Des difficultés pour le développement de l’électricité éolienne

Le Vietnam possède un important potentiel éolien d'environ 513.360 MW, mais les obstacles empêchent l’essor de ce secteur.
Des difficultés pour le développement de l’électricité éolienne ảnh 1Un parc éolien au district de Tuy Phong, dans la province de Binh Thuân. Photo: Internet

Hanoi (VNA) - Le Vietnam possède un important potentiel éolien d'environ 513.360 MW, mais les obstacles en termes de financement, de réglementation sur le prix de vente de l’électricité produite et de distribution, empêchent l’essor de ce secteur.

Ce potentiel éolien résulte d’abord et surtout de provinces du Centre telles Ninh Thuân et Binh Thuân, ainsi que celles du Delta du Mékong comme Bên Tre, Trà Vinh, Soc Trang et Bac Liêu, lesquelles présentent des conditions préférentielles pour le développement de cette énergie verte.

Le parc éolien de Bac Liêu, d'une puissance totale de 99,2 MW, est actuellement le projet plus important du pays et le premier dans le Delta du Mékong, et représente un investissement de 5.217 milliards de dôngs. Le site est une zone côtière de 500 ha dans la commune de Vinh Trach Dông. Le maître d'ouvrage est la Société à responsabilité limitée de construction, de commerce et de tourisme Công Ly.

Le groupe américain General Electric (GE) et le ministère de l’Industrie et du Commerce ont récemment signé un accord de coopération pour le développement de l’énergie éolienne au Vietnam, dont l’objectif est de produire environ 1.000 MW d’ici à 2025. C’est GE qui a fourni les 62 éoliennes de cette centrale de Bac Liêu.

La décision 37 du gouvernement sur le soutien des projets d’électricité éolienne attire l’attention des investisseurs. En quelques mois, le Vietnam a reçu l'enregistrement de près de 50 projets éoliens, mais dont seuls 10% sont, toutefois, en activité.

Des problèmes à résoudre pour les investisseurs

Il y a en effet des difficultés majeures en termes d’investissement, à commencer par le prix de vente de l’électricité qui, au Vietnam, est le plus bas du monde, de l’ordre de 7,8 cents le kWh, soit 1.731 dôngs, contre 10 cents en Chine, 24 cents aux Philippines et 29 cents au Japon, alors que l’investissement dans une centrale éolienne est de 2 à 2,5 millions de dollars par MW de puissance. Un obstacle rédhibitoire pour les investisseurs dans ce secteur qui, selon l'organisme allemand de coopération internationale (GIZ), auraient besoin d’un prix minimum de 10,4 cents.

Par ailleurs, un ouvrage d’une capacité moyenne de 50 à 100 MW représente un investissement de 100 à 200 millions de dollars, somme que les banques commerciales vietnamiennes ne peuvent mobiliser. Les investisseurs doivent donc emprunter à des banques étrangères, mais «plusieurs demandent une garantie du gouvernement pour les projets d’électricité, ce qu’une société privée ne peut obtenir au Vietnam», explique un investisseur.

La Compagnie générale nationale de transmission d'électricité (EVN) est responsable de l’acquisition de l’électricité éolienne et de sa distribution aux consommateurs. Beaucoup de clients voudraient acheter directement l’électricité éolienne à leurs producteurs, mais la réglementation en matière de distribution de l’énergie ne l’autorise pas. Ce ne sera qu’après 2022, année où un marché concurrentiel de l’électricité sera mis en place, que les centrales privées pourront vendre directement au consommateur.

«La compagnie américaine Apple a déjà souhaité acheter directement l’électricité de notre centrale, mais nous ne pouvons pas satisfaire sa demande», déplore Pham Quôc Anh, directeur général adjoint du groupe de Phu Cuong, investisseur dans un projet d’électricité éolienne à Soc Trang.

Enfin, le Vietnam ne dispose pas des textes nécessaires en matière de gestion et de développement de ressources en énergie renouvelable, selon Dang Quôc Toàn, le directeur général du groupe d’énergie AsiaPetro.

Aujourd’hui, les énergies renouvelables représentent seulement 0,6% de la production nationale, contre 41% pour l’électricité hydraulique, 26% pour l’électricité thermique (charbon). Or, les ressources de charbon baissent de plus en plus, au point que l’importation de ce combustible sera nécessaire, pour partie, dès 2017. Le développement de sources d’énergie renouvelable d’autant plus urgent, malgré son coût élevé. -CVN/VNA

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