Un cours d’anglais au Centre d’éducation communautaire de Hà Giang (Nord).

Ha Giang, 11 novembre (VNA) - Diplômés à l’étranger, ils pourraient prétendre à un emploi à revenu élevé. Pourtant, leur compassion envers les enfants d’ethnies minoritaires en situation difficile les a conduit à créer le Centre d’éducation communautaire de Hà Giang (Nord).

La jeune directrice Hoàng Diêu Thuy est l’une des co-créateurs du Centre d’éducation communautaire de la ville de Hà Giang. Diêu Thuy est née dans la commune de Xuân Giang, district de Quang Binh, province de Hà Giang mais elle a vécu dans la ville du même nom.

Quand elle était petite, à chaque vacances d’été et pour les fêtes, ses parents la ramenaient régulièrement à son village natal. Par conséquent, la culture des minorités ethniques s’est inscrite définitivement dans son sang et dans sa chair. Et longtemps, elle a nourri l’espoir de pouvoir faire quelque chose d’important pour cette terre qui l’a vu grandir.

Un choix décisif

Après avoir été diplômée de l’École normale supérieure de Thai Nguyên (Nord), Diêu Thuy a travaillé pour le Parc de la géographie globale dépendant du Service de la culture, des sports et du tourisme de Hà Giang. Mais elle ne comptait pas en rester là. Grâce à ses efforts continus, en 2012, elle obtient une bourse entièrement financée par le gouvernement australien pour des études de master dans la culture et le développement.

En 2015, elle revient au Vietnam. Grâce à son diplôme, elle avait pu trouver un emploi bien rémunéré. Pourtant, elle décide de créer à Hà Giang, une structure d’éducation pour la communauté locale, au grand étonnement de son entourage. Après avoir fait part de son projet à certains amis, ayant aussi étudié en Australie, elle est soutenue par deux d’entre eux,  Duong Thu Trang, d’ethnie Tày (Hà Giang) et Dô Quyêt Tiên (Hanoï). Ensemble, ils décident de passer à l’action.

Pourtant, grand est le fossé entre l’idée et la concrétisation. Devant les difficultés,  Diêu Thuy envoie une lettre pour présenter son idée au secrétaire du Comité du Parti de Hà Giang, Triêu Tài Vinh. "Résultat inattendu. Après avoir reçu ma lettre, il nous a fixé un rendez-vous pour discuter de notre projet. À ce moment-là, je me sentais  comme dans un rêve", se souvient  Diêu Thuy.

Grâce aux soutiens de la province de Hà Giang, son groupe a pu coopérer avec les comités, secteurs et localités, pour élaborer le projet "Modèle à titre expérimental du Centre d’éducation communautaire de la ville de Hà Giang". Il a été présenté en août 2017 dans le quartier de Trân Phu, ville de Hà Giang.

Actuellement, avec 14 membres venus de différentes localités du pays, ce Centre d’éducation communautaire propose quatre programmes: enseignement de l’anglais pour les enfants des ethnies minoritaires, éducation spéciale, enseignement des STEM (Science - Technology - Engineering - Mathematics) et lecture pour les enfants.  

L’enseignement de l’anglais pour les enfants d’ethnies minoritaires est mis en place dans les régions reculées de la province. Outre les enseignants du Centre, il est pris en charge par des collaborateurs et aide-enseignants étrangers. Ces derniers sont soigneusement choisis et bien formés. Ce programme offre la possibilité à des enfants d’ethnies minoritaires, vivant dans des zones reculées de Hà Giang, d’utiliser l’anglais au service du développement touristique de leur localité.

Pour le programme des STEM, le Centre invite régulièrement des experts étrangers venus de Hanoï à former les enseignants locaux. Il permet aux élèves d’acquérir les connaissances et capacités nécessaires concernant quatre domaines: sciences, technologies, technique et mathématiques.

Le centre possède également une bibliothèque au sein de ses locaux. Dans les localités reculées, les cadres du centre apportent des livres et projettent gratuitement des films sur place en faveur des enfants d’ethnies minoritaires.

Mais, ce qui est le plus important c’est le travail d’éducation à destination d’enfants souffrant de troubles mentaux.

De premiers résultats

Dans une salle de réhabilitation fonctionnelle du Centre, l’enseignante Nguyên Thiên Nga est en train de guider Sùng A Thao, 3 ans, à construire et à assembler.

"Lors des premiers jours au centre, Sùng A Thao, atteint d’autisme, criait toujours et chassait souvent les autres petits. Grâce aux dévouements des enseignements, il sait actuellement prononcer deux à trois mots", partage Nguyên Thiên Nga. "Pour les enfants autistes, la persévérance et la compassion des enseignants sont très importantes. Par exemple, cela peut prendre jusqu’à plusieurs mois pour pouvoir apprendre à un enfant autiste à prendre soin de ses dents", ajoute-t-elle.

Selon Mme Thuy, depuis août 2017, le Centre a soigné et traité une vingtaine d’enfants atteints de troubles mentaux dont la plupart sont en situation difficile.  Le petit Mùa A Vang, domicilié dans le district de Yên Minh, à 100 km de la ville de Hà Giang est un exemple. Il en souffle du syndrome de Down depuis sa naissance, ce qui provoque chez lui un retard de développement physique et cognitif. Faute de moyens financiers, pour le faire suivre par une structure hospitalière, sa mère l’amène au Centre en octobre 2017. Après cinq mois, A Vang a acquis quelques connaissances élémentaires.

Mùa A Thao, 15 ans, est un autre cas. Il vient d’être opéré d’une tumeur au cerveau. L’intervention lui a permis de rester en vie, mais ses capacités cérébrales ont été grandement amoindries. Heureusement, après des traitements thérapeutiques adaptés, il réalise aujourd’hui des progrès importants. 

Fondé il y a seulement un an, le Centre d’éducation communautaire de Hà Giang a obtenu des résultats remarquables. Sans aucun doute, cet exemple est promis à un bel avenir, car il est porté par des personnes mues par un dévouement sans bornes. -CVN/VNA