de 8 milliards de dollars. Assurer une matière première légale est l’une des mesures importantes de la politique de développement de l’industrie nationale de transformation du bois, en particulier, le bois importé a complété les matières premières, contribuant à accroître la valeur des exportations de bois.
 
Bui Chinh Nghia, chef adjoint du Département de développement de la production sylvicole du Département général de la sylviculture, a indiqué qu'en 2017, la filière bois du Vietnam a utilisé environ 32 millions de m3 dont 25 millions de m3 exploités dans le pays et 7 millions de m3 importés, pour une valeur de 2,19 milliards de dollars. Au cours des huit premiers mois de 2018, le Vietnam a importé pour 1,3 milliard de dollars de bois brut. Le Cambodge est son troisième fournisseur, après la Chine et les États-Unis.
 
Selon les statistiques du Département général des douanes du Vietnam, le chiffre d'affaires à l'importation du bois et des produits en bois du Cambodge en 2017 était de plus de 213 millions de dollars. Au cours des neuf premiers mois de 2018, ce chiffre s’élevait à 84 millions de dollars.
 
Le Cambodge est également un importateur de bois et  produits en bois au Vietnam, avec un chiffre d'affaires à l'importation ayant tendance à augmenter. Si, en 2017, la valeur des exportations de bois et de produits en bois du Vietnam vers le Cambodge atteignait 8,27 millions de dollars, ce chiffre était de 8,41 millions au cours des seuls huit premiers mois de 2018.
 
Selon So Lorn, chef adjoint du Département de la foresterie et de la coopération internationale du Département général de la sylviculture du Cambodge, le Vietnam est réputé pour son niveau élevé de traitement du bois et sa main-d'œuvre qualifiée, et dispose  de conditions favorables dans les activités d'exportation.
 
Dans le même temps, le Cambodge présente de nombreux avantages en termes de quantité de bois brut, de main-d’œuvre bon marché mais des lacunes en matière de main-d’œuvre qualifiée, de qualité des produits. Par conséquent, le Vietnam et le Cambodge peuvent promouvoir leur coopération et les investissements dans l'exploitation et la transformation du bois au Cambodge en augmentant la capacité de transformation des entreprises de ce pays et en partageant des informations sur les débouchés commerciaux.

Le Vietnam et le Cambodge partagent plus de 1.100 km de frontières terrestres s'étendant sur 10 provinces vietnamiennes et 9 provinces cambodgiennes. Par conséquent, les échanges commerciaux bilatéraux via les portes frontalières sont assez favorables. Cependant, le contrôle des activités commerciales illicites, en particulier de produits sylvicoles, constitue également un défi.

Selon Pham Van Dien, pour empêcher l'exploitation, le transport et le commerce illégaux de bois à travers la frontière, le Vietnam et le Cambodge ont récemment perfectionné le cadre juridique. Les deux pays réalisent régulièrement des activités de coopération dans le cadre du protocole d’accord sur la coopération bilatérale dans la sylviculture, notamment la gestion des forêts et le commerce de produits forestiers, dans les zones frontalières.

Teang David, responsable du Département général de la Sylviculture du Cambodge, a déclaré que les statistiques d'import-export entre le Vietnam et le Cambodge n'étaient pas cohérentes. Afin d'éviter les risques liés à la publication de statistiques peu fiables pour les organisations internationales, le Vietnam et le Cambodge doivent échanger leurs méthodes statistiques pour retrouver une cohérence.

Bien que les mécanismes et politiques de gestion de l’exploitation, de transformation, d’import-export du bois et des articles en bois du Vietnam et du Cambodge soient très claires, le contrôle du commerce présente de nombreux défis car la frontière commune est trop longue, ont estimé les experts.

Pour satisfaire aux exigences liées à la légalité et à la durabilité des échanges commerciaux de bois et produits en bois, le Vietnam et le Cambodge devront partager des informations sur la traçabilité des produits, et se coordonner étroitement dans le contrôle de la frontière commune en vue de protéger leurs ressources forestières. -VNA