Des postes à l’étranger pour lutter contre le chômage des diplômés

D’ici 2025, le projet national d’envoi de personnel diplômé à l’étranger a pour objectif d’envoyer 54.000 travailleurs qualifiés pourvoir un poste à l’étranger.
Des postes à l’étranger pour lutter contre le chômage des diplômés ảnh 1Pour aller travailler à l’étranger, les travailleurs doivent passer un examen de langue étrangère. Photo : CVN
 

Hanoï (VNA) - D’ici 2025, le projet national d’envoi de personnel diplômé à l’étranger a pour objectif d’envoyer 54.000 travailleurs qualifiés pourvoir un poste à l’étranger. Une solution pour réduire le chômage qui touche chez cette catégorie de la population, soumise toutefois à conditions.

Ces trois dernières années, le Vietnam a obtenu des résultats encourageants dans l’envoi de  travailleurs à l’étranger. Chaque année, 100.000 sont partis y pourvoir un emploi. Problème : la moitié d’entre eux sont des travailleurs manuels peu qualifiés et faiblement rémunérés. Seul un petit nombre de personnes qualifiées sont envoyées travailler comme infirmiers et aides-soignants au Japon ou en Allemagne, avec à la clé un bon salaire.

Une nouvelle orientation

«L’envoi de travailleurs hautement qualifiés à l’étranger est une nouvelle orientation qui va permettre non seulement d’élever la position des travailleurs vietnamiens sur le marché international, mais de créer des emplois pour les jeunes diplômés», estime le vice-ministre du Travail, des Invalides de guerre et des Affaires sociales, Doan Mâu Diêp. Selon lui, le ministère a demandé aux organismes concernés de parachever le projet d’envoi de travailleurs hautement qualifiés à l’étranger pour la période 2018-2020 et à l’horizon 2025 pour le soumettre au gouvernement dans les meilleurs délais.

Pour sa part, Tông Hai Nam, directeur adjoint du Département de gestion des travailleurs à l’étranger (ministère du Travail, des Invalides de guerre et des Affaires sociales), fait savoir que le projet en question recueille actuellement les idées des ministères et branches. Son objectif est d’envoyer 54.000 diplômés au Japon, en République de Corée, en Allemagne et dans certains pays demandeurs en techniciens.

D’un fonds d’investissement de 1.300 milliards de dôngs prélevés sur le budget de l’État, ce projet sera réalisé en deux étapes. Pour la première, de 2017 à 2020, 16.200 aides-soignants et travailleurs dans les technologies, l’électronique, les télécommunications, la biologie seront envoyés en Allemagne et au Japon. Dans la mécanique et les services, le projet envisage d’en envoyer 1.950 en république de Corée.

Pour la seconde, de 2021 à 2025, le ministère du Travail, des Invalides de guerre et des Affaires sociales a pour objectif d’envoyer 39.000 personnes dans ces trois pays et d’étendre les professions aux soins de beauté, à l’hôtellerie-restauration, et d’élargir également les marchés comme l’ASEAN ou les Émirats arabes unis.

Avec ce projet, le ministère souhaite augmenter le nombre et la proportion de travailleurs qualifiés envoyés à l’étranger, qui seront ensuite essentiels pour le développement de l’économie nationale une fois rentrés au Vietnam.

Établir un plan global

Des postes à l’étranger pour lutter contre le chômage des diplômés ảnh 2Le Vietnam compte actuellement 500.000 personnes travaillant à l’étranger. Photo : CVN

Selon les experts, en théorie, ce projet offrira de belles opportunités aux personnes intéressées, de nombreux pays n’accueillant que des travailleurs qualifiés. Mais attention aux exigences requises par les recruteurs, toujours plus élevées. Les candidats devront ainsi répondre parfaitement à leurs besoins.

Si les opportunités sont bel et bien réelles, les défis à relever le sont tout autant. De manière générale, les travailleurs vietnamiens manquent de discipline et de conscience professionnelle, en plus d’avoir un faible niveau de qualification et de ne pas être productifs.

«Pour convaincre ces marchés exigeants, les travailleurs qui souhaitent y travailler doivent faire des efforts pour améliorer leurs compétences dans l’informatique, les langues étrangères et la méthode de travail, souligne Tông Hai Nam. Les sociétés fournisseuses de personnel doivent également faire preuve de sérieux et chercher à accroître le niveau des travailleurs».

Ce sont aux établissements de formation professionnelle que revient en priorité cette mission. Ces écoles, dont le niveau laisse parfois à désirer, doivent élaborer des programmes de formation répondant aux demandes spécifiques des recruteurs, et ce en étroite collaboration avec les entreprises chargées de l’envoi de travailleurs à l’étranger.

«Le projet sur l’envoi des travailleurs qualités à l’étranger pour la période 2017-2020 est une orientation pertinente pour remédier au taux de chômage assez élevé qui touche les jeunes diplômés. Mais pour accroître son efficacité, le ministère du Travail, des Invalides de guerre et des Affaires sociales devrait prendre, en parallèle, des politiques prioritaires en termes de financement ou de formation afin d’attirer plus de candidats», suggère Trân Thi Minh Thu, directrice adjointe de la Société Bach Nghê Toàn Câu, spécialisée dans ce domaine.

Enfin, pour l’Association d’envoi de personnel du Vietnam, dans l’optique de maximiser la portée du projet, il faut en premier lieu évaluer les besoins en travailleurs qualifiés en fonction de chaque secteur. Actuellement, le Vietnam compte 500.000 personnes travaillant à l’étranger, lesquelles permettent de générer chaque année de 1,7 à 2 milliards de dollars par an de recettes en devises.-CVN/VNA

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