Dans les pas de commerçants nomades

Depuis une dizaine d’années, deux époux d’ethnie Dao originaires de Lai Châu voyagent à moto, par monts et par vaux, pour vendre des marchandises de première nécessité dans les villages montagnards.
Dans les pas de commerçants nomades ảnh 1Sur les chemins les plus difficiles des provinces montagneuses du Nord.
Photo : CTV/CVN

Lai Châu (VNA) - Depuis une dizaine d’années, deux époux d’ethnie Dao originaires de Lai Châu voyagent à moto, par monts et par vaux, pour vendre des marchandises de première nécessité dans les villages montagnards les plus reculés.

Jour après jour, trois paysans-marchands d’ethnie Dao - Tân Sun Son, sa femme Tân Sun Mây et leur fille Tân Thi May -  affrontent les chemins les plus difficiles des provinces montagneuses du Nord : Lai Châu, Son La, Điên Biên, Lào Cai… pour vendre leurs marchandises. Après une soirée dans tel ou tel village d’ethnies minoritaires, ils repartent le lendemain, sur leurs vieilles motos. Cette famille est originaire de la commune de Ta Phìn, district de Sìn Hô, province de Lai Châu.

Attendus des montagnards

Fin d’après-midi, le soleil rougeâtre est sur le point de  disparaitre derrière les montagnes. Après un long parcours  sinueux   entre versant abrupt d’un côté, et gouffre de l’autre, deux motos bien chargées s’arrêtent à l’entrée du village de Làng Sáng, le plus reculé de la commune de Háng Ðông, district de Bac Yên, province de Son La. C’est juste l’heure du retour des champs des villageois.

Les marchands ambulants font alors descendre de grands sacs bourrés de marchandises diverses, puis les étalent par terre sur des bâches. Comme d’habitude, les villageois affluent sur le terrain. Dans le crépuscule naissant, le marché improvisé commence à battre son plein. Les marchandises sont des plus variées : vêtements, tissus, couvertures, serviettes, ustensiles ménagers, instruments de travail divers (comme pioche, pelle, soc, couteau, tranchoir, serpe…), torches électriques, jouets…

Si les hommes s’attroupent devant les instruments de travail, les femmes s’intéressent de près aux vêtements, et les enfants palpent avec curiosité les jouets multicolores. Une atmosphère conviviale, animée par les discussions et les rires.

"Ce voyage a commencé il y a dix jours. À partir de chez nous à Sin Hô, nous avons fait plusieurs centaines de kilomètres de chemins, traversant des forêts et des montagnes, passant par de multiples villages écartés des districts de Muong Tè (province de Lai Châu), Tuân Giáo (Điên Biên), Mai Son et Bac Yên (Son La)", raconte Tân Sun Son. Et de préciser que chaque voyage de sa famille peut durer deux ou trois semaines, lui rapportant quelques millions de dôngs de bénéfices. "Ce commerce nomade est très pénible. En contrepartie, les recettes sont meilleures que celles des travaux champêtres", révèle-t-il avec un large sourire.

Hébergés gratis chez l’habitant

La nuit, les commerçants ambulants logent souvent chez  l’autochtone. "Les habitants locaux sont désintéressés et hospitaliers. Ils  nous offrent volontiers le gîte et le couvert, et refusent toute rétribution", exprime Tân Sun Son. Et de révéler : "Revenant à Lang Sang cette fois-ci, j’ai préparé un cadeau particulier, un ensemble de langes et de crèmes de toilette pour bébé, que je vais offrir à une famille H’mông dont la bru est enceinte. Un présent pour la remercier de nous avoir hébergés".

La famille de Tân Sun Son doit être la seule de la commune de Ta Phìn à pratiquer ce commerce ambulant. Ce métier difficile, il l’a appris d’un commerçant d’ethnie H’mông venu il y a 15 ans du district de Muong Nhé (province de Diên Biên) distant de 200 km. "Transportant des marchandises sur une moto, il a été bien accueilli à mon village. Ma famille était alors très pauvre. Aventurier de nature, j’ai décidé de faire comme lui, en espérant une vie meilleure. J’ai  emprunté de l’argent pour acheter une vieille moto et un certain nombre de marchandises. Mes premiers succès ont attiré ma femme, mon fils puis ma fille".

Ce qu’il redoute le plus, ce sont les obstacles que les calamités naturelles mettent sur leur chemin. "À saison des pluies, les chemins sont complètement défoncés  et parfois s’affaissent par endroits. Plus d’une fois, nous avons dû passer la nuit en forêt, sous une pluie torrentielle, se rappelle Tân Sun Son. Mais, peu importe, nous sommes habitués. Et le sourire des autochtones à notre arrivée est pour nous une forme de récompense". -CVN/VNA
 

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