Des pistes pour remettre le cai luong sur le devant de la scène

"Au fil de l’histoire du cai luong" était le thème d’un seminaire organisé conjointement par l’Université des sciences sociales et humaines de Hô Chi Minh-Ville, et l’Association municipale du théâtre.

Hô Chi Minh-Ville (VNA) – "Au fil de l’histoire du cai luong" était le thème d’un seminaire organisé conjointement par l’Université des sciences sociales et humaines de Hô Chi Minh-Ville, et l’Association municipale du théâtre, le 7 décembre à Hô Chi Minh-Ville (Sud).

Le cai luong (théâtre rénové) est reconnu depuis plus d’un siècle. À ce jour, il continue à mettre en évidence les particularités culturelles traditionnelles, étroitement liées à la vie et à l’esprit des populations méridionales. Cependant, dans ce contexte de l’industrialisation et de la modernisation du pays, il est nécessaire de disposer de solutions plus spécifiques pour le préserver et le promouvoir de manière durable. C’était le message majeur du colloque intitulé "Au fil de l’histoire du cai luong", tenu le 7 décembre à Hô Chi Minh-Ville.  
 
Selon Ngô Thi Phuong Lan, professeure agrégée et rectrice de l’Université des sciences sociales et humaines de Hô Chi Minh-Ville (USSHHCM), l’art théâtral du cai luong est issu de l’interférence du chant des amateurs du Sud (don ca tài tu) et du théâtre parlé à la française. Ce processus s’est profondément fondu dans la culture du Sud. Durant le temps, ce théâtre rénové est devenu un type d’art attrayant dont le contenu des contes et les styles d’interprétation de l’artiste satisfait l’esprit, les aspirations et les modes de vie simples des gens méridionaux.
 
L’âge d’or du cai luong avait été de 1955 à 1975. On notait à l’époque d’excellents scénarios, des acteurs talentueux, de bons orchestres et un public nombreux, a indiqué le réalisateur Trân Minh Ngoc. Il a cité certains artistes phares de l’époque comme Nam Châu, Mông Vân, Lê Hoài No, Tu Choi, Tu Trang, Thanh Nga, Huu Phuoc, Thanh Lich, Ut Bach Lan… qui sont actuellement toujours autant admirés et respectés par les jeunes artistes.

Cependant, selon le réalisateur Trân Minh Ngoc, aujourd’hui, le cai luong traverse une crise caractérisée par la mauvaise prestation des acteurs et surtout le manque d’auteurs expérimentés. Les plus jeunes d’entre eux  sont enthousiastes mais leurs connaissances sont limitées. Les réalisateurs célèbres, quant à eux, sont vieux ou ne sont pas prêts pour créer de nouvelles œuvres. Or les jeunes réalisateurs ne sont pas suffisamment formés en cai luong.  

De plus il faut dire que les jeunes spectateurs ne connaissent pas bien cet art et n’aiment non plus suivre les pièces de "cai luong". "Sans le public, le théâtre cai luong ne peut pas exister et se développer", a reconnu l’artiste Trân Minh Ngoc.
 
Changer la pensée pour créer des pièces conformément à la nouvelle conjoncture

En ce  qui concerne les solutions efficaces pour revitaliser l’art de la scène du cai luong, de nombreux participants ont affirmé qu’il faisait changer la pensée pour créer des pièces de "cai luong" répondant à la nouvelle situation de la société. En particulier, il faut avoir des politiques visant à améliorer la qualité de la composition et des mises en scène et notamment à sensibiliser le public.
 
Dr Mai My Duyên, de la faculté des lettres de l’Université Trà Vinh, a proposé des solutions pour restaurer et améliorer l’art du théâtre du cai luong dont la synthèse de nombreux groupes de recherches en matière de développement des ressources humaines, de l’amélioration de la gestion culturelle, de théories et de critiques.

En particulier, l’accent est mis sur l’éducation musicale et l’art théâtral, l’apprentissage des instruments de musique à l’école. Parallèlement, il est nécessaire d’établir un lien entre la formation scolaire et les activités extrascolaires, entre les écoles et les établissements culturels.
 
En tant que gestionnaire, Nguyên Thi Thanh Thuy, directrice adjointe du Service de la culture et des sports de Hô Chi Minh-Ville, a déclaré que pour préserver et valoriser l’art théâtral, la ville devait continuer d’étudier et de concrétiser des politiques spécifiques pour attirer davantage des investissements publics et privés dans les arts de la scène traditionnels, de présenter davantage les types de théâtre traditionnels et créer des conditions favorables au fonctionnement des troupes théâtrales.
 
En outre, le secteur culturel de la ville devra encourager la création de bons scénarios, la mise en place de politiques permettant aux étudiants spécialisés en cai luong de développer leurs talents. D’autre part, il lui faut coopérer avec les agences de voyage pour présenter les arts scéniques traditionnels aux touristes nationaux et internationaux, contribuant ainsi à préserver et à promouvoir les valeurs culturelles et artistiques traditionnelles. – CVN/VNA

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